'^^ ,>-V x<>- 7" I ^.-^ A ?*?X ^o ^ //a/- if-X^ a. aAf -^ Y^^-<^ f"^^ " 3 TUDES SUR LES mSOIRS ET LES RHIZOPORES D. GLAPARDE ET JOH. LACHMANN Premire et deuxime Parties. Anatomie et classification des Infusoires et des Rhizo- PODES, avec 24 planches. Troisime Partie. De la Reproductioin des Infusoires, avec 13 planches. EXTRAIT DES TOMES V, VI ET Vil DES MMOIRES DE l'iNSTITUT GENEVOIS (1858-1860) GENVE ET BALE H. QKORG, LIBRAIRK UK L'INSTITUT 1868 i i. s i:t"ljb:s SUR LES INFUSOIRES ET LES RHIZOPODES PAR Edouard CLAPARDE ET JoHANNES LACHMANN. /<'"'yyAi REM VRailES PRELIMINAIRES. o^> v^v - 'c>'0--3 V 4 Jy^ Occup depuis quelques annes, avec mon ami M. Lachmann, de recherches suivies sur la structure anatomique et la reproduction, soit des infusoires proprement dits, soit des rhizopodes, je me suis convaincu tous les jours davantage qu'une exposi- tion claire et utile des faits que nous avons observs durant ce laps de temps, ne pouvait avoir lieu qu'autant que nous ferions marcher de pair avec elle un remaniement appro- fondi de la classification de ces animaux. En effet, il s'agit avant tout d'avoir pour point de dpart une base solide, un catalogue de formes parfaitement dterminables pour chacun. L'anatomie et la physiologie compare ne pourraient gure progresser, si elles ne s'appuyaient sur une zoologie systmatique solidement construite. Or, celte zoologie systmatique, bien que formant aujourd'hui un difice nettement dessin dans ses grands traits, grce aux nombreux ouvriers qui travaillent son perfectionnement, n'est cependant encore que vaguement bauche dans quelques-unes de ses parties. Une des parties de cet difice qui sont encore le plus loignes de leur achvement dfinitif est celle o l'on relgue les animaux auxquels, tort ou raison, l'on aime donner le nom de Protozoaires. Sans doute, l'ouvrage imprissable de M. Ehrenberg a pos bien des jalons indicateurs destins montrer au zoologiste la voie suivre pour arriver au but, mais un examen un peu scrupuleux ne tarde pas enseigner que la voie indique par ces jalons n'est pas toujours la plus sre ni la meilleure. Il suffit de rappeler que M. Ehrenberg appelle les infusoires des a.mmsiU\poly gastriques, et qu'il les rpartit dans 39638 4 TUDES SUR LES INFUSOIRES deux grands groupes, les Anentera et les Enterodela, c'est--dire ceux qui sont privs d'intestin et ceux qui en sont pourvus. Or, comme il est dmontr aujourd'hui qu'en gnral les infusoires n'ont ni intestin ni estomacs, cette classification tombe d'elle- mme, et il devient vident que, si bon nombre des groupes tablis par M. Ehrenberg doivent tre conservs comme tant des groupes vraiment naturels, ils doivent du moins ncessairement tre caractriss autrement qu'ils ne l'ont t par cet auteur. Deux crivains, MM. Dujardin et Perty, ont essay, depuis M. Ehrenberg, une rforme totale de la classification des infusoires. L'essai de M. Dujardin n'a certes pas t plus heureux que celui de M. Ehrenberg, et celui de M. Perty n'a fait, on peut le dire, que doubler la confusion dj existante. Voil les raisons qui m'ont dcid tenter une nouvelle rforme de la distribution systmatique des infusoires. Puisse cette tentative tre plus heureuse que celles de mes prdcesseurs! Je sens moi-mme tout ce qu'elle a d'imparfait, tout ce qu'elle laisse encore dsirer. Rien n'est plus difficile qu'un bon systme zoologique, parce qu'une classification n'est au fond qu'une opration par laquelle nous dcoupons la nature en un certain nombre arbitraire de fragments, que nous forons entrer, bon gr mal gr, dans un cadre de notre invention. Le nombre des fragments dpend du sentiment de l'ouvrier. Tel voudra faire cinq, dix ou vingt familles, d'un groupe, oi tel autre ne veut pas en trouver plus d'une. Celui-ci runira certaines espces en un genre, tandis que celui-l croira devoir les distribuer non seulement dans des genres diffrents, mais encore dans des familles diffrentes. La notion systmatique qui semble la moins soumise ces fluctuations, savoir la notion d'espce, n'en est gure moins exempte que les notions de genre ou de famille. Chacun interprte sa manire telle et telle espce hnenne ou fabricienne. Chacun la divise pour son propre compte en un certain nombre d'espces, qui en deux, qui en quatre ou en cinq, ou davantage. C'est qu'en effet, l'espce aussi est quelque chose d'arbitraire. <)u'on considre en thorie, avec Tcole aujourd'hui dominante, comme formant une espce, tous les ani- maux qui sont fconds entre eux et qui sont assez proches parents pour qu'on puisse les supposer descendant d'un seul couple (ou cas chant d'un seul individu), c'est fort bien; mais jamais il n'y eut de rgle aussi peu en harmonie avec la pratique. Pour ce qui touche la fcondation, nous savons aujourd'hui que la loi que nous venons d'- /^" ET LES RHIZOPODES. 5 noncer souffre des exceptions trop nombreuses pour lui assurer une vrit mathma- tique, et, d'un autre ct, il est peu probable que l'tre moral que nous appelons une espce, ait jamais t reprsent en ralit sur la terre par un seul couple ou un seul individu. Il est certain que, ce qui dans la nature a une existence concrte, ce n'est pas Tordre, ni la famille, ni le genre, ni l'espce, mais l'individu. Les systmes zoolo- giques, mme les classifications dites naturelles, sont crs de toutes pices par notre esprit. Mais ce sont l des crations utiles pour nos rapports avec le monde objectif. v^V Nous runissons en particulier sous le nom d'uNE espce tous les individus que nous .. jugeons anatomiquement et physiologiquement trs-semblables les uns aux autres. L'un tend davantage les limites de cette grande similitude; l'autre, au contraire, les resU^eint. De l les diffrences d'opinions relatives aux limites des espces, diffrences qui subsisteront toujours. Aussi est-ce avec un sens inconscient, mais profond, du vrai que l'on dit plus souvent aujourd'hui faire que dcouvrir une nouvelle espce. Mais je ne veux pas me laisser entraner trop loin dans des considrations qui touchent de trop prs aux dbats de l'ancienne scolastique. Mon seul but est de mon- trer dans ces lignes que je n'attache pas une valeur absolue aux divisions systma- tiques que j'ai tablies. Ces divisions ne sont pas pour moi le but, mais seulement le moyen. Ce que je considre comme le point capital dans notre travail, c'est tout ce qui a rapport la connaissance anatomique et physiologique des infusoires et rhizo- podes. Le reste ne doit tre considr que comme formant des documents et pices l'appui. Dans la classification, j'ai d me soumettre un principe qui rgit aujourd'hui toutes les sciences systmatiques, c'est--dire que, lorsqu'une espce se trouve avoir reu plusieurs noms de diffrents auteurs, je reconnais le droit de priorit du nom le plus ancien. Cependant, j'ai d restreindre ce principe par un autre. Je me suis donn pour rgle, et en cela je suis d'accord avec M. Lachmann, de ne jamais reconnatre la priorit d'un nom antrieur l'ouvrage de M. Ehrenberg. Plus d'un lecteur se rcriera peut-tre l'oue de ceci, oubliant qu'il accorde volontiers Linn le privilge qu'il voudrait refuser M. Ehrenberg. Toutefois, si ce dernier n'a pas le mrite d'avoir invent la nomenclature binaire, on peut cependant dire qu'il a t pour les infusoires ce que Linn a t pour une grande partie du rgne animal. C'est de lui 6 TUDES SUR LES INFUSOIRES que datent nos notions d'ensemble sur la classe en question. Bien que de nombreux observateurs, et parmi eux des hommes d'une application et d'un talent rares, comme Trembley et surtout Otto Friederich Mueller, se soient occups des infusoires, les des- criptions et les dessins laisss par eux sont trop imparfaits pour permettre, de rares exceptions prs, de dterminations quelque peu sres. L'insuffisance des crits de ces savants provient principalement de l'imperfection des instruments d'optique l'- poque ol ils observaient. C'est, mon avis, une utopie parfaite que de vouloir rta- blir tous les noms spcifiques d'Otto Friederich Mueller, parce qu'il n'est pas possible de reconnatre ses espces avec certitude. M. Ehrenberg a tabli souvent avec beaucoup d'audace la synonymie de ses espces, et l'on ne peut l'accuser d'avoir ignor volontai- rement les noms de ses prdcesseurs pour leur substituer les siens. Qu'il se soit mpris dans certains cas, c'est indubitable. Je reconnais, par exemple, volontiers que son Loxodes Bursaria (Parameciiim Bursaria Focke) est le Paramecium versutiim de Mueller; mais je ne crois nanmoins pas devoir rtablir le nom de Mueller, parce que je pars du principe qu'il est impossible, en gnral, de remonter avec certitude au-del de M. Ehrenberg. On pourrait peut-tre dsirer que, tout en conservant les noms moder- nes, on signalt cependant les synonymes probables antrieurs l'poque de M. Eh- renberg. Le Mmoire qui suit contient sans doute une lacune cet gard, mais c'est dessein que je ne l'ai pas remplie. Tout ce qui a rapport la bibliographie et la synonymie anciennes est fait avec un si grand soin dans l'ouvrage de M. Ehrenberg, que, sauf de rares exceptions, il est parfaitement inutile que ses successeurs reviennent sur ce sujet. J'ai spar les infusoires des rhizopodes, et, en cela, je n'ai fait que suivre l'exemple de plusieurs auteurs, en particulier de M. Max Schultze. Les raisons qui m'ont amen adopter cette manire de voir ressortiront suffisamment des chapitres consacrs l'- tude anatomique d'une part des infusoires, et d'autre part des rhizopodes. M. Lachman n'a, malheureusement, pu prendre aucune part la rdaction des deux premires parties de ce Mmoire (Anatomie et Classification des Infusoires. Anato- mie et Classification des Rhizopodes). Aussi les erreurs qu'elles renferment sans aucun doute ne peuvent tre imputes qu' moi seul, et mon collaborateur ne peut prendre la responsabilit de toutes les ides mises dans les pages qui suivent. Je dois dire cepen- ET LES RHIZOPODES. 7 dant que, habitus observer de concert et critiquer mutuellement nos observations rciproques, nous avons d forcment acqurir une unit de vues sur les points capi- taux, et qu'en particulier, j'ai labor avec M. Lachmann tous les grands traits de classification. Dans la relation des faits et dans les descriptions, j'ai mis partout le sujet au pluriel, parce qu'il ne m'tait plus possible de sparer les observations qui sont communes M. Lachmann et moi de celles qui me sont exclusivement propres. Par contre, j'ai eu soin de noter chaque fois les observations qui appartiennent exclu- sivement M. Lachmann, et dont ce dernier prend la responsabilit, puisque je les rapporte sur la foi de notes crites de sa main ou d'esquisses communiques par lui. La troisime partie du Mmoire (relative la reproduction des Infusoires et des Rhizopodes) a t travaille simultanment par M. Lachmann et par moi, durant l'an- ne 1855. Avant de terminer ces remarques prliminaires, je dsire rendre un tmoignage public de ma reconnaissance l'homme qui guida mes premiers pas dans la science, et dont je serai toujours fier de me nommer le disciple, savoir M. Johannes Mueller, professeur l'Universit de Berlin. Une grande partie des observations contenues dans ce travail ont t faites en sa prsence, et nous avons trouv sans cesse en lui l'aide et le secours toujours prts du matre en science et le conseil de l'ami. Un autre nom que je ne puis omettre ici est celui de M. Lieberkhn. Form, comme moi, l'cole de M. Mueller, il s'est adonn ds longtemps l'tude des animaux in- frieurs. J'ai vu, moi son cadet dans l'tude des infusoires, mes ides se dvelopper paralllement aux siennes. De frquents rapports scientifiques et amicaux, nous ont amens confronter mutuellement nos observations et les contrler les unes par les autres. Du choc des ides jaillit la lumire , dit le proverbe, et je suis convaincu qu'en effet une bonne partie de la lumire que ce travail rpandra, comme je l'espre, sur le domaine des infusoires, est un rsultat inconscient de nos rapports mutuels. M. Lieberkhn a entre les mains les matriaux d'un travail sur les infusoires, qui, s'il le publiait maintenant, contiendrait une bonne partie de ce qui est renferm dans le ntre, puisque nos tudes, portant sur les mmes tres, ont d nous conduire des rsultats semblables. Aussi regrettons-nous vivement que les circonstances ne nous aient pas 8 TUDES SUR LES INFUSOIRES ET LES RHIZOPODES. permis de fondre les observations de M. Lachmann et les miennes avec celles de M. Lieberkhn en un seul travail publi sous le nom des trois auteurs. Enfin, je n'oublierai pas tout ce que je dois M. Ehrenberg, qui a veill en moi tout d'abord le got de l'tude des infusoires, non seulement par ses ouvrages, mais encore par ses dmonstrations microscopiques particulires. La suite de mes travaux a, il est vTai, apport dans les ides de l'lve des modifications qui les cartent sin- gulirement de celles du matre; mais je n'en continue pas moins regarder les ou- vrages de M. Ehrenberg comme la base qui doit nous servir de point de dpart. Leur publication a t accueillie dans le temps avec enthousiasme, et cet enthousiasme ne doit pas tre effac par la circonstance que l'difice a t depuis lors victorieusement battu en brche de cts trs-divers. A l'poque oii ils virent le jour, les travaux de M. Ehrenberg transformaient tellement la science, que c'tait presque ime cration nouvelle. Aux beaux temps de la Mythologie grecque, un Jupiter pouvait faire sortir de son cerveau une Minerve arme de toutes pices; mais aujourd'hui, si une Minerve prenait fantaisie de natre, elle devrait tout d'abord se mettre en qute non seulement d'miemre, mais encore de nombreux ouvriers pour fabriquer ses vtements et forger son armure. Ed. CLAPARDE. Genve. Janvier 1858. TUDES SUR LES I\FlSOIRES ET LES RDIZOPODES. ?'3~- PiliClii PiCi, ANATOMIE ET CLASSIFICATION DES INFUSOIRES. Considrations auatoiiiiqiies sur les Iiiftisoires proiirenient dits. La structure des infusoires a donn lieu, depuis vingt-cinq ans, de longs dbats. Des thories se sont leves pour disparatre bientt plus ou moins compltement, et faire place d'autres qui n'ont pas toujours t beaucoup plus heureuses. Le Linn des infusoires, M. Ehrenberg, vit un moment ses ides sur l'excessive complication des infusoires dominer la science europenne, soulever l'enthousiasme universel. Ce- pendant la thorie de la. polygastricit ne tarda pas trouver des adversaires. M. Carus*, en 1834, puis en 1836 mme un lve de M. Ehrenberg, savoir M. Focke", firent con- natre le mouvement de rotation auquel sont soumis les aliments dans le corps des infusoires, mouvement compltement incompatible avec l'existence de nombreux esto- 1. Carus. Zoot. J834, Band U, p. iii. Note. 2. Foeke. Isis. 1836. 40 TUDES SUR LES INFUSOIRES macs unis par un intestin'. M. Rymer-Jones, et d'autres, ont galement attaqu avec succs la polygastricit des infusoires, et aujourd'hui il est inutile de chercher de nouveaux arguments contre elle, quels que soient les efforts que M. Ehrenberg ait fait et fasse- encore pour la dfendre. M. Dujardin, un des principaux adversaires de M. Ehrenberg, semble avoir t plus heureux que ce dernier dans l'accueil fait l'bauche qu'il a dessine de la struc- ture des infusoires. Toute action amne une raction dont l'nergie est proportionnelle celle de l'action premire. M. Ehrenberg s'tait complu reprsenter les infusoires comme aussi compliqus dans leur conformation anatomique que les animaux les plus levs dans la srie. M. Dujardin, au contraire, s'attacha les dpeindre comme possdant le degr d'organisation le plus simple qu'on puisse se reprsenter. Il admet que leur corps entier est form par une substance homogne, devenue clbre sous le nom de Sarcode. Il refuse beaucoup d'entre eux, aux Monades, par exemple, non seulement l'existence d'une bouche, mais encore celle de toute espce de tguments. Dans l'origine, M. Dujardin dniait toute trace de canal alimentaire et d'ouverture buccale, mme aux infusoires cilis. Mais bientt il dut modifier cette manire de voir et concder tout au moins l'existence d'une bouche chez un grand nombre d'entre eux. Lorsqu'un Pararae- cium, un Colpode, un Glaucome, une Vorticelle ou quelqu'autre infusoire cili com- mence produire le mouvement vibratile destin amener la nourriture la bouche, le courant produit dans le liquide vient, suivant M. Dujardin, heurter incessamment le fond de la bouche, qui est occup seulement par la substance glutineuse vivante de l'intrieur ; il le creuse en forme de sac ou de tube ferm par en bas et de plus en plus profond, dans lequel on distingue, par le tourbillon des molcules colorantes, le remous que le liquide forme au fond. Les particules s'accumulent ainsi visiblement au fond de ce tube, continue M. Dujardin, sans qu'on puisse voir en cela autre chose que le rsultat physique de l'action mme du remous. En mme temps que le tube se creuse de plus en plus, ses parois, formes non par une membrane, mais par la sub- I. D'apros M. Rymcr-Joncs, le mouvement des .ilimeiits am'ait dj t dcrit une poque antrieure M. Carus. Il prleiid, en effel,. phys. tr. IV. t. t, p. 248. 2. Froricp's Notizen, IS49, p. 6. Vergl. Anal. p. "2-20. 3. Leuckart, loc. cit., p. 115. 4. Sleiii, loc. cit., p. Mb. 46 TUDES SUR LES INFUSOIRES vsicule contractile. Mais il n'est point dmontr que ces taches soit des ouvertures. A notre avis, il ne peut mme en tre question*. La signification de la tache n'est, il est vrai, pas trs-vidente. Il est certain, toutefois, que c'est une place o le paren- chyme est trs-aminci, o la vsicule est peut-tre mme adhrente la cuticule : ce qui n'est pas improbable, la vsicule tant loge dans l'paisseur d'un parenchyme sou- vent fort mince. Certains infusoires, comme le Spirostomtim ambigiium, montrent cette tache en nombre multiple. M. Carter' la dcrit, chez le Paramccmn Aurlia, comme tant une papille de la surface du corps, deux fois aussi longue que celle qui surmonte les Trichocystes, papille laquelle la vsicule contractile est attache et par laquelle il suppose que celle-ci se dverse l'extrieur. Mais nous ne croyons pas qu'un dverse- ment ait rellement lieu; car, s'il en tait ainsi, la contraction de la vsicule devrait tre accompagne d'un courant dans l'eau extrieure avoisinante. Ce courant devrait mettre en mouvement les particules situes prs de la surface de l'animal, etc. Or, on ne peut rien voir de tout cela , tandis qu'au contraire on peut s'assurer de la manire la plus positive que le contenu de la vsicule est chass dans l'intrieur du paren- chyme. S'il n'est pas encore dmontr par l d'une manire parfaitement dcisive que la vsicule contractile ne dpend pas d'un systme aquifre, il en ressort tout au moins qu'elle n'est pas relie un systme excrteur, comme celui qu'admet M. Carter. Ce savant considre en eflet les infusoires comme tant munis d'un systme vasculaire excrteur, tians lequel la vsicule contractile est le rservoir principal et en mme temps l'organe d'expulsion. Chez les Vorticellines, la vsicule contractile est place immdiatement ct de ce que M. Carter nomme la cavit buccale (c'est la cavit que nous dcrirons ailleurs sous le nom de vestibule), et M. Carter croit que la vsicule s'ouvre dans cette cavit. De son ct, M. Leydig^ dit galement qu'il croit avoir vu que la vsicule est en com- munication avec l'extrieur, et cela dans l'enfoncement qui spare la bouche de l'anus. I. M. SlciQ refuse du reste a priori toute fonction respiratoire l.t vsicule contractile. Il croit que chez les Vor- ticellines le large vcstil)ule, qni se remplit d'eau frache chaque instant, est plus propre permettre l'oxxgcnatiou des sucs parenchymateux, qu'une vsicule appendiculaire de si petites dimensions. 2. Note ou Ihe Frosbwater Infuscuia of Ihe Island of Bombav. Anualsaud Mag. of Nat. Hist. Il Sries, XVUI, I83(i, p. 128. 3. Leydig. Lchrlmili ih'v Histologie, p. 305. ET LES RIUZOPODES. 47 Ces donnes concident paifailcinent entre elles, et, d'autre part, elles semblent tout- -fait en harmonie avec l'observation de M. Schmidt, d'aprs laquelle, chez les Vor- ticelles, la vsicule serait unie l'sophage par un canal. Cependant, nous croyons une erreur de la part de ces observateurs, du reste, si exacts. La vsicule est place, chez les Vorticellines, immdiatement sous la cuticule du vestibule, comme elle l'est, chez d'autres infusoires, sous un autre point quelconque de la cuticule du corps. Du reste, nous avons des objections plus positives faire M. Carter. Ce savant rapporte qu'il a observ des Vorticelles rcemment enkystes, et qu'il a vu qu'au mo- ment de la contraction de la vsicule leur vestibule se remplissait de liquide. Bientt ce vestibule se vide compltement, jusqu'au point de disparatre saiis laisser de trace aux yeux de l'observateur, bien avant que la vsicule contractile ait reparu. M. Carter en conclut que le liquide qu'il a vu dans le vestibule provient de la vsicule et ne revient pas dans celle-ci ; mais il ne s'inquite pas de nous dire ce qu'il en advient, et il se con- tente d'y voir une preuve des fonctions excrtoires de l'organe. Toutefois, ce cas par- ticulier nous parat tre prcisment un argument contre M. Carter. Cet observateur pense que le rle de la vsicule contractile et des vaisseaux qui sont en communica- tion avec elle consiste pomper et verser au dehors l'eau qui est introduite avec la nourriture dans l'intrieur de l'animal. Or, les Vorticellines enkystes ne prennent plus de nourriture et n'introduisent plus d'eau dans leur organisme ; aussi devraient- elles se desscher rapidement, si elles continuaient ainsi pomper et dverser l'eau con- tenue dans leurs tissus. En outre, l'eau excrte devrait s'accumuler entre l'animal et son kyste, et, au bout de quelque temps, la vorticelle amaigrie nagerait dans le liquide surabondant du kyste. Or, c'est ce qui n'a pas lieu. M. Carter nous rpondra peut- tre que ce liquide passe l'extrieur travers les parois du kyste, tandis qu'une eau plus respirable pntre au contraire dans le kyste, et, de l, dans les tissus de la Vorticelle, pour remplacer celle qui vient d'tre expulse. Mais cela s'oppose le peu de permabdit de la membrane du kyste. Si, en effet, nous n'avons pas d'ex- priences positives sur la permabilit de cette membrane dans le sens de l'extrieur l'intrieur, nous savons cependant qu'elle est excessivement peu permable l'eau de l'intrieur l'extrieur, puisque les kystes peuvent tre desschs, pendant des mois entiers, sans que leur contenu en souffre le moins du monde. 48 TUDES SUR LES INFUSOIRES Du reste, M. Carter est parfois un peu trop hardi, lorsqu'il s'agit des fonctions de la vsicule contractile. C'est ainsi que, d'aprs lui, la vsicule contractile est charge de faire clater les kystes des Euplotes et des Vorticelles, lorsque ces animaux veulent rentrer dans la vie active. Nous avouons ne pouvoir comprendre la manire dont la vsicule pourrait, par ses contractions, produire la distension qui, suivant M. Carter, amne la rupture du kyste. Elle a beau pomper nergiquement et faire passer le liquide du corps de l'infusoire dans l'espace qui spare ce corps de la membrane du kyste, le volume du contenu de ce kyste n'en reste pas moins toujours le mme, et il n'y a pas de distension produite. L'opinion de M. Carter est base sur une mprise, du reste, facile comprendre. Ses observations sont parfaitement exactes; seulement, l'espace qu'il a vu se remplir de liquide n'est pas le vestibule, comme il l'a cru, mais un vaisseau qui contourne ce vestibule. On peut observer ce vaisseau chez plusieurs vorticellines dans leur tat nor- mal, mais il est, en gnral, plus facile voir chez les individus enkysts. Il existe, du reste, une vorticelline qui ne peut laisser aucun doute cet gard. C'est la Gerda Glans (PI. II, fig. 5 8) chez laquelle ce vaisseau est excessivement long et se prolonge jusque dans le disque vibratile. Il suffit de jeter un coup-d'il sur cette espce pour s'assurer que le vaisseau n'a aucune espce de relation avec le vestibule. M. Samuelson, qui a aussi consacr son attention ce dtail anatomique, dit que chez les Vorticelles la v- sicule contractile est munie d'un canal, lequel ou bien gagne l'extrieur par l'ouverture buccale, ou bien contourne cette ouverture'. C'est cette seconde alternative qui lui a sembl la plus probable, bien qu'il ajoute : perhaps iny biasmay hve inflmenced the observation. Nous croyons qu'un examen attentif des espces les plus appropries cette tude ne peut laisser aucun doute cet gard". Le canal qui part de la vsicule chez les Vorticellines passe autour du vestibule et se continue au-del, sans jamais s'ouvrir dans celui-ci. L'existence de vaisseaux ou du moins de canaux en communication avec les vsi- cules contractiles est dj connue depuis longtemps, sans cependant avoir t appr- 1. Sarnuelson : tlio Inl'usoria. yiiailfily Jonnial of Micr. Science, V. I8.")6, p. lOri. 2. Vo)ez aussi Laclininnii, loc. cil. p. 375. PI. XIU. Fig. 5. k. (Cinchesium polypinum). ET LES RHIZOPODES- 49 cie sa juste valeur. Spallanzani a dj eu connaissance de la forme toile des vsicules contractiles du Par. Aurlia, forme qui a t revue ds-lors par tous les observateurs, mme par ceux qui, comme M. Dujardin, n'admettent pas de diffrence essentielle entre les vsicules contractiles et les vacuoles du chyme contenu dans* la cavit digestive. M. Ehrenberg est le premier qui ait parl d'un rseau vasculaire chez le Par. Au- rlia; toutefois, par une aberration singulire, il ne rapporte pas ce rseau un sys- tme circulatoire, mais bien l'ovaire. Plus tard, M. de Siebold' dcrivit une pro- longation de la vsicule contractile en un vaisseau, qu'il observa chez le Stentor poly- morphns, le Spirostonium ambi(jmim et X'Opalina Planarionim. Cependant, c'est de M. Lieberkhn" seulement que date une tude approfondie du jeu de la vsicule con- tractile et de ses relations avec le systme vasculaire. Il prit tout particulirement pour sujet de ses recherches YOphrijoglena flava [Biirsaria Ehr.), chez laquelle une trentaine de vaisseaux viennent s'aboucher dans la vsicule contractile en rayonnant dans tout le parenchyme du corps. M. Lieberkhn observa une varit de cet animal, qui possde deux vsicules contractiles au lieu d'une ; il trouva chez elle le systme vasculaire double, sans pouvoir cependant dcouvrir de communication directe entre l'un et l'autre systme. Il reconnut et l des ramifications simples ou parfois mme rptes de l'un des vaisseaux. Nous avons, du reste, trouv des ramifications sembla- bles chez d'autres espces, telles que le Par. Aurlia et la Gerda Glans. M. Lieberkhn a fait une tude minutieuse du jeu de la vsicule. D'aprs ses obser- vations, au moment o la diastole a atteint son maximum, la vsicule est une sphre de laquelle partent des canaux rayonnants troits, possdant sur tout leur parcours une largeur peu prs uniforme. A ce moment-l, chez les exemplaires peu transpa- rents, les canaux peuvent mme disparatre compltement aux yeux de l'observateur. Un instant avant le commencement de la systole, on voit les vaisseaux s'largir une distance de la vsicule qui quivaut son propre diamtre. A mesure que la systole s'avance, la partie renfle des vaisseaux devient plus large et plus longue ; elle se rapproche toujours davantage de la vsicule contractile. Supposons, pour suivre i. VeigleicLeiide Aiiatomie, p. 25. 2. Bcitrsege zur AnatoDiie der Infusorieu. Muller's Arcliiv, 1856, p. 20. 5^^ TUDES SUR LES INFUSOIftES M. Lieberkiin dans son expos, que nous soyons au moment o le diamtre de la vsicule contractile est rduit un quart de sa longueur primitive : la (orme de l'ap- pareil est alors prcisment celle de la figure toile, connue de chacun, telle que Djardin, par exemple, la reprsente chez le Pai'. Aurlia, avec celte dilTrence qu'on voit videmment les rayons s'aboucher dans la vsicule contractile et leur extrmit priphrique s'tendre au loin sur tout l'animal. Lorsque la vsicule est complte- ment contracte, elle dis|)arat aux i^egards et l'on n'aperoit plus que les vaisseaux renfls en forme de fuseau. La systole est alors termine et la diastole recommence. Si maintenant nous considrons le moment oi le rservoir a atteint de nouveau la moiti environ de son diamtre primitif, nous trouvons une image un peu diffrente. Les vaisseaux ne sont plus i-enfls en forme de fuseau, mais largis en entonnoir; la base de l'entonnoir s'abouche la vsicule contractil e et la pointe se continue dans le vaisseau. C'est l la forme que M. Ehrenberg reprsente chez le Par. Aurclia. M. de Siebold rejette le dessin de M. Ehrenberg comme inexact, et se prononce pour celui de M. Djardin. Mais M. Lieberkhn montre que tous deux ont i-aison ; seulement, M. Djardin a reprsent un moment de la systole, et M. Ehrenberg un moment de la diastole. D'aprs M. Lieberkulin, l'observation du jeu des vsicules contracticules montre jusqu' l'vidence que, pendant la diastole, le liquide qui lemplit les vaisseaux passe dans la vsicule, ce qui est bien aussi notre avis ; mais il ne sait trop ce qu'il advient -du liquide pendant la systole. Il n'a jamais vu, chez aucun infusoire, de vaisseaux parti- culiers destins conduire le liquide dans leparenchyme, vaisseaux qui formeraient, avec les canaux affrents, un cercle circulatoire complet. M. Carter est prcisment du mme avis, en ce sens qu'il dit que le liquide arrive dans la vsicule par les sinus (canaux ou vaisseaux), mais qu'il ne repasse pas par eux au moment de la sys- tole. Du reste, M. Lieberkhn et M. Carter sont trs-loigns l'un de l'autre dans leurs conclusions dfinitives, le premier admettant que le liquide, aprs tre revenu dans la vsicule, est renvoy dans le corps par une voie non encore sulfisamment d- montre, tandis que le second admet qu'il est dvers l'extrieur. Nos observations concoident tout--fait avec celles de M. Lieberkhn; mais elles concordent, en outre, avec celles de M. Job. Mueller, qui a montr, il n'y a pas longtemps, chez le Par. Au- ET I.KS lllIZOPODES. M relia, que les canaux qui paitent de chaque vsicule contractile jouent, pour ainsi dire, tour tour le rle de vaisseaux afl'rents et dfrents, de veines et d'artres. M. Mueller' distingue, dans la contraction de l'appareil circulatoire central chez les Paramecium, deux systoles partielles qui alternent l'une avec l'autre : systole de la v- sicule, puis systole des renflements lusiformes ou pyriformes. Cette dernire concide avec la diastole de la vsicule. M. Lieberkhn avait dj observ qu'un instant avant la systole des ventricules, les rayons se renflent considrablement. M. Joli. Mueller expli- que ce phnomne en montrant que la vsicule se contracte insensiblement, diminue insensiblement de volume dans l'instant qui prcde la systole, et chasse par suite une partie de son contenu dans les rayons de l'toile. Puis la systole de la vsicule a lieu, ce qui produit un renflement encore plus considrable de ces rayons. Ici se prsentent deux possibilits. La systole des renflements pyriformes, soit rayons de l'toile, peut tre purement passive ; elle peut tre simplement le rsultat de ce que le contenu de ces renflements repasse dans la vsicule sous l'influence d'une certaine pression exerce par les parois du corps. Elle peut tre aussi le rsultat d'une contraction active des parois de ces renflements eux-mmes. M. Joh. Mueller considre la seconde de ces alternatives comme plus probable que la premire ; et, en eflet, on ne peut, comme il le dit, suivre avec attention le jeu de la vsicule et des vaisseaux qui en partent, sans sentir natre et se corroborer l'opinion que, soit la vsicule, soit les vaisseaux, ont leurs parois propres, et que ces parois sont l'lment actif dans la con- traction. La circulation des infusoires est, par suite, fort diffrente de ce que l'on sait de la circulation de la [du]iail des autres animaux. La vsicule contractile, c'est--dire le cur, se contracte et chasse le liquide circulatoire dans les vaisseaux, qui, par suite, se distendent. Puis les vaisseaux se contractent leur tour, soit activement, soit par suite d'une raction des parois du corps, et chassent de nouveau le liquide dans la vsicule. C'est un mouvement de va et vient continuel , comparable la circulation du sang chez les Salpes, circulation qui s'effectue, comme l'on sait, en alternant toutes les deux minutes environ, tantt dans un sens, tantt dans l'autre. Il y a seulement cette I. Beobachtungen an infnsoricn. Monatsbericht der Berliner Akadeniie, 1836, p. 393. 5"! TUDES SUR LES INFUSOIRES diffrence, que chez les Salpes le cur bat plusieurs fois avant que le liquide nourri- cier revienne en arrire, tandis que chez les infusoires le liquide revient dans l'organe central aprs chaque contraction*. Il est certains infusoires qui sont tout spcialement propres montrer le jeu de l'appareil circulatoire. Telle est, par exemple, VOxi/tricha multipes. Chez cet animal, la vsicule contractile est place au milieu de la longueur d'un vaisseau longitudinal, situ du ct gauche et dans la paroi dorsale du corps. Au moment o la diastole a atteint son priode rnaxirnum, il n'est pas possible de voir la moindre trace du vais- seau. Alors a lieu la systole. Le liquide est chass dans le vaisseau, qui se montre alors dans toute la longueur de l'animal et qui est en gnral d'une largeur assez uniforme, si ce n'est qu'il s'amincit aux deux extrmits. Puis, le vaisseau diminue de diamtre jus- qu'au point de disparatre presque compltement, sans doute parce que le liquide se rend dans les diffrentes parties du corps par des ramifications non encore dcouvertes. Bientt, cependant, le liquide revient dans le vaisseau longitudinal, qui se renfle dans toute sa longueur, montrant alors seidement un diamtre un peu plus considrable dans la rgion moyenne, laquelle correspond la vsicule contractile (V.pl.V, fig. 1). A ce moment a lieu la systole du vaisseau, systole qui a pour effet immdiat la dias- tole de la vsicule. Un autre infusoire cili, dont l'tude est ici d'un haut intrt, est Vnclieljiodon farc- tua. En effet, cet animal seul suffit dmontrer deux choses, savoir que la vsicule contractile ne s'ouvre pas l'extrieur, ou du moins qu'elle chasse son contenu dans l'intrieur du parenchyme par la contraction, puis que cette vsicule est doue d'une paroi propre. Comme la plupart des Enchelys, cette espce est munie d'une vsicule, situe l'extrmit postrieure du corps, immdiatement auprs de l'anus (V. pi. XYII, fig. 3). Cette vsicule se contracte, de mme que chez la plupart des infusoires, de l'in- trieur l'extrieur. Elle est adhrente la cuticule et disparat compltement aprs la systole, ne subsistant que comme un amas de substance parenchymateuse, adhrente la face interne de la cuticule. La systole s'opre relativement avec lenteur. Ds qu'elle commence, on voit la vsicule s'entourer d'une aurole claire, qui n'est autre chose qu'un 1. Nous avons obsurvi' uiip circulation ai]:ilogU(> dans les Lcnnilsques (le VErhiniirlujnnis (figes. L aussi, le liquide contenu daus les \aisseaux circule alteinalivenienl d'avant eu arrire, puis d'arrire eu avant. ET LES RHIZOPODES. 53 amas de liquide environnant la vsicule. Si nous considrons la vsicule au milieu de la systole, c'est--dire au moment o elle n'a recouvr que la moiti de son diamtre pri- mitif, nous la trouvons, sousforme d'une vsicule ronde, doue d'une membrane double contour bien distinct, adhrente en un point ( sa partie postrieure) la cuticule, et suspendue librement dans un rservoir plein de liquide. Ce rservoir n'est pas autre chose qu'un sinus enveloppant la vsicule de toutes parts, sauf au point oi elle ad- hre la cuticule. La vsicule se contracte peu peu compltement et sa membrane parat venir se fondre avec la cuticule. La systole est acheve. On voit alors un sinus irrgulier et plein de liquide la place o tait nagure la vsicule. Cependant, bientt la diastole commence. On aperoit comme une petite gonfle qui se soulve de la face interne de la cuticule et qui fait prominence dans le sinus. C'est la vsicule contrac- tile qui reparat et crot rapidement, tandis que le sinus dispaat dans la mme pro- portion. Au moment o la diastole est termine, la vsicule a repris ses dimensions primitives et le sinus a compltement disparu. Le liquide nourricier passe donc alter- nativement de la vsicule dans le sinus (une partie pntre sans doute plus avant dans le parenchyme) ; puis, du sinus dans la vsicule, et ainsi de suite. Les parois de la vsicule ont une paisseur micromtriquement parfaitemement mesurable, car elles sont paisses de 0""",0013 '. Jusqu'ici, il ne nous a pas t possible de dcouvrir dans ces parois les ouvertures qui mettent la vsicule en communication avec le sinus. Il est difficile de dcider ici si le sinus contribue activement ou seulement passive- ment au retour du liquide dans la vsicule ; en un mot, si le sinus possde ou non sa systole propre. Plusieurs Prorodon montrent, quoique d'une manire moins brillante, des phno- mnes analogues ceux que nous venons de rapporter chez VEnchelyodon farctus. C'est l, en particulier, le cas pour le Prorodon armatus, dont la vsicule contractile est galement situe l'extrmit postrieure du corps, immdiatement auprs de l'anus, I . Le SpirosUinntm ambignum parU' aussi, (|ii ;i pas t possible de rien voir qui ressemblt ces clianes de sinus, et nous croyons pouvoir nier hardiment leur existence. Toutefois, nous pensons ne pas nous tromper en ciiercliant la cause qui a conduit M. Carter cette ide dans des apparences patholoi^iques, dj fort bien dcrites par M. Lieberkhn. Il arrive frquemment, lorM|u"mi iiifusoire est comprim entre deux plaques de verre, que des espaces arrondis, pleins de liquide, se forment en divers points de son corps. Ces e.ST paces ne doivent pas tre confondus avec les vacuoles de la cavit digestive ; en effet, ils sont constamment contenus dans le parenchyme. Ce sont eux que M. Dujardin avait vus, lorsqu'il parlait de la multiplication des vsicules sminales de M. Ehrenberg, dans les moments qui prcdent la mort. Ces espaces sont toujours situs sur le par- cours des vaisseaux. Ce sont des renflements variqueux de ceux-ci, produits par un trouble dans la circulation. Comme M. Lieberkhn l'a dj relev, ces varicosits ne sont pas contractiles. Parfois, on les voit se mettre en mouvement du ct de la vsi- cule contractile et venir se fondre avec elle ; mais alors, elles suivent toujours dans leur marche le parcours du vaisseau. Il nous semble probable que M. Carter a observ des exemplaires comprims, et que ces sinus, enchans la suite les uns des autres, ne sont qu'une suite de varicosits de ce genre. En passant, nous mentionnerons une autre modification pathologique, connue de la plupart des observateurs et dcrite en dtail par M. Lieberkhn. C'est le partage de la vsicule contractile en deux, lorsque l'infusoire est comprim. La vsicule s'allonge en forme de 8, puis se divise tout--fait, et chacune des deux nouvelles vsicules accom- plit pour son propre compte des mouvements de distole et de diastole. Chacune de ces vsicules reste en communication avec les vaisseaux qui s'abouchaient dans la moiti correspondante de la vsicule primitive. Il est clair que ce phnomne ne parle en aucune manire contre l'existence de parois propres de la vsicule. Tout au contraire. Le partage est une consquence d'une stricture de ces parois. Le nombre des vsicules contractiles est excessivement variable suivant les espces. Il n'est pas possible de subordonner ces variations des lois positives ni des divi- sions du systme. M. Carter' a tent une esquisse gnrale de la disposition des vsi- I. I.oi- (il, p. MS. 56 TUDES SUR LES INFUSOIRES cules contractiles, mais on doit considrer cette esquisse comme totalement manque. M. Carter prtend que, chez les infusoires entrodles de M. Ehrenberg, la vsicule contractile est en gnral unique ou double ; que lorsque chez quelques-uns, comme chez le Chilodon CumlMus, la vsicule est en nombre multiple, c'est une apparence accidentelle due la dilatation fortuite des sinus, qui sont en connexion avec la vsi- cule. Ceci est une erreur' manifeste. Beaucoup d'infusoires entrodles de M. Ehren- berg ont un grand nombre de vsicules contractiles, parfois jusqu' quarante ou cin- quante et mme au-del, et ces vsicules nombreuses sont normales et non acciden- telles. M. Carter prtend que le Chilodon Cuadlulus a, dans l'tat normal, une seule vsicule contractile, laquelle est subterminale et latrale, mais qu'il n'est pas rare de rencontrer des individus ayant un grand nombre de vsicules contractiles, disperses irrgulirement dans toutes les parties du corps, sans qu'aucune d'elles occupe la position de la vsicule normale. Il est possible que les Chilodon des Indes s'cartent sous ce point de vue de ceux d'Europe. Le fait est que les Chilodon Cucullulus des environs de Berlin ont trois vsicules, dont deux sont places l'une droite, l'autre gauche de l'appareil dentaire, tandis que la troisime est situe dans la moiti droite de l'animal, un peu en arrire du milieu de la longueur totale. Jamais nous n'avous vu d'individus n'ayant qu'une seule vsicule contractile. Par contre, on rencontre parfois quelques Chilodon qui en ont jusqu' quatre ou cinq. Ce sont des anomalies, ou, peut- tre aussi, des individus sur le point de se diviser. En terminant ce chapitre, nous avons encore noter que, bien que la loi, dj indique plus haut, suivant laquelle la contraction de la vsicule marche de l'intrieur l'extrieur, soit peu prs gnrale, elle parat cependant souffrir quelques ex- ceptions. C'est ainsi que nous connaissons une Astasie, dont la vsicule contractile fait saillie l'extrieur, et se contracte de l'extrieur l'intrieur. Nous trouvons une ex- ception toute analogue chez certains Rhizopodes, savoir les Actinophrys. ET LES HIII/OPODES. 57 SYSTKME NERVEUX ET (IROANES DES SENS. Bien que M. Ehrenberg accorde un systme nerveux tous ses infusoires, il n'a pas t possible d'autres auteurs de rien dcouvrir chez ces animalcules qu'on pt avec vraisemblance assimiler aux organes nerveux d'autres animaux. L'organe que M. Eh- renberg a dsign, chez divers infusoires flagells, sous le nom de ganglion mdullaiie (Markknotcn) , existe bien rellement, mais nous n'avons aucune indication qui puisse justifier une hypothse sur sa fonction. On peut, jusqu'un certain point, parler avec un peu plus de vraisemblance d'organes des sens. Sous ce chef, nous devons mentionner avant tout l'organe que M. Lieberkhn a t le premier dcrire chez les Ophryoglnes. C'est un corps solide en forme de verre de montre, lequel est plac sur le ct concave de la fosse buccale. La position mme de cet organe singulier et sa constance permettent de supposer chez lui des fonc- tions sensitives. Mais est-ce la fonction de la vue, ou celle du got, ou celle de l'o- dorat qu'il convient le mieux de lui attribuer? C'est ce que nul ne peut dire. Les soies de certains infusoires doivent tre considres comme organes du tact. C'est surtout l le cas pour les longues soies de la partie postrieure des Lemba- dium, infusoires non sauteurs. Ces animaux nagent peu prs constamment recu- lons, en tournant autour de leur axe longitudinal, et paraissent changer de direction lorsque leurs soies viennent choquer des corps trangeis. Peut-tre faut-il aussi ranger ici le faisceau de cils plus longs dont est munie la partie postrieure du Par. Aurlia. Enfin, on trouve chez divers infusoires, soit cihs, soit flagells, soit cilio-flagells, des taches pigmentaires que M. Ehrenberg a considres comme tant des yeux. Sans vouloir nier que ces taches soient peut-tre relies dans certains cas des fonctions visuelles, nous devons reconnatre cependant que, bien souvent, il n'est gure possible de voir en elles des organes des sens. C'est l surtout le cas pour les taches rouges dont sont orns beaucoup d'infusoires flagells et cilio-flagells. Des taches toutes sembla- bles se retrouvent en effet, comme chacun sait, chez des spores d'algues. Du reste, ces 8 5H TUDES SUR LES INFUSOIRES taches sont souvent peu constantes et offrent un penchant devenir diffuses, qui est peu en harmonie avec l'ide d'un organe visuel. Quant aux taches pigmentaires noires que prsentent quelques infusoires cilis (certaines Oplu yoglnes et Freia), il n'est pas possible non plus de revendiquer pour elles, avec quelque vraisemLlaiice, des fonctions visuelles. Les organes singuliers qne nous dcrirons plus loin, chez le Loxodcs Rostrmn, et qui ont t dcouverts primitivement par M. Johannes Mueller, ont galement une fonc- tion encore toute problmatique. SYSTME REPRODUCTEUR. Tous les infusoires sont munis d'un organe reproducteur au moins, auquel M. Ehren- berg donnait le nom de testicule ou glande sminale, et pour lequel l'cole unicellulaire a cr le nom de nuclus, aujourd'hui si gnralement en honneur. Nous ne voulons pas nous tendre ici sur ce. sujet, parce que le prtendu nuclus sera suffisamment tudi, au point de vue anatomique et physiologique, dans la troisime partie de ce Mmoire. Affinit des Infusoireis avec les groupes voisins. La position des infusoires dans le systme n'a pas, en gnral, t dfinie d'une manire bien prcise dans les traits de zoologie. L'cole des philosophes de la nature avait assign ces animalcules une place sur le dernier rayon de l'chelle des tres. Elle en faisait les protozoaires, et ce nom a subsist jusqu' ce jour. Sans vou- loir contester que les infusoires doivent tre relgus parmi les animaux les plus sim- ples, nous prtendons cependant que les protozoaires ne forment pas un anneau tout-- fait isol l'extrmit de la chane des tres, mais que cet anneau est enlac de la ma- nire la plus intime dans ceux qui le prcdent. ET LES RHIZOPOOES. 59 C'est, avant tout, avec les polypes et les mduses que les infusoires ont une analogie incontestable; et nous avons ici particulirement en vue les infusoires cilis, qu'on peut considrer comme formant la partie de l'anneau enlace dans celui qui le prcde (celui des polypes). Dj Blainville et Cuvier avaient mentionn l'analogie qui rapproche les Polypes et les Acalphes, mais ce n'est que plus tard que la dcouverte de faits embryogniques, jusqu'alors peu souponns, vint rendre obligatoire la runion de ces deux groupes en une seule classe. M. Leuckart a eu, le premier, le mrite d'oprer cette runion complte en fondant la classe des Clentrs. Si nous esquissons rapidement le type de la classe des clentrs, nous dirons que ces animaux sont caractriss par la prsence d'une cavit gnrale spacieuse, remplis- sant la plus grande partie du corps et communiquant avec l'extrieur, tantt directe- ment, tantt par l'intermdiaire d'un tube ouvert ses deux extrmits. L'ouverture qui se trouve ainsi forme la surface du corps est la bouche. La cavit gnrale sert de cavit digestive, ou, si parfois il existe une cavit digestive spciale, elle est en communication ouverte avec la cavit gnrale. C'est cette disposition du systme di- gestif qui justifie le nom de Clentrs. Or, cette dfinition des clentrs s'applique parfaitement aux infusoires, et, si l'on ne spcifie pas le type de la classe, il faut considrer les infusoires comme formant une simple subdivision des clentrs. Chez eux, en effet, on retrouve cette mme ca- vit gnrale qui communique avec l'extrieur, tantt directement, tantt par l'inter- mdiaire d'un tube ouvert ses deux extrmits. La classe des clentrs proprement dits' se distingue cependant facilement de celle des infusoires. En effet, les clentrs ont une structure radiaire ; les infusoires sont, au contraire , asymtriques ou bilatraux ; les clentrs n'ont pas d'ouverture anale, leur bouche sert la fois d'ouverture d'ingestion et d'gestion; les infusoires, au contraire, ont toujours un anus distinct de la bouche. Ces diffrences ne sont pas, du reste, aussi essentielles qu'elles le paraissent au premier abord. En effet, il existe des infusoires qu'on pourrait tre tent de regarder comme ladiaires. M. Du- 1. Nous disons cienlrs proprement dilf, parce que d'aprs le sens slricl ilii mot, le nom de rlfnlr.t devrait s'appliquer aussi aux iofusoires^. HO TUDES SUR LES INFUSOIKES jardin a dj form chez les infusoires deux sous-classes, l'une renfermant les infu- soires symtriques, l'autre les infusoires asymtriques. La premire est forme uni- quement par le genre Goleps. Mais cette division de M. Dujardin repose sur une erreur. Si l'on peut, en effet, tre tent d'admettre chez le Co/eps hirtm une distribution sym- trique autour d'un axe longitudinal, c'est--dire une symtrie radiaire, l'examen d'au- tres espces (C. omphacanthm, G. uncinatus) suffit montrer que les Coleps poss- dent, comme les autres infusoires, un ct dorsal et un ct ventral. Les Prorodon, chez lesquels on pourrait aussi admettre une structure symtrique, sont loin de satisfaire tous aux conditions scrupuleuses d'une nature radiaire. Chez beaucoup d'entre eux, la bouche n'est pas place exactement au ple antrieur, ma is sur l'un des cts, et mme chez ceux dont la bouche est rellement terminale, l'sophage n'est point plac suivant l'axe thorique de l'animal, mais il incline d'un ct ou de l'autre. En somme, si quelques infusoires, en particulier les Prorodon et certaines Enchelys et Lacrymaires, semblent se rapprocher du type symtrique radiaire, on peut cependant se convaincre que ce n'est l au fond qu'une pure apparence. On trouvera, en gnral, soit dans la position de la bouche, de l'sophage et de l'anus, soit dans la disposition de l'appareil circulatoire, des arguments parlant contre la symtrie suppose. Si M. Dujardin veut parler chez les Coleps d'une symtrie bilatrale, cette sym- trie se retrouve tout aussi bien chez d'autres infusoires, tels que les Holophrya, les Phialina, les Enchelys, les Prorodon, les Trachelophyllum, les Enchelyodon et bien d'autres. Mais ces genres-l sont, sous tous les rapports, trop proches parents d'au- tres genres structure non symtrique, pour qu'on pui sse les runir dans une sous- classe part. La prsence et l'absence de l'anus sont des critres d'une valeur encore moins ab- solue. En effet, M. le pi'ofesseur Sars nous a montr Chr i stiania, en 1855, un polype de la Mditerrane, pourvu d'un anus. Ce polype tait cependant un vrai clentr et pas un bryozoaire. M. Leydig admet galement l'existen ce d'un anus chez les Hydres. L'analogie entre les infusoires et les clentrs s'tend encore au mode de repro- duction. Beaucoup de clentrs possdent, en effet, la proprit de se reproduire asexuellement par bourgeonnement ou par division. La mme chose se voit chez les infusoires. Les individus qui ont t produits asexuellement chez les clentrs ont un ET LES RHIZOPODES. 61 sort divers : les uns se sparent plus ou moins rapidement de l'organisme-parent pour mener une vie indpendante et continuer subsister isolment; les autres restent, au contraire, constamment unis l'organisme qui les a produits, et, le bourgeonnement se rptant, il en rsulte de vritables colonies ramifies. C'est encore ce qu'on voit chez les infusoires. Nous n'avons, en effet, qu' rappeler parmi ces derniers les colo- nies formes par un grand nombre de Vnrticellines et d'infusoii'es llagells ainsi que par certains Acintiniens. Les produits de la gnration sexuelle se forment, chez les clentrs, dans les pa- rois de la cavit gnrale. Ils ai rivent par suite d'une dhiscence de la peau l'ext- rieur, ou parfois aussi dans la cavit du corps. Les embryons des infusoires, qui sont forms aux dpens d'un organe propre (nuclus), adhrant aux parois de la cavit gnrale, subissent un sort analogue. 11 est vrai qu'il n'est pas dmontr que ces em- bryons se forment la suite d'une fcondation. D'un autre ct, les infusoires montrent quelque affinit avec certains vers, en particuher avec les Turbellaris. M. Oscar Schmidt a dj signal le fait que les tgu- ments et le parenchyme des jeunes turbellaris ont une grande analogie avec les tissus correspondants des Paramecium et des Bursaria (Frontonia). M. Perty^ a attribu cette opinion une observation superficielle, mais bien tort, selon nous. La structure cellu- leuse du parenchyme des turbellaris est sans doute incontestable, mais souvent les cel- lules sont excessivement difliciles dmontrer , tmoin la rserve avec laquelle M . Schultze* s'exprime cet gard. Celui-ci dit, en effet, que les lments anatomiques (cellules) dont est sans doute compose originairement la peau des rhabdocles, se fondent avec le temps en une masse unique semblable au sarcode, et il considre le parenchyme du corps comme form par la mme substance contractile que l'on rencontre chez les hydres. Or, l'poque o crivait M. Schultzc, les ides courantes sur la substance con- tractile des hydres taient celles que reprsentait surtout M. Ecker : on ne connaissait pas encore de cellules chez ces polypes. Qui sait si le temps ne feia pour les infusoires ce qu'il a fait pour les turbellaris et les hydres? Nous sommes fort disposs le penser, t. Perly, p. 50. 2. Beitraege zur Nalurgeschiclite (1er Tuibellarien. Greifswald, 1851, p. 10 et 20. 62 TUDES SUR LES INFUSOIRES et c'est aussi l l'avis de M. Leydig. Quoi qu'il en soit, l'existence d'organes urti- cants structure identique dans les tissus des infusoires et dans ceux des turbellaris ne fait qu'augmenter l'analogie. Nous croyons, en effet, que telle est. la fonction attribuer, soit aux trichocystes des infusoires, soit aux corpuscules bacillaires des tur- bellaris. On sait, n'en pas douter, que les corpuscules bacillaires des Meckelia et du Microstomum lineare renferment, comme les trichocystes des infusoires, un fdamont dans leur intrieur, et M. Schultze rapporte quelque chose d'-2o. 5. Ihid., p. -i"2, Pi. XXXI, lig. 57 m. i. Gesciiiclite der indiiclivpn WissonscliatUMi iiafli dem Engliscbon vmi W. Wlipwill vim l.ltlriiw. SluUgait ]84l, m Bd., p. iOli. 64 KTliDES suit LES INFUSOIUES entre le systme aitificiel et la mthode naturelle, combat dans lequel cette dernire prend peu peu le dessus et tend toujours davantage adopter un caractre entire- ment physiologique. L'histoire de la connaissance des infusoires a pass, elle aussi, par toutes ces phases. Les observateurs de la plus grande partie du dix-huitime sicle se contentaient d'accumuler des observations incohrentes, sans songer fonder un systme. G et l brillaient par instant comme des tincelles jaillissant dans l'obscu- rit, pour bientt disparatre, les dcouvertes d'un Trembley ou d'un Gleichen, mais ce n'est qu' partir d'Otto-Fr. Mueller que nous voyons formuler d'une manire positive le besoin d'une nomenclature philosophique, la ncessit d'un systme. A cette pre- mire tentative en succdrent bientt plusieurs autres, telles que celles de Lamarck et de M. Bory de Saint- Vincent. Toutefois, il nous faut arriver jusqu' M. Ehrenberg pour rencontrer luie classification un peu claire des infusoires, une tentative un peu fructueuse d'apporter quelque peu d'ordre dans le dsordre qui avait trn jus- qu'alors. .\ l'poque o M. Ehrenberg travaillait la classilication des infusoires, on voyait partout, dans toutes les classes de la botanique et de la zoologie, la mthode naturelle triompher sur l'esprit de systme tout artificiel qui avait longtemps rgi la science. D'une part, Adanson, les Jussieu, de Candolle, russissaient enfin vincer Linn pour tout ce qui concernait les points trop nrlificiels des mthodes de l'illustre Sudois; de l'autre, les progrs que faisait l'anulomic compare, sous la direction de Meckel et de Cuvier, assuraient galement le triomphe de la mthode naturelle dans la zoologie. II est curieux que, malgr cela, IVl. Ehrenberg n'ait pas tent une classification naturelle des infusoires. II semble qu'il ait d courber aveuglment la tte devant la loi de pro- gression qui rgit le dveloppement de toute science, et, au lieu de poser les bases de la classification dfinitive, se rsoudre construire seulement le pont provisoire qui devait y conduire. En elfet, la classification de M. Ehrenberg porte dans toute son tendue, et autant (jue cela est possible, non pas le sceau d'une mthode naturelle, mais celui d'un systme artificiel. M. Ehrenberg divise d'abord ses infusoires dils polygastriques, selon qu'ils sont d- pourvus d'intestin ou qu'ils en ont un, ^nAnentrs et en Entrodlcs. Puis, il rpartit les premiers en trois groupes, d'aprs l'absence, la prsence et la forme des appendices KT LES RIUZOPODBS. 65 ee qui lui permet d'tablir trois ordres : Gi/nmica, Pseudopoda et Efitricha. Les Ent- rodles sont subdiviss d'aprs la position relative de l'anus et de la bouche, ce qui permet la foimation de quatre ordres : Anopisthia, EnaUiotretu, Allotrcta et Catotreta. Ces sept ordres se divisent ensuite en familles, et le principe qui sert la distinction de celles-ci est celui de la prsence ou de l'absence d'une cuiiasse. Quelques autres caractres sont aussi accessoirement employs ; mais M. Ehrenberg finit par tablir dix-huit groupes, alternativement cuirasss et non cuirasss, c'est--dire neuf qui sont munis de cuirasse et neuf qui en sont dpourvus. Quelques autres caractres addi- tionnels tant galement employs pour subdiviser quelques-uns de ces groupes, le nombre total des familles est port vingt-deux. M. Ehrenberg a t plus loin : il a transport sur les Rotateurs le principe de divi- sion qu'il avait adopt pour ses Polygastriques, et il parvient tablir ainsi chez eux huit familles, alternativement cuirasses et non cuirasses. On conoit facilement qu'en restant aussi parfaitement fidle n un principe constant de division, M. Ehrenberg soit arriv tablir des groupes peu naturels. En effet, quel garant avons-nous que la position de la bouche et de l'anus et que la prsence ou l'absence d'une cuirasse soient des caractres rellement si importants ? Assurment aucun. Pour ce qui concerne la cuirasse en particulier, nous pouvons, a priori, affirmer que c'est l un caractre de trop peu de valeur poui' qu'on puisse baser sur son absence ou sa prsence toute une srie alternative de dix-huit groupes. N'avons-nous pas l'exemple des Arions et des Limaces qui, bien que nus, sont des pul- mons, comme les Hlix, et insparables d'elles? Ne voyons-nous pas de mme les Tubifex tre insparables des Nais, les Onuphis des Eunice? Ne savons-nous pas qu'une foule d'animaux sont munis d'un tt durant une certaine priode de leur vie et en sont dpourvus pendant une autre: ainsi, les mollusques gymnobrancles, les phryganides, les psychides? qu'un des sexes peut tre cuirass et l'autre pas, comme les Argonautes et les psychides adultes? Tout cela montre qu'en thse gnrale, la cuirasse n'est pas lui organe d'une bien grande importance relative. D'ailleurs, pour ne pas quitter les infusoires, nous savons que les Stentors, par exemple, sont libres d'ordinaire, mais parfois aussi se scrtent un tube glatineux. Pour tre consquent, M. Ehrenberg au- rait donc d classer les Stentors d'une part parmi ses Vorticellines, et d'autre part parmi 9 66 TUDES SUR LES INFUSOIRES sesOphrydines. Les Freia, inconnues, il est vrai, M. Ehrenberg, sont dans le mme cas. Toutes les Ophrydines do M. Ehrenberg sont susceptibles de quitter leur fourreau pour nager librement travers les eaux, c'est--dire susceptibles de sauter volont de la fa- mille des Ophrydines dans celle des Vorticellines. Les Peridinium et les Cryptomonadines peuvent galement se dbarrasser de leur tt. Il est probable que les Dinobryum peuvent en faire autant. Nous citons tous ces exemples non pas pour dire que toutes les fa- milles que nous venons d'numrer soient mauvaises, mais seulement pour montrer i|ue le caractre de. la prsence ou de l'absence d'une cuirasse n'a pas une grande valeur absolue. Nous en dirons autant de la position de la bouche et de Fanus, surtout de celle de ce dernier. Nous voyons des animaux extrmement voisins les uns des autres former une srie dans laquelle la position terminale de l'anus passe peu peu une situa- lion tout--fait latrale. Et, cependant, il serait fort peu naturel, d'aprs la constitu- tion entire de ces animaux, de classer les uns dans une famille, les autres dans une autre. Souvent mme il n'est pas possible do les rpartir dans plusieurs genres. Nous voyons les Paramecium former une srie de ce genre-l, partir du P. Aurlia jusqu'au Paramecium Colpoda. Los Amphileptus en forment une autre, dans laquelle V Amphileptus Analicu/a (Trachcliiis Anatiada Ehr.), par exemple, a l'anus tout--fait terminal, et V Amphileptus gigas l'a latral. La position de la bouche ell-mme est sujette des variations auxquelles on ne peut ajouter trop d'im- portance. Les Prorodon, pour satisfaire la caractristique du genre, doivent avoir la bouche terminale. Cependant, chez la plupart des espces du genre, il n'en est pas ainsi. L'orifice buccal, au lieu d'tre situ exactement au ple antrieur, se trouve dvi quelque peu d'un ct, ct qu'on peut par suite nommer le ct ventral. Ds- lors, une grande partie des Prorodon pourraient la rigueur passer dans le genre Nassula; et cependant, M. Ehrenberg a class ces deux genres non seulement dans des familles diffrentes, mais encore dans des ordres distincts. Le principe de divi- sion qu'il suivait aveuglment le forait accorder une place aux Nassula parmi ses Allotreta, tandis qu'il tait oblig de relguer les Prorodon parmi ses Enan- tiotreta. Quelque artificiel que soit le principe de division adopt par M. Ehrenberg, il faut ET LES RHIZOPODES. 67 cependant reconnatre que ce savant, guid en quelque sorte par son instinct, a tabli plusieurs groupes parfaitement naturels. Ainsi, son groupe des infusoires entrodles peut tre conserv tel quel, pourvu qu'on en exclut d'abord lesActinophrys et les Tricho- discus, qui sont des Hliizopodes, puis les Podophrya, qui doivent former ncessai- rement un ordre part avec les Acineta, et enfin certaines prtendues espces de Trachclius, qui sont des infusoires flagells, et que M. Ehrenberg aurait d, par consquent, placer parmi ses anentrs. Toutefois, le nom iVinfusoires entrodles ne peut tre conserv, puisqu'il est bas sur une thorie erronne. On peut le remplacer avec avantage par celui (.V infusoires cilis (Ciliata), propos par M. Pcrty. La division des anentrs est, par contx'e, un fouillis contenant des tres si ht- rognes, qu'il n'est pas possible de le laisser subsister. Des trois ordres que M. Ehren- berg distingue dans cette sous-classe, celui des Pseudopoda est seul un groupe naturel, dont nous fixons la place parmi les Rhizopodes. Les deux autres sont forms par des tres qui ne sont unis entre eux par aucun lien naturel. Les Gymnica comprennent, d'une part, des vgtaux tels que les Vibrions et les Clostriens, et, d'autre part, des animaux tels que les Monadines, les Cryptomonadines, les Astasiens et les Dinobryens, sans compter les Volvocines, dont la position entre les deux rgnes est encore dou- teuse, bien que nous penchions plutt leur accorder une nature animale. Enfin les Epitricha comprennent des tres extrmement htrognes, dont les uns, les Bacil- laires ( l'exclusion des Acineta), sont sans doute des vgtaux, tandis que d'autres, les Peridina, doivent former un ordre part parmi les infusoires, et d'autres enfin, les Cyclidina, doivent, en partie tout au moins, tre rapports aux infusoires cilis. On le voit, M. Ehrenberg n'avait pas eu la main heureuse en runissant en un seul groupe ses prtendus polygastriques anentrs. Dans la division trs-naturelle des infusoires cihs (Entrodles Ehr.), M. Ehrenberg a tabli des subdivisions, dont quelques-unes sont fort naturelles et doivent tre con- serves. Ainsi, les Anopisthia, pourvu qu'on en retranche les Tintinnus, les Stentors, certaines Trichodines {Halteria Duj.), et peut-tre les Urocentrum, forment un groupe trs-naturel, correspondant notre famille des Vorticellines. Les ordres des Enantio- treta, Allotreta et Gatotreta sont, par contre, purement artificiels, bien qu'on doive conserver quelques-unes des familles que M. Ehrenberg y a tablies. Ainsi, les Oxy- gg TI'DES SUR CES INFUSOIRES tiicliina et les Eiiplotiiia (exclusion faite du genre Ghlamydodon) forment une coupe [jarfaitomenl naturelle, surtout lorsqu'on les lunit en une seule famille et qu'on leur adjoint les Aspidiscina. M. Ehrenberg a certainement eu la main bien malheureuse en sparant ces derniers de leurs proches parents, les Oxytrichina et les Euplo- tina, par toute la famille des Golpodea. Les Colepina forment aussi une famille na- turelle. Les autres familles tablies par M. Ehrenberg chez les infusoires cilis ncessitent forcment une rforme radicale. Les Trachelina (dont nous supposons que les Trache- lius sont le type) ne peuvent pas tre spars des Amphileptus dont M. Ehrenberg fait des Golpodea, non plus que des Ophryocercina et d'une grande partie des Enchelia (Enchelys, Lacrymaria, Holophrya, Prorodon), tandis qu'il faut sparer d'eux plu- sieurs genres que M. Ehrenberg leur a associs au mpris de toutes les analogies, tels qu'une partie des Loxodes, les Bursaria, les Spirostomum, les Glaucoma. Les Amphi- leptus et les Uroleptus ne sont certainement pas leur place parmi les Golpodea, tandis que les Gyclidium se rapprochent bien davantage de cette famille. Bref, toute cette partie de la classification ncessite une refonte gnrale. M. Dujardin a bien compris tous les inconvnients d'un systme aussi artificiel que celui de M. Ehrenberg, et il a t le premier en tenter une rforme. On peut dire qu'il a russi dans les traits gnraux. En elfet, les grands groupes esquisss par le savant de Rennes, dans ses infusoires asymtriques, sont fort naturels. Il reconnat chez ces derniers quatre ordres. Le premier, celui des Vibrioniens, est form par des tres do nature vgtale, probablement voisins des Oscillaries. Ge groupe n'a donc rien faire avec les infusoires. Le second ordre (exclusion faite des genres Acineta et Dendrosoma) est une coupe fort naturelle. Il comprend tous les animaux qu'on est convenu d'appeler aujourd'hui des Rhizopodes, et dont nous croyons devoir faire une classe distincte de celle des infusoires. Le troisime ordre est galement un fort bon groupe, qui correspond nos deux ordres des infusoires cilis et cilio- flagells. La runion de ces deux ordres en un seul n'est point fautive, car les cilio-flagells sont videmment bien plus proches parents des flagells que des infusoires cilis ou des Rhizopodes. Enfin le quatrime ordre de M. Dujardin correspond aux Infusoires cilis de M. Perty, c'est--dire peu prs exactement aux Entrodles de M. Ehrenberg. KT l.KS lilIlZOPODIS. 69 Si les graKis traits do la classification de M. Oujardin sont bien dessins, il n'en est pas de mme des dtails, et l'on peutdiie qu'en gnral, ce savantn'apas eu la main heureuse dans les modifications qu'il a tent d'apporter aux familles de M. Ehrenberg. Il a bien compris que les Stentors n'avaient rien faiie avec les Voi ticellines, et il a fond pour eux la famille des Urccolariens; mais il a transport aussi dans cette der- nire les Trichodines (Urceolaria Duj.), dont il a mme fait le type de la famille, et les Ophrydium, bien que ces deux genres ne renferment que de vraies Vorticellines. M. Du- jardin a rapport avec raison la famille des Euplotina (Plsconiens Duj.) le genre Aspidisca, que M. Ehrenberg en avait spar par toute la l'amille des Colpodea, mais il a fait une singulire mprise en runissant d'une part les Chilodon (Loxodes Duj.) aux Euplotina, et les Haltries (Trichodina Ehr. pro parte) aux Oxylrichina (Kroniens Duj.). Parmi les autres familles que M. Dujardin distingue chez les infusoires cilis, il n'en est qu'une de vraiment naturelle, savoir celle des Erviliens. La famille desTri- chodiens ne comprend, il est vrai ( l'exception peut-tre des Trichodes), que des in- fusoires parents les uns des autres; mais M. Dujardin n'aurait pas d les loigner de leurs proches parents les Amphileptus, Loxophyllum, Lacrymaria, Phialina, Chi- lodon, Nassula, Holophrya, Prorodon, dont ce savant fait des Paramciens, et qui se trouvent, dans le systme du savant de Rennes, spars des Trichodiens par les familles des Kroniens, des Ploesconiens, des Erviliens et des Leucophryens. Parmi les douze genres de la famille des Paramciens, il n'y en a dans le fait que cinq (Pleuronema, Colpoda, Glaucoma. Paramecium, Panophrys) qui puissent rester dans une famille portant ce nom. Enfin, M. Dujardin a t mal inspir lorsqu'il a spar de tous les infusoires les Coleps pour former, avec les Chtonotus, les Ichthydium et le genre douteux des Planarioles, son groupe des infusoires symtriques. Les Coleps sont videmment des infusoires cilis. Les Chtonolus et les Ichthydium, supposer mme qu'ils ne soient pas des Rotateurs, ont, dans tous les cas, plus de droit tre classs parmi ces derniers (conformment M. Ehrenberg) qu' tre considrs comme des infu- soires. A la tentative de rforme faite par M. Dujardin en a succd une seconde, celle 70 TUDES SUR LES INFUSOIRES (le M. Perly. La classification du professeur de [Jerne est, sous plusieurs points de vue, un pas rtrograde; sous d'autres, cependant, elle offre des avantages bien d- cids. M. Perty spare, comme nous, les Rhizopodes des infusoires pour en former une classe part, puis il divise les infusoires, ainsi restreints, en deux sous-classes : celle des Phytozodia et celle des Ciliata. La seconde correspond peu prs aux En- trodles de M. Ehrenberg, et comprend deux subdivisions, dont l'une runit des animaux munis de cils vibrants, et les autres des animaux munis de cils ou de fila- ments non vibrants et peu contractiles. Nous pensons qne M. Perty aurait mieux fait d'exclure compltement cette seconde subdivision de la sous-classe des Ciliata. Mais, comme l'poque o M. Perty crivait, l'organisation de ces animaux (Podophrya, Acineta,Actinoplirys) n'tait pas suffisamment connue, son erreur est comprhensible. Les appendices que M. Perty appelle des cils non vibrants et peu contractiles ne peu- vent nullement tre assimils des cils. Aussi restreignons-nous, tout en la conser- vant, l'expression de Ciliata aux infusoires de la premire subdivision. Quant la sous-classe des Phytozodia, c'est une dcharge qui n'a de rivale que dans le ple- mle des Anentera de M. Ehrenberg. Comme son nom l'indique, cette sous-classe a la prtention de ressusciter le rgne psychodiaire de M. Bory, le cliainon interm- diaire entre le rgne animal et le rgne vgtal. Malheureusement, elle a le tort de renfermer des tres purement animaux , comme maintes Monadines el maintes Asta- sies, dont l'apptit vorace ne s'accommoderait gure d'une nature vgtale, et, d'autre part, des tres tout--fait vgtaux, comme les spores de toutes les algues zoospores. Pour M. Perty, la spore d'une Yaucheria ou d'un dogonium doit porter le nom d'infusoire, nom qu'il ne confre pas un Amba. Une Voiticelle serait cependant plus dispose reconnatre une sur dans une Amibe que dans un dogonium, n'en d- plaise certain savant italien qui voulait voir dans les Vortic.elles des organes des Gharaces. Cependant, il est un groupe parmi les Phytozodes que M. Perly a bien su dli- miter. C'est celui dont il fait ses Filigera, et qui correspond au troisime ordre de M. Dujardin. C'est aussi celui auquel nous donnons le nom de Flagellala, nom em- prunt M. le professeur Joh. Mueller, qui l'emploie ds longtemps, dans ses cours d'anatomie compare, pour dsigner le groupe en question. KT LES RHIZOPODKS. 71 Quant ce qui concerne la manire dont M. Perty subdivise ses infusoires cilis (tels que nous les avons dlimits), elle n'est pas trs-heureuse. Il distingue chez eux trois groupes : les Spaslica, les Monima et les Melabolica. Les Spastica sont les Anopistliia de M. Ehrenberg un peu modifis. M. Perty, re- marquant la grande parent qui existe entre les Stentors et les Spirostomum, trouve avec raison que M. Ehrenberg a eu tort de les placer aussi loin les uns des autres; mais, au lieu de transporter les Stentors auprs des Spirostomum, ce qui aurait res- treint sa division des Spastica ses justes limites et en aurait fait une division vrai- ment naturelle, il place les Spirostomes au milieu des Spastica, o les Vorticelles ont l'air bien tonn de les rencontrer. Le groupe des Spastica de M. Perty n'est donc pas meilleur que celui des Anopisthia de M. Ehrenberg, et il a l'inconvnient de fouler au pied les afinits si naturelles des Spirostomes avec les Plagiotomes et les Bur- saires. Les Melabolica de M. Perty correspondent aux Ophryocercina de M. Ehrenberg et sont caractriss par l'excessive contractilit de leur corps, qui est susceptible de se courber en tout sens par expansion et par contraction. L'ide de recourir ce carac- tre est assez heureuse. Mais M. Perty n'est pas consquent. Toute sa famille des Tra- cheliina, comprenant ses genres Trachelius, Harmodirus, Amphileptus, Loxophyllum, Diloptus, Pelecida, Loxodes (Chilodon Ehrenberg,) devait rentrer dans le groupe des Metabolica ainsi dfini, tandis qu'il la place parmi les Monima. Il en est de mme du genre Chilodon, que M. Perty classe parmi ses Decteria. Si M. Perty avait donn une pareille extension son groupe des Metabolica, il en aurait fait une famille tout- -fait naturelle. Tel qu'il l'a conu, c'est un groupe qui n'a nulle raison d'tre. Le groupe des Monima, qui est cens tre oppos celui des Metabolica et con- tenir les infusoires cilis tissu non contractile, ne serait pas mal conu en lui-mme, si M. Perty avait t fidle son principe. Mais l'excessive contractilit qui distingue tous les genres de la famille des Trachelina est un soufUet donn la caractristique du groupe. Les familles qui composent le groupe des Monima ne sont pas toujours trs-heureuses. L'une d'entre elles, celle des Tapinia, pourrait bon droit tre carac- trise comme comprenant les infusoires indterminables ; car, laissant de ct le Cycli- dium Glaucoma, nous ne pensons pas que personne soit jamais assez audacieux pour 72 KTUDKS SUI LES rNFUSOIRKS se faire une ide exacte des tres dcrits par M. Perty dans les genres Acropisthium, Acomia,Trichoda, nieontidium, Opisthiotricha, Siagontherium, Megatricha. On peut en dire peu prs autant de la famille des Apionidia, comprenant les genres Ptyxidium, Colobidinm et Apionidium. Les familles des Oxytricliina et des Euplotina, que MM. Ehrenberg et Dujardin avaient si sagement places l'une la suite de l'autre, sont, au mpris de toutes les analogies, spares, dans la classification de M. Perty, par la famille des Cobalina. Cette dernire est elle-mme un vrai chef-d'uvre en fait de confusion systmatique. Elle comprend des tres probablement voisins des Oxytri- ques, les Alastor (Kcrona Ehr.), des pi'oches parents des Spirostomes, les Plagio- toma, et, enfin, des tres privs de bouche, qui ne sont peut-tre pas mme des infu- .'ioires, les Opalines! La famille des Paramecina de M. Perty est mieux compose que les familles correspondantes de M. Ehrenberg (Colpodea^ et de M. Dujardin (Para- mciens). Toutefois, il faut en exclure les Blepharisma. Toutes les classifications existant jusqu'ici sont donc loin de rpondre aux exigences d'une mthode naturelle. Dans les pages qui suivent, nous offrons au public une tentative de rpartir les infusoircs d'une manire plus conforme aux vraies analogies. Sans doute cet essai oftVira encore de nombreuses imperfections; cependant, nous es- prons faire avancer la (|U('slion d'un pas vers le but. Aprs avoir exclu de la classe des infusoircs, d'une pari tous les Pihizopodes, dont nous pensons devoir former une classe part, et d'autre pat tous les tres de nature vgtale (Desmidiaces, Diatoma- ces, Vibrioniens, Sporozodia de M. Perty, etc.), nous divisons cette classe eu quatre tribus : Ciliuta, Sucloria, Cilioflugellata et Fla l'tal adulte ; pas de su- ' _ Ordre 1"^. CIIiIATA. Pas de flagellum <' oirs. ) INFUSOIRES < f ''"" **" "'' ' ''''"' '"'""*' I - Ofdrc II. SUCTOBIA. \ Des suoirs. j ( Outre le ou les naj^ellum, ) .. ,>) ... Ordre III. CILIOFLAGELIATA. Un ou plusieurs flagellum i encore des cils. j ' Pas de cils. - Ordre IV. FI.AGEI.I.ATA. r-S.^-<'?><3>-^ J 10 74 * TUDKS SUR I.KS INFIISOIRES jer INFUSOIRES CILIS. Distribution des Infusoires cilis en familles. Dans nos considrations gnrales sur la classification des infusoires, nous avons montr combien les familles tablies jusqu'ici parmi les infusoires cilis sont, quel- ques exceptions prs, des groupes peu naturels. Nous nous dispenserons doiic de revenir sur ce sujet, et nous nous contenterons de proposer notre classification nou- velle. Nous avons dj mentionn quelque part la circonstance que les infusoires cilis peuvent se diviser en deux groupes distincts, sous le rapport de leur mode de dglu- tition. Les uns ont une bouche et un sophage qui restent d'ordinaire parfaitement clos, mais qui, dans l'occasion, c'est--dire au moment de la prhension de la nour- riture, sont susceptibles de se dilater au gr de l'animal d'une manire extrmement considrable. Chez les autres, au contraire, l'animal n'a pas en son pouvoir de dilater sa bouche ni son sophage, d'une manire apprciable, et les dilatations que ces organes peuvent prouver sont toujours purement passives, jamais actives. En re- vanche, chez cette seconde catgorie, la bouche et l'sophage restent continuellement bants. Un appareil de cils, souvent trs-dvelopp, soit sur la surface externe du corps, soit dans l'intrieur de l'sophage, produit un vif tourbillon qui amne des KT I KS RHIZOPODES. 75 particules trangres dans la bouche. Les aliments sont donc, dans ce cas, conduits dans la bouche par les cils, et ne sont pas saisis l'aide des lvres, comme dans le cas prcdent. Les infusoires (psophage dilatable sont, en gnral, trs-voraces et avalent parfois des objets aussi gros et plus gros qu'eux-mmes, tandis que les autres ne se nourrissent que de particules relativement plus fines. Nous croyons que la distinction de ces deux catgories parmi les infusoires cilis est trs-essentielle et donne lieu deux groupes fort naturels. M. Lieberkhn nous a object, il est vrai, avoir vu un infusoire sophage dilatable, une Holophrya, entr'ou- vrir la bouche et y faire pntrer des particules trangres l'aide d'un tourbillon produit par les cils de la surface. Mais ce n'est l qu'une exception ap[)arente. L'Ho- lophrya conserve toujours la facult de saisir les objets trangers avec les lvres, et c'est mme l son mode habituel de prendre sa nouri'iture, facult que ne possde jamais une Vorticelline, ni un Colpodicn. D'ailleurs, il subsiste toujours un critre anatomique qui permet de distinguer les infusoires sophage dilatable des autres, savoir l'absence de tout revtement ciliaire de leur sophage. Quiconque sera fami- liaris avec les infusoires en gnral reconnatra la bont d'un caractre qui nous permet de rapprocher les uns des autres les infusoires que nous runissons dans nos familles des Dystriens, Trachliens et Colpiens. Nous ne justifierons pas ici l'tablissement et la dlimitation de chacune des familles en particulier. C'est un point qui sera suffisamment tiait dans la partie gnrale qui prcde la division de chaque famille en genres. Disons setdement que la position des Vorticellines en tte de toute la srie des familles ne nous parat devoir tre conteste par personne. Parmi tous les infusoires, les Vorticellines offrent la compli- cation d'organisation la plus vidente. Les Oxytrichiens mritent galement d'occuper un des chelons les plus levs, vu la complication de leurs organes locomoteurs, la varit de leurs appendices. Pour ce qui concerne les autres familles, nous serions embarrasss de fixer une chelle de subordination bien justifiable. Nous n'avons donc dtermin l'ordre de ces familles que d'aprs celui des plus grandes affinits rcipro- ques, sans vouloir prtendre que la dernire famille, celle des Haltriens, doive oc- cuper le dernier rang, au point de vue de l'organisation, plutt que celle des Tintin- nodiens ou des Bursariens. 70 ETUDES SUR LES INFUSOIRES B a S S == u t - s * s t? 3 ^ S! i e se i< > ii^ e t K3 u a e g. 4 * ' ^ . * 8 a a u os S < e u B a. u s a. H (^ u ^ et d f .j .j B e ^ B e < a b a H u B c: y ^ C 3 i- 5J (E = ^ o ?r cj 1 a> -= .ir tf i -^J ^ = n o -:: ? g o s a -S .a aj "''^ ''^ 'o. s2 ^ M ce 'o sa , s en iti Q> o Q> O. c rt Q- y __ ii a. ^ ^ = ^ 1 - o a si I 8 i5 ^ [2 -. "S ^ = g S = o 2 = g as JO ^ fi- U -i- j= - :^ 5 2 2 o TIVITO ET LES RHIZOPOOKS. 77 I" Famille. VORTICEIililIVA. Les Vorticellines forment une famille des plus naturelles, el nous avons dj eu l'occasion de voir qu'elle a t saisie dans ses grands traits par plusieurs des observa- teurs qui se sont occups jusqu'ici des infusoires. On les a runies, il est vrai, souvent avec divers animaux qui appartiennent des familles trs-diffrentes, et il est nces- saire de bien purifier le groupe de tous ces lments trangers. Cette purification n'a pas encore t faite d'une manire suffisante. Nous devons, il est vrai, M. Stein des renseignements prcieux, publis dans un ouvrage qu'on pourrait nommer bon droit une monographie trs-soigne de la famille des Vorticellines. Mais M. Stein n'a fait que les premiers pas sur cette voie, et il reste encore une moisson abondante pour le gla- neur qui suit ses traces. Ce savant a montr que la famille des Oplmjdincs de M. Eh- renberg ne pouvait subsister dans le systme comme famille indpendante. Elle est, en effet, forme par de vritables Vorticellines habitant un fourreau. Or, le fourreau tant morphologiquement identique au pdoncule des Epistylis, par exemple, il est vident que M. Stein a eu parfaitement raison de ne pas vouloir reconnatre, dans la prsence de ce fourreau, un caractre propre justifier l'rection des Ophrydiens de M. Ehrenberg en une famille particulire. M. Stein' exclut, en outre, les Stentors de la famille des Vorticellines, et, en cela, il a parfaitement raison, puisque ces animaux offrent une constitution trs-diffrente de celle des vraies Vorticellines. Us sont, en effet, cilis sur toute la surface de leur corps, tandis que les Vorticellines sont glabres; la spirale forme par leurs cirrhes buccaux prsente une direction inverse de celle de ces dernires ; leur anus est, ainsi que M. Lachmann l'a dcouvert, plac sur le dos, tandis que celui des Vorticellines est situ dans la mme fosse o se trouve la bouche. Toutes les Vorticellines sont, durant la priode de locomotion, munies d'une cou- ronne ciliaire postrieure, organe qui fait toujours dfaut aux Stentors. Bref, les dif- frences sont si nombreuses qu'il ne peut venir aujourd'hui l'esprit de personne de placer les Stentors dans la mme famille que les Vorticelles. Les Trichodines, par contre, doivent bien rester dans la famille des Vorticellines, I. Loc. cil., p. 94. 78 TUDES Slin LES INFUSOIRES dans laquelle elles forment un chanon tout particulirement intressant, puisqu'elles reprsentent, d'une manire permanente, un tat qui n'est que passager et provisoire chez les autres genres. Ce sont des Vorticellines libres qui conservent, leur vie durant, leur appareil locomoteur. Ceci n'est cependant vrai que des vritables Tricho- dines, et ne peut s'appliquer certaines espces que M. Ehrenberg avait tort com- prises sous cette dnomination et que M. Dujardin a eu raison de distinguer sous un nom gnrique propre, savoir celui de llalteria. Les Urocentnmi, qui n'ont pas t jusqu'ici tudis d'une manire suffisante, de- vront aussi trs-cert-ainement former une famille part. Enfin, il est un genre qui a jusqu'ici t laiss par tout le monde auprs des "Vor- ticellines, e! qui doit en tre bien dcidment spar. C'est celui des Tintinnus, qui s'loigne du type de la famille pour le moins autant que celui des Stentors. M. Stein lui-mme a laiss les Tintinnus la place qui leur avait t assigne par M. Ehrenberg ; mais cela ne peut lui tre imput comme une faute, car il ne parat pas avoir tudi lui-mme ces animaux. Aprs avoir, dans les lignes qui prcdent, indiqu tout ce qui doit tre limin de la famille des Vorticellines, afin de rduire celle-ci ses limites naturelles, nous allons passer l'tude anatomique de cette famille. Pendant longtemps, bien des ides erronnes ont t en circulation au sujet de la constitution anatomique de ces ;uii- maux, et encore, l'heure qu'il est, M. Agassiz ' parait tre (idlo l'opinion mise par lui en 1850, que les Vorticelles doivent tie runies aux Bryozoaires et places ct (hi "eure Pedicellina. Cette ide ne mrite ffure d'tre discute, malgr l'autorit du nom de celui qui l'a mise en avant. En effet, le caractre essentiel des Bryozoaires, savoir l'existence d'un canal alimentaire continu, ouvert ses deux extrmits, fait dfaut aux Vorticellines, comme aux iid'usoiies eu gnral. Ce qu'il peut y avoir de fond dans l'opinion de M. Agassiz, c'est seulement que certaines Pedicellina doivent tre rapproches des Vorticellines. En effet, il n'est pas improbable qu'on ait rapport ce genre des infusoires fourreau, rentrant soit dans la famille des Voiticellines, soit dans celle des Acintinieus. 1. The nalural n-lalions belween Animais aiid ihe lments in wicli ihey U\e. Silliman's American Journal of Science and Ails. N 27, May (850. ET LES RIIIZOPODES. 79 M. Stein a consacr une attention toute particulire l'tude des Vorticellines, et nous lui devons les meilleurs dessins qui aient t publis sur ces animaux. Toutefois, ce n'est que . 555. ET LES RHIZOPODES. 85 expulses par une ouverture temporaire, il est clair que ce ne peut tre qu' l'endroit mme o la substance molle intrieure est en contact avec le liquide environnant, sans tre protg parle tgument (!). M. Stein dclare n'avoir vu d'ouverture anale chez aucun infusoire', et, cepen- dant, il reconnat lui-mme ailleurs avoir observ un anus chez VOpercularia berbe- rina'. Celte observation-ci est parfaitement exacte ; car M. Stein dit que cette ouver- ture est situe dans le pharynx. Or, ce que cet auteur nomme le pharynx chez les Operculaires, c'est prcisment le vestibule, organe qu'il a mconnu chez les autres Vorticellines. Chez toutes les autres espces apartenant cette famille, M. Stein pa- rat croire que la bouche et l'anus sont une seule et mme ouverture % et ici de nou- veau l'observation de M. Stein est tout--fait exacte, ds qu'on l'interprte convena- blement. En effet, l'ouverture que ce savant a en vue n'est point la vraie bouche, ni le vritable anus, mais l'entre du vestibule, et il est exact que les aliments passent par cet orifice poui- arriver la bouche, tout comme les matires fcales en ressortent aprs avoir t expulses par l'anus. Chez toutes les espces de cette famille, la vsicule contractile est unique, et, en gnral , elle est place trs-prs du vestibule : chez les unes, sur le ct ven- tral de cette cavit, c'est--dire dans la paroi de l'urne; chez d'autres, au contraire, sur le ct dorsal, c'est--dire dans la paroi du ct auquel est fix le pdoncule de l'organe vibratile. Chez certaines espces enfin, comme chez les Gerda, la vsicule contiaclile est place dans la partie postrieure du corps, fort loin du vestibule. Chez la grande majorit des espces, le nuclus a la forme d'un ruban diverse- ment contourn; toutefois, il n'est pas possible d'tablir de rgle cet gard. Une particularit singulire, que paraissent prsenter toutes les Vorticellines, con- siste dans les contractions subites et saccades dont sont susceptibles, soit le corps lui-mme, soit, chez certaines espces pdicelles, tout ou partie du pdoncule. Ces contractions paraissent se manifester, en gnial, lorsque l'animal vient tre effray d'une manire quelconque. Chez les espces non pdicelles ou pdicule non 1. Slein. Loc. cit., p. 17. 2. Stuiii. Loc. cit., p. OI. 3. Ibid., |>. 1 U. 86 TUDES SUK LES INFXJSOIRES contractile, on voit alors \o. corps se raccourcir, s'largir, tandis que l'organe vibratile est rentr l'intrieur de l'urne et que le pristonne se contracte au-dessus de lui, comme un sphincter, de manire fermer compltement l'ouverture de l'urne. Pen- dant que ce mouvement s'opre, la partie postrieure du corps forme, chez plusieurs espces, des replis trs-prononcs, comparables l'invagination rciproque des diff- rents lments d'un tube de tlescope. Chez les Vorticellines pdicule contractile, le pdicule se contracte en mme temps, son sommet se rapprochant brusquement de sa base. En considrant les planches de M. Ehrenberg, on trouve les contractions du pdoncule reprsentes de deux manires, savoir comme des contractions en spirale, puis comme des contractions en zig-zag dans un plan vertical. Ce dernier mode de contraction n'est reprsent qu'une seule fois, savoir sur la planche XXXVI, fig. V, chez un individu rapport par l'auteur au Carchesium potypinuni. Dans le texte, M. Ehrenberg ne dit rien qu'on puisse rapporter ce second mode de contraction, et aucun observateur, l'exception de M. Czermk, n'a fait attention ce curieux dessin. M. Czermk se contente, du reste, d'appeler l'attention des savants sur Ips courbures en zig-zag figures par M. Ehrenberg; mais il dclare n'avoir jamais lui-mme rien vu de semblable, et il ne semble mme pas loign de croire que le dessin repose sur une erreur. Pendant longtemps, nous avons cru aussi une erreur de dessin dans la figure en question. Toutefois, nous avons du changer d'opinion aprs avoir rencontr nous-mmes, dans la mer du Nord, une espce qui prsente un mode de contraction parfaitement identique celui que M. Ehrenberg figure dans son prtendu Carchesium polypinum. Cette espce est\eZoof.hammnmnutans {V. pi. I, fig. 4). Chez aucune autre es- pce nous n'avons vu se prsenter un phnomne semblable. Nous avons, en particu- lier, toujours vu le Carchesium polypinirm se contracte)- d'une manire normale, c'est- -dire en hlice; aussi avons-nous t i;onduits nous demander si la figure en question de M. Ehrenbei'g, reprsente bien rellement un Carchesium polijpimmi, et nous avons d rsoudre cette question par la ngative. En elTet, les individus 7, ^ et <; de la fig. 5 (PI. XXXVI) -^ c X o ce o; s O O 5 c o: ;r5 5 ctf O c/1 < < !? ri = O a. a O X 5^ ^ o > j o X o o; o j: _o ce a O) bis ce 4^ 2 PU Si. ce i a. . :3 o ^ ^ g .= 1 I t/ ^Oi S 3; U 5 " VNinaouuoA 94 TUDES SUR LES INFUSOIRES /" Genre. V R T I C E L L A. Les Vorticellines sont si clairement caractrises par leur pdoncule contractile non ramifi, que nous n'avons pas nous arrter sur la diagnose gnrique. L'tude des espces laisse, par contre, une vaste lice ouverte la discussion, lice dans laquelle nous viterons cependant de descendre. En effet, les espces sont nombreuses et fort difficiles caractriser d'une manire positive. M. Ehrenberg en a dj tabli toute une srie nombreuse, et nous n'aurions le droit de recommencer son travail qu'avec la conviction que nous pouvons rellement faire mieux que lui. Or, nous ne pouvons pas avoir cette prtention. Les dessins que M. Ehrenberg donne de ses Vorticelles sont, il est vrai, trs-imparfaits pour tout ce qui concerne les dtails anatomiques, comme, par exemple, la forme du pristome et de l'organe vibratile, l'implantation des cir- rhes buccaux, la forme du nuclus, etc. ; mais ils sont assez exacts pour ce qui con- cerne la forme extrieure, et ils rendent assez bien l'habitus des animaux qu'ils sont destins reprsenter. C'est l le point essentiel, parce que les espces de M. Ehren- berg sont bases prcisment sur des diffrences dans le port de l'animal, bien plus que sur des diffrences anatomiques. Celles-ci sont, d'ailleurs, peu nombreuses, et se rduisent, en gnral, quelques diffrences dans les dimensions du pristome et de l'organe vibratile ainsi que dans la forme du nuclus. Le nuclus affecte, chez toutes les espces nous connues, une forme de ruban, plus ou moins contourn, mais la longueur et les courbures du nuclus sont souvent diffrentes chez des espces voisines. Le nu- clus le plus contourn que nous ayons observ est celui de la VorticeUa Campamda. Malheureusement, on ne peut dire que, sous le lapport de la longueur du nuclus, chaque espce prsente un type parfaitement constant. On peut retrouver avec certi- tude presque toutes les espces ehrenbergiennes, et cependant rien n'est plus difficile que d'tablir leurs diagnoses. Personne, nous le croyons, ne serait en tat de dter- miner les espces uniquement d'aprs les diagnoses de l'ouvrage de M. Ehrenberg, ni d'aprs les ntres, si nous voulions remplacer celles-ci par de nouvelles. Il est donc urgent d'accompagner lea descriptions de dessins foil exacts qui puissent rendre trs- ET LES RHIZOPODES. 95 parfaitement l'haLilus de ces animaux. Nous n'avons malheureusement pas de dessins en nombre suffisant pour prsenter ce sujet un travail quelque peu complet; nous avons donc prfr liminer toutes les figures de Vorticelles et nous en tenir celles qui existent dans les ouvrages dj existants. Il est, d'ailleurs, une mthode qui permet de dterminer avec assez d'exactitude la plupart des espces ehrenbergiennes en n'ayant recours qu'aux dessins de M. Ehrenberg et ses diagnoses; elle consiste sim- plement dans l'lude des localits o se trouvent les Vorticelles observes. M. Ehren- berg a toujours eu gard ce point important, qui nous a avant tout servi de guide pour retrouver ses espces. Il y a, en effet, des formes qu'on ne trouve jamais que dans des eaux contenant des matires en putrfaction et rpandant d'ordinaire une odeur assez ftide. Telles sont, par exemple, la Vorticclla microstonia Ehr. et la V. Convallaria Ehr. La premire de ces deux espces, la plus commune de toutes, est, du reste, facile distinguer de toutes les autres, grce l'troitesse de son pristome. M. Stein en a donn des figures' bien plus exactes que celles de M. Ehrenberg, sous le rapport anatomique, mais ces dernires sont cependant suprieures au point de vue de l'habitus gnral. De plus, M. Stein reprsente la F. microstonia comme tant parfaitement lisse, tandis que nous avons toujours vu sa cuticule prsenter d'une manire trs-vidente les stries que reprsente M. Ehrenberg : ces stries ne forment, toutefois, pas un seul systme transversal, comme l'indiquent les dessins de cet auteur, mais deux sys- tmes croiss et obliques l'axe, dont l'un est en gnral beaucoup plus vident que l'autre. M. Dujardin a dj indiqu ces deux systmes dans sa Vort. infusiomim (Meyen), qui est identique avec la V. microstonia Ehr. La seconde espce, la Vort. Conval- laria, ne se laisse pas caractriser plus facilement, et l'on pourrait la confondre faci- lement avec des formes voisines, par exemple avec la Vort. nclmlifcra Ehr., bien que celle-ci ait un port plus lanc et plus lgant. Mais les doutes disparaissent lorsqu'on a gard la provenance des animaux. La Vort. Convallaria ne se trouve, en effet, que dans les bocaux qui contiennent des matires en dcomposition, ou dans les eaux stagnantes trs-sales, oi elle se fixe sur des dbris de tous genres. La Vort. nebulifcra t. Loc. cit. PI. IV, Fig. 1720. 96 TUDES SUR LES INFUSOIRES ne se trouve que dans des eaux trs-pures sur des Hotlonies, des racines de Lemna et quelques autres plantes aquatiques. Lorsqu'on |]a transporte dans des bocaux peu spacieux, elle y prit trs-promptement, moins qu'on ne prenne des prcautions pour qu'une vgtation active empche toute espce de dcomposition ftide dans l'eau. Il est, du reste, plusieurs des espces de M. Ehrenberg dont nous n'oserions ga- rantir la valeur spcifique. Sa Vorticella haniata et sa V. picta nous sont inconnues. Nous avons, il est vrai, observ des Vorticelles de taille aussi petite que la Vort. ha- mata, mais elles ne prsentaient pas le port tout particulier de cette dernire. La plupart paraissaient tre de jeunes exemplaires de la Vort. microstoma et de quelques autres espces. En gnral, les trs-petites Vorticelles, et il n'est pas rare d'en rencon- trer de plus petites encore que la Vort. hmiata Ehr.. sont extrmement difficiles dterminer, et c'est surtout l'examen de ces formes-l qui nous a convaincus que nous tions bien loin d'tre au clair sur la question des espces dans le genre des Vorticelles, comme dans la famille des Vorticellines en gnral. Nous avons de la peine croire que la Vorticella chlorostigma Ehr. soit une espce indpendante. En effet, M. Ehrenberg la caractrise uniquement par sa couleur verte, ce qui n'est pas suffisant pour justifier l'tablissement d'une espce particulire, puis- que nous savons que la plupart des infusoires sont susceptibles de devenir verts par suite de la formation d'un dpt de chlorophylle dans le parenchyme de leur corps. Nous avons rencontr frquemment dans les environs de Berlin, en particulier sur des prairies submerges, des Vorticelles qui nous ont sembl parfaitement identiques la Vort. chlorostjma Ehr., mais nous n'avons pu reconnatre en elles que des Vort. nekdifera, parenchyme verdi par de la chlorophylle. Quant la Vort. citrina Ehr. , nous ne l'avons rencontre que rarement dans les environs de Berlin, en gnral sur des Lemna et dans des eaux fort limpides. Nous n'osons affirmer que sa couleur soit constante, ni, par consquent, que sa valeur spci- fique soit bien relle, lorsqu'on se contente de la caractriser par sa couleur de citron. Toutefois, son port, si lgant, parat la distinguer des autres espces ta- blies par M. Ehrenberg. C'est de la V. Patellina qu'elle se rapproche au plus haut degr. ET I.KS RIIIZOPODES. 97 Parmi les autres espces qui oui t tablies depuis M. Ehrenberg, daus le genre Vorticella, nous n'en trouvons point qui puisse subsister rellement. La V. Iniiaris Duj. (Inf-, p. 554, PI. XIV, Fig. '12) est videmment identique avec la V. Campamda Elu-., (|U(dque dtestable que soit la figure qu'en donne M. Dujardin. La V. infusiomm Dnj. est, comme nous l'avons dit, synonyme de la V. microstoma. La V. fascicvlata de M. Dujardin n'est pas suffisamment connue, cet auteur ne l'ayant pas tudie lui-mme et ne la basant que sur la figure qu'Otto-Fr. Mueller donne de sa F. nutans. M. Ehren- berg considrant la Vort. nutans MueW. comme identique sa V.Patcllina, il n'est pas improbable que la V . fascicidata doive tre runie cette espce. La V . ramosissima Duj. est synonyme du Crrrc/iesinm pohjpinum Ehr. ; la F. Arbuscida Duj., du Zoolham- niiim Arbuscida Ehr. La F. poli/piiia Duj. (O.-F. Mueller) est un Zoothamnium marin. 9e Gen,.e_ _ C AR CH E SIUM. Les Carchesium sont des Vorticellines formant des colonies ramifies, dans les- quelles chaque individu est muni d'un muscle pdonculaire spcial. (ie n'est pas de cette manire-l que M. Ehrenberg a caractris son genre Carche- sium. En effet, ce savant dessine chez les Carchesium un muscle unique et continu qui se ramifie dans toute la colonie, et il distingue ce genre des Zoothamnium, parce que tous les individus de la mme colonie ont la mme grosseur, tandis qu'on trouve a et l sur les familles de Zoothamnium des individus plus gros qne les autres. MM. Czermk et Stein ont t les premiers reconnatre que les dessins de M. Ehren- berg sont inexacts par rapport au muscle du Carchesium polypinum. Ils ont constat que chaque rameau est muni d'un muscle spcial, qui ne s'unit jamais au muscle du rameau voisin, et M. Stein s'est servi avec avantage de ce caractre pour distinguer les Carchesium des Zoothamnium d'une manire plus positive que ne l'avait fait M. Ehrenberg. Lorsqu'un individu d'une famille de Carchesium se divise, l'un des nou- veaux individus conserve pour lui l'ancien pdoncule et l'ancien muscle, tandis que l'autre se scrte une branche nouvelle. Cette branche n'est point creuse d'un canal 13 98 TUDES SUR LES INFUSOIRES ds la base, mais elle est d'abord solide dans toute sa largeur, comme l'est la base commune de toute la colonie. Ce n'est que lorsque le pdoncule a atteint une certaine longueur, peu considrable, il est vrai, que le pdoncule se munit d'un canal central, d'un muscle et d'une couche intermdiaire. Aussi, lorsqu'un individu se contracte, il se contracte seul, moins que ses voisins ne soient effrays de ce mouvement et ne se contractent leur tour. Il est cependant des individus dont la contraction exerce une influence plus grande sur la famille entire, savoir ceux dont les muscles provien- nent des rameaux principaux, eu particulier celui dont le muscle se prolonge jusque dans le tronc commun de la famille. La contraction de cet individu-l entrane, en gnral, la contraction plus ou moins complte de toute la famille. ESPCES. i Carchesium polypinum Ehr. (Inf., p. 278. PI. XXVI, Fig. V.) DiAGNOSE. Cai'cliesium en cloclie, c'Viise son ouveiture, culicule lisse, ci iiucltis recourb dans un plan lon- giliidinal. Pdoncule non arlicul. Cette espce, si rpandue, est suffisammenl connue par les figures et les descrip- tions de MM. Ehrenberg et Stein. Ce dernier a, eu particulier, publi un dessin' qui rend trs-bien la forme eL le port de cette espce. Nous ajouterons seulement que ce Carchesium se distingue par une longueur trs-considrable de la soie de Lachmann, comme ce dernier l'a reprsent dans son Mmoire. :2 Carchesium spcctabilc Ehr. (V. PI. III, Fig. i.) DlAG>'OSE. Carcliesiuni en forme de d coudre, non vas son ouverture, cuticule (inement strie, el nuclus rocourlj dans un plan longitudinal et prsentant plusieurs sinuosits. Pdoncule non articul. Il est possible que nous nous trompions en rapportant le Carchesium dont nous donnons la figure l'espce que M. Ehrenberg a dcrite sous le nom de Carchesium speclabile" , sans en publier de dessin. Il est fort diflcile de reconnati^e un infusoire vorticellien sur une seule description, surtout lorsque celle-ci se restreint aune simple 1. Slcin. Loc.cit. PI. VI, Fi^. I. t 2. Mon:itsl)ciiclit der lierlincr AKadeniie, 18iO, \>. 198. ET LES RIIIZOl'ODES. 99 diagnose, comme celle de M. Ehrcnberg : C. spcctabile = Vorticella speclabilis. Boiy, C. corpore conico cmnpanulalo, [route dilatata, sllpitis fniticulo spcctabili, obli- que conico, 2 lineas alto. Quelque insuflisante que soit cette description, elle nous enseigne que les familles du Carchesiiim spectabile sont de taille considrable ; et c'est bien l le cas pour notre espce. Nous prfrons donc conserver, tout hasard, le nom de C. spcctabile, plutt que de former une dnomination nouvelle. Le C. spec- tabile se distingue du C polypinnm, non seulement par sa taille plus considrable, mais encore par un port plus solide et plus vigoureux, mais moins lgant. Le pris- tome n'est point largement renvers, mais seulement quelque peu vas. Le disque de l'organe vibratile n'est pas lgamment recourb, comme dans le C. polijpiimm, mais forme une surface simplement convexe. Le corps, dans l'tat d'extension, a la forme d'un d coudre, presque partout do la mme largeur. Il est seulement lgre- ment trangl en arrire du pristome. La cuticule est trs-finement strie en travers. Le nuclus prsente, dans sa partie infrieure, plusieurs sinuosits trs-caractris- tiques. Le pdoncule est assez semblable celui du C. polypimim; il est seulement plus large et plus vigoureux, son muscle est plus fort; la couche granuleuse intermdiaire est plus dveloppe. Le C. spectabile atteint parfois une taille double de celle du C. polypimim. Nous l'avons toujours trouv en abondance sur les murs d'un canal de drivation de la Spree, qui traverse Berlin, en passant sous la place de l'Opra et longeant le Kasta- nienwald : l'eau de ce canal est, en gnral, plus ou moins ftide. 3" Carchesium Epistyiis. (Y. PI. I, Fig. i.) Diagnose. Carcliesiiini corps trs-iHroil, lisse, unini d'un imcliis courb en arc de cercle dans un plan trans- versal. Pcdoncule Irs-dislincteinent arlicul. Ce Carchesium se distingue, ds le premier abord, des deux prcdents par son port trs-particulier, qui rappelle tout--fait celui de plusieurs Epistyiis. Son pristome n'est pas plus largement vas que celui du C. spectabile, mais son corps va en se r- trcissant vers la partie postrieure beaucoup plus que chez ce dernier. Le nuclus, au lieu d'ai'ectcr une position longitudinale, comme dans les premires espces, est '100 TUDES SUR LES INFUSOIRES situ dans un pliui perpendiculaire l'axe de l'animal et forme, pour ainsi dire, tout autour du vestibule, un anneau qui est interrompu du ct ventral. Le pdoncule est trs-distinctement articul, et les articulations correspondent presque toujours une bifurcation. Le tronc simple, qui est plac au-dessous de l'ar- ticulation, se renfle d'ordinaire un pou pour former l'articulation, et c'est sur ce ren- flement que sont implantes les deux nouvelles branches. Le muscle du tronc passe de la partie infrieure l'articulation, la partie suprieure, sans subir de modification, et se continue dans l'une des branches. Nous n'avons jamais vu cette espce former des familles aussi nombreuses en in- dividus que les deux prcdentes. Rarement on trouve des familles de plus de cinq six individus, et, chez celles-l, il arrive en gnral que le muscle et la couche granu- leuse disparaissent dans les segments ou entre-nuds infrieurs. Les branches sup- rieures de la colonie conservent alors seules leur contractilit. La longueur moyenne des individus est de 0,05"^"\ C'est donc une espce relati- vement petite. Nous avons observ ce Carchesium, vivant, en parasite, soit sur le corps, soit sur le fourreau de larves de phryganides pches dans des tangs du Thiergarten de Berlin. M. Lachmann nous a communiqu une figure d'un Carchesium qu'il a observ sur des larves de cousin fCulex pipiensj. Nous regardons comme fort probable que cette espce est la mme que notre C. Episfylis. Sa forme s'en rapproche en effet beaucoup, et son pdoncule parat tre articul. Les familles sont peu nombreuses en individus. Mal- heureusement, le dessin de M. Lachmann ne nous enseigne rien au sujet du nuclus. Les kystes de ce Carchesium sont, d'aprs M. Lachmann, ovales et chagrins leur surface. L'espce laquelle M. Ehrenberg donne le nom de Carcheshm pygmiim (Infu- sionsthiere, p. 291), et dont il n'a pas publi de figure, a' t dcrite d'une manire trop imparfaite pour qu'il soit possible de la reconnatre. Elle vit en parasite sur les Cyclopes et des larves d'Ephmres. M.Stein le rapporte avec doute son Zoothanmium Parasita. ET LES RHIZOPODES. 1 01 3' Genre. Z T H A M N J U M. Les Zoothamnium se distinguent clairement des Carchesium, par la circonstance qiruii muscle commun se ramifie dans toutes les branches de la famille, et que, par suite, les diflereuts individus d'une mme famille sont plus ou moins solidaires les uns des auties dans leur contraction. Nous adoptohs dans tonte son tendue le genre Zoothamnium tel qu'il a t circon- scrit par M. Stein. M. Ehrenberg lui avait donn des caractres bien diffrents, en ne diffrenciant les Zoothamnium des Carchesium que par la prsence, sur les arbres zoothamniens, de quelques individus beaucoup plus gros que les autres et possdant une forme globuleuse, au lieu de la forme campanulaire ordinaire; ces individus de- vaient tre distribus, et l, l'aisselle des bifurcations de l'arbre. Si nous nous en tenions celte dfinition de M. Ehrenberg, la plupart des espces que nous allons numrer dans le genre Zoothamnium devraient tre relgues parmi les Carchesium. C'est dire dj que le caractre donn par M. Ehrenberg, bien qu' notre avis insuffi- sant ou mcommode pour caractriser un genre, a bien une valeur relle. En effet, M. Stein a trs-dcidment tort, lorsqu'il suppose que les gros individus, dont M. Eh- renberg fait mention, n'appartiennent pas rellement la famille sur laquelle on les rencontre, mais que ce sont de gros individus, de la mme espce, provenant d'une fa- mille plus ancienne, qui, aprs s'tre dtachs de leur souche premire, sont venus se fixer sur une famille plus jeune. Il existe sans aucun doute des Zoothamnium qui prsentent, dans une mme famille, les deux formes d'individus dcrites par M. Ehren- berg. Nous n'avons, il est vrai, pas t assez heureux jusqu'ici pour rencontrer le Zoothamniuvi Arlniscula, la seule espce observe par M. Ehrenberg (car nous ne pou- vons compter le soi-dsani Z. niveum d'Abyssinie, observ d'une manire si imparfaite, que le dessin ne permet pas seulement de reconnatre une Vorticellinej ; "mais le Zoo- Ihamnium alternans de la mer du Nord nous a prsent les deux catgories d'individus en question. D'ailleurs, M. Dujardin lui-mme, qui rejetait toutes les divisions gnriques tablies par M. Ehrenberg chez les Vorticellines pdoncule contractile, distingue 1 02 TUDES SUR LES INFUSOIRES bien, chez sa Vorticella Arbuscula {Zoothamnimn Ehr.), en outre des individus campani- formes, des corpuscules blancs, globuleux, beaucoup plus gros et fixs aux aisselles des rameaux. M. Ehrenberg admet que les individus globuleux sont originairement semblables aux autres; mais, qu'au lieu de continuer se diviser, ils deviennent plus gros, et finissent par se dtacher. Tel est, en effet, le cas, car ces individus-l n'ont pas une forme essentiellement diffrente des autres ; ils sont seulement contracts, l'organe vibra- tile tant retir l'intrieur, et on les voit se munir d'une couronne de cils vibratiles postrieurs. Par contre, nous n'avons pas vu d'individus de grosseur normale se munir d'une couronne semblable. Il parat donc vraisemblable que ces gros individus sont dans la rgle seuls susceptibles de se dtacher pour devenir les fondateurs de nouvelles colonies. M. Ehrenberg remarque dj, chez son Zoothamnimn Arbuscula, que les gros individus sont toujours situs l'aisselle d'une bifurcation, et il explique la chose en admettant que, des deux individus issus de la division, l'un se divise aussitt de nouveau et forme les deux branches de la bifurcation, tandis que l'autre, la lante, comme il le nomme fort justement, reste stationnaire, et ne subit aucune division spontane. Chez le Zoothamnium alternans, les gros individus sont aussi placs l'ais- selle des bifurcations. Cependant, il n'est pas parfaitement exact que la tante ne su- bisse jamais de division spontane. Nous avons vu jusqu' trois gros individus globu- leux fixs au mme point, et ces trois individus rsultaient videmment de ce que la tante s'tait immdiatement divise en deux cousines, dont l'une s'tait munie aussitt d'une couronne ciliaire postrieure, tandis que l'autre s'tait divise de nouveau, sans scrter de pdoncule, en deux arrire-cousines, qui s'taient munies leur tour d'une couronne ciliaire postrieure. Ainsi, dans ce cas, les trois gros individus taient non pas les tantes des individus ports par la bifurcation voisine, mais ils reprsentaient deux gnrations, l'une tant une cousine, les deux autres des arrire-cousines. Cette circonstance trs-intressante que, chez quelques Zoothamnium, certains in- dividus dtermins sont, dans l'tat normal, seuls destins fonder de nouvelles colo- nies, pouvait faire dsirer l'rection de ces espces-l en un genre particulier, qui conciderait avec le genre Zoothamnium proprement dit de M. Ehrenberg. Mal- heureusement, la prsence de ces gros individus ne fournit pas un caractre zoologique ET LES RIIIZOPODES. 403 siifllsant. En effet, il est indubitable qu'on doit rencontrer frquemment des familles qui ne portent que de petits individus, soit parce qu'elles n'en ont pas encore en- gendi de gros, soit parce que-lcs gros qu'elles portaient se sont dj dtachs pour aller fonder ailleurs des familles nouvelles. Voil pourquoi nous avons prfr adopter le genre Zoothamnium tel qu'il a t dlimit par M. Stein, bien que la plupart de ses espces se trouvent alors ne jamais former les gros individus en question. ESPCES. Jusqu'ici trois espces de Zoothamnium ont t dcrites, savoir : 1 Z. Arbusatla. Ehr. Infus., p. 289, PI. XXIX, Fig. 41. 2" Z. Parasita. Stein. Infus., p. 84, PI. III, Fig. 44. 3 Z. aljine. Stein. Infus., p. 248,-223. PI. III, Fig. -46. La premire nous est inconnue. Les deux autres, qui ont t observes par M. Stein, sur de petits crustacs d'eau douce, ont t galement revues par nous; mais, comme nous n'avons rien de neuf dire sur elles, nous nous contentons de renvoyer aux des criptions et aux figures de cet auteur. 4" Zoolhamnmn alternans. (V. PI. II, Fig. 4 4.) DlAGNOSE. Famille Iroiic et hraiichcs irs-pais et stris transversalement, mais luin articuls. Individus Irs- idemmciU stris et de deux ^Tosseurs : les petits formant des branelies trs-rgulirement pennes, les jjros placs et l aux aisselles des hifureations. Cette espce se distingue par un port tout particulier. Tandis que les autres sont en gnral plus ou moins corymbiformes, celle-ci forme des arbres branches courtes et trs-rgulirement alternantes. La forme de ces familles a sa cause dans un arrt de di- vision spontane qui frappe en gnrall'un des deux individus issus de chaque division. Lorsqu'un individu A se divise en deux individus B et B', l'un de ces deux, B par exemple, ne se forme qu'un pdoncule fort court et son dveloppement reste station- naire partir de ce moment, tandis que l'autre, B', scrte un pdoncule plus long, puis se divise en deux nouveaux individus, G et C, dont le premier; qui est toujours plac du ct de la branche oppos celui o se trouvait l'individu B, ne forme 104 TUDES SUR LES INFUSOIRES qu'un pdoncule trs-court et ne se divise pas davantage, tandis que B' forme un p- doncule plus long et se divise en deux individus D et D'. L'individu D ne se divise pas; mais D' se partage en E et E', et ainsi de suite. Le rsultat final est que chaque branche de l'arbre est compose d'une srie d'individus pdoncule fort court, placs alternativement droite et gauche de la branche. M. Ehrenberg remarque dj que chez son Zoothamnium Arbuscula les pdoncules particuliers chaque individu sont fort courts, mais il ne dit pas qu'ils aient une position aussi rgulirement alternante que chez le Z. allernaiis, et sa figure ne parle pas en faveur d'une telle alternance. Mais chez le Zooth. Arbuscula, la famille est porte par un tronc unique fort long qui se divise subitement en un nombre trs-con- sidrable de branches, ce qui n'est pas le cas chez le Z. alternans, dont les ramifica- tions sont toutes dichotomiques. Lorsque les individus sont contracts sur leur pdoncule, leur corps prend en g- nral une forme un pou recourbe, parce qu'il se contracte d'un ct plus fortement que de l'autre. Le nuclus est recourb en S et plac transversalement. Il a identique- ment la mme forme chez les gros individus que chez les petits. Les gros individus (fig. 3) qui sont sur le point de se sparer de la famille ont une forme presque sphrique, et leur couronne ciliaire est place trs-peu en arrire de l'quateur. Aussi longtemps qu'ils n'ont pas encore atteint leur grosseur dfinitive et qu'ils ne possdent pas encore de couronne ciliaire, ces gros individus ne sont pas contracts en sphre, mais conservent une forme de poire (Fig. 2). Les gros individus atteignent un diamtre de 0'"'", 12. Les petits ont en maximum une largeur de 0""", 058. Le tronc principal de la famille mesure jusqu' 0'""\ 040 en diamtre. Nous avons observ seulement deux familles de cette espce, arraches toutes deux leur point d'attache, dans la mer du Nord, prs de Glesncesholm (cte occidentale de Norwge). -- 5. Zoothamnium glesnicum. (V. PI. II^ Fig. 2.) DiAGNOSE. Fauiille tioiic el brandies minces, slris transversalement et |irscntant des arliciilations ilo distance en distance. Animaux lisses prsentant luic disposition alternative sur les branches de la famille. Cette espce est voisine de la prcdente, bien que les individus qui forment cha- ET LES RHIZOPODES. 105 que famille soient relativement beaucoup plus gros. Elle s'en distingue toutefois faci- lement par la prsence d'articulations distinctes disposes sur toute la longueur du pdoncule. Ces articulations ne sont pas places rgulirement au-dessous de chaque articulation, comme chez le Carchesium Epistylis, et ne sont pas non plus aussi nette- ment dessines que chez celui-ci ; mais elles se trouvent et l, en gnral au nombre d'une ou quelquefois de deux entre chaque bifurcation. Du reste, le tronc est beaucoup plus mince et par suite plus gracieux que celui du Z. allenians. Nous avons nglig de mesurer les individus de cette espce, mais, d'aprs nos dessins, nous pouvons estimer leur taille environ une fois et demie ou deux fois celle du Z. alternans. Nous avons trouv plusieurs fois le Zooth. glesnicum dans la mer du Nord, prs de l'lot de Glesnaes (de l son nom), sur la cte de Norwge. Toutes les familles obser- ves avaient t obtenues au moyen de la pche plagique, et elles taient spares de l'objet qui les portait nagure. 6 Zoothamnium niitans. (V. PI. I, Fig. 3 et 4.) Dur.NOSE. Familles jieu nombreuses, composes en gnral d'un ou deux indiNidus ; pdoncule lisse et articul. Animaux penclis sur leur pdoncule. Cette espce se reconnat au premier abord comme une espce distincte ; mais on peut hsiter quelque temps sur sa position gnrique. Pendant quelque temps, en effet, nous l'avons considre comme une Vorticelle, parce que tous les individus que nous avions rencontrs taient isols. Toutefois, nous ne tardmes pas en trouver d'autres runis deux deux et prsentant d'une manire indubitable les caractres du genre Zoothamnium. Nous ne pouvons affirmer que le Z. nutans ne forme pas de familles plus nombreuses, mais jamais nous n'en avons rencontr qui comptassent un plus grand nom- bre de membres. Malgr cela, le pdoncule n'est point court comme celui du Z. Para- sita, espce dont les familles sont en gnral aussi peu nombreuses. Il est, au contraire, long et en outre grle et tout--fait lisse. De distance en distance, le pdoncule est orn d'articulations trs-videntes, que le muscle traverse, comme chez toutes les espces rameaux articuls, sans subir de modification. Nous avons toujours vu une articula- is 1 06 TUDES SUR LES INFUSOIRES tion presque immdiatement au-dessous de la bifurcation du pdoncule, mais le tronc commun en offre en outre constamment une ou deux autres. Le corps est en gnral inclin sur sa tige, le ct dorsal tourn vers le bas. Le disque vibratile est trs-aplali. La cuticule prsente des stries obliques trs-fines et trs-difliciles apercevoir, qui deviennent cependant plus videntes lorsque l'animal se contracte (V. fig. 4). La vsicule contractile est place beaucoup plus haut que chez aucune des au- tres espces. Elle se trouve immdiatement au-dessous du disque de l'organe vi- bratile. C'est cette espce dont le pdoncule prsente les singulires contractions en zig- zag, dont nous avons parl ailleurs. C'est un infusoire marin, abondant dans le fjord de Bergen, en Norwge, oi il parat rsider de prfrence sur des florides et autres algues. 7 Zoothamnium Aselli. (V. PI. III, Fig. 9 et 9A.) DiAGNOSE. Famille pdoncule iioii ;irticulO, Irs-Opais, portant des individus trs allongs, qui ont tout fait le port de VEpislylis pUcaliUs. Cette espce ne nous est connue que par plusieurs dessins de M. Lachmann. Elle est caractrise par un port beaucoup plus solide et plus vigoureux que les espces prcdentes. Cette vigueur est vraie non seulement du pdoncule, comme chez le Z.alternans, mais aussi des individus eux-mmes. Ceux-ci sont, l'tat d'extension, cylindriques, bien que rtrcis en arrire, tout--fait comme la forme la plus frquente de VEpistylis plicatiUs. Le pristome n'est pas cras et renvers en dehors, comme cela a lieu dans les autres espces. Les individus libres ont la forme d'un disque trs- pais, ou plutt d'un sphrode trs-aplati, portant la couronne ciliaire un peu au- dessous de son quateur. Le nuclus est trs-caractristique, en juger par les dessins que nous avons sous les yeux : il est fort petit, et se prsente sous la forme d'un corps ovalaire situ tout auprs du vestibule. Tous les autres Zoothamniums ont, au contraire, un nuclus en forme de ruban. M. Lachmann ne nous a pas communiqu la mesure des individus isols, qui d- ET LES RIUZOPODES. 107 passent de beaucoup, sans aucun doute, la taille des autres Zoothamnium dcrits. En revanche, il nous apprend que cette espce forme des familles nombreuses, vivant, en parasites, sur VAseUus aqmliciis , et atteignant mme une hauteur de deux Nous avons dj vu que le Z. niveum Ehr. ne peut tre considr comme une espce suffisamment caractrise. Il en est de mme du Z. flavicans de M. Eichwald (2''' Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, p. 44, pi. VIII, Fig. 23.), qui, de l'aveu de cet observateur, ne possde pas de pdoncule contractile et ne montre mme au- cune trace de mouvement! 4'"'- Genre. EPISTYLIS. Les Epistylis comprennent toutes les Vorticellines pdicelles pdoncule non contractile. D'aprs cette dfinition, notre genre correspond aux genres Epistylis et Opercu- laria de MM. Ehrenberg et Stein. En effet, nous ne voyons aucune raison suffisante pour sparer les Operculaires des Epistylis. M. Ehrenberg tablissait entre ces deux genres la mme diffrence qu'entre ses Zoothamnium et ses Carchesium, c'est--dire qu'il ne rservait le nom d'Opercularia qu'aux espces qui portaient, aux aisselles des bi- furcations, des individus plus gros que les autres. M. Stein a object cette distinction que, pendant un laps de temps de cinq annes, il a eu souvent l'occasion d'observer VOpercularia articulata, la seule espce du genre que M. Ehrenberg ait dcrite, mais que jamais il n'a vu trace des gros individus en question. Notre propre exprience vient tout--fait l'appui du dire de M. Stein. Ce dernier pense donc que M. Ehren- berg s'est tromp, et que les gros individus que ce savant a observs n'appartiennent point originairement la famille qui les portait, mais qu'ils taient venus fortuitement se fixer sur elle. Sans approfondir jusqu' quel point M. Stein peut avoir raison dans sa manire de voir, nous remarquerons que dans tous les cas la prsence de ces gros individus ne peut fournir un caractre zoologique suffisant l'tablissement d'un 108 TUDES SUR LES INFUSOIRES genre particulier, et cela par des raisons que nous avons dj numres propos des Zoothamnium. Les Operculaires de M. Stein sont caractrises d'une manire tout aussi insuffi- sante que celles de M. Ehrenberg; leur caractre principal doit consister en ce que la membrane qui revt intrieurement le pristome se prolonge au-dessus de celui-ci, comme une ?iianchette dlicate et transparente , qui forme une espce de lvre inf- rieure oppose l'organe vibratile (lvre suprieure) entour par elle. Or, chez toutes les Operculaires nous connues, la lvre en forme de manchette n'est due qu' une illusion d'optique. Ce n'est pas une membrane ondulante, mais c'est, comme M. Lach- mann' l'a dj remarqu, la range de cirrhes qui descend du bord du disque sur le flanc du pdoncule de l'organe vibratile pour se rendre dans le vestibule. Cette range de cirrhes existe aussi bien chez les Epistylis de M. Stein que chez ses Operculaires. La seule diffrence qu'il y ait entre ces dernires et les premires, c'est que le sillon qui spare le pristome de l'organe vibratile est chez elles beaucoup plus large et plus profond. Chez les Epistylis, M. Stein a bien vu les cirrhes en question, et il a cru qu'ils taient implants, non pas sur le pdoncule de l'organe vibratile, mais sur le bord mme du pristome. Chez ses Operculaires, c'est--dire chez les espces o le sillon tait largement bant, cette mprise n'tait plus possible; aussi M. Stein a-t-il consi- dr, chez elles, la range de cirrhes comme tant une membrane ondulante dis- tincte du pristome. C'est ce qui explique une seconde diffrence que M. Stein trouve entre ses Operculaires et toutes les autres Vorticellines. Les Operculaires, dit-il, sont le seul genre qui n'ait pas de cirrhes sur le pristome. M. Stein n'a donc vu, dans chacun des deux cas, qu'une moiti de la vrit, et en les combinant, on obtient un ta- bleau exact de ce qui existe chez toutes les Vorticellines. En effet, chez toutes on voit surgir, entre le pristome et l'organe vibratile, des cirihes (qui ont t reconnus comme tels par M. Stein, chez toutes, except les Operculaires), et ces cirrhes ne sont jamais implants sur le pristome lui-mme (ce que M. Stein ne reconnat que chez les Operculaires), mais bien sur le pdoncule de l'organe vibratile. La inprise de M. Stein provient essentiellement de ce que cet auteur a mconnu la disposition hli- 1. MUer's Archiv, I806. ET LES RHIZOPODES. 409 codale des cirrhes buccaux chez toutes les Vorticellincs. Chez VOporcularia articidata, par exemple, il dessine, sur le bord du disque vibralilc, trois cercles concentriques de cirrhes. Or, ces prtendus cercles sont dans le fait trois tours de spire, placs pres- que dans le mme plan. Si l'on continue poursuivre riilice partir de ce point, on voit que son inclinaison change considrablement et qu'elle descend rapidement autour du pdoncule de l'organe vibratile. Cette partie de l'hlice est la manchette ou lvre de M. Stein. Les autres diflrences que M. Stein cherche tablir entre ses Epistylis et ses Opcrculaires sont moins importantes et manquent, du reste, en grande partie de fon- dement. Le pristome des Operculaires, dit M. Stein, n'est pas renfl en forme de bourrelet, comme celui des Epistylis. Malheureusement, l'paisseur du pristome n'est pas un caractre bien constant, mme chez une espce donne. D'ailleurs, nous objec- terons M. Stein que son Opcrcularia Lichtensteinii a un bourrelet presque aussi accus que son Epistylis crassicollis\ Puis M. Stein trouve chez les Operculaires une cavit spacieuse situe entre la bouche et l'sophage, cavit laquelle il donne le nom de p/iaryiix (Rachen). Or, cette cavit existe chez toutes les Vorticellincs, comme M. Lachmann l'a dmontr. C'est celle dont nous avons parl sous le nom de vesti- bule. Enfin, d'aprs M. Stein, le pdoncule de l'organe vibratile prend naissance chez les Operculaires une autre place que chez le reste des Vorticellincs, mais il n'en est rien, et la diffrence apparente qu'a cru trouver cet auteur tient uniquement ce qu'il a mconnu l'existence du vestibule chez toutes les Vorticellincs autres que les Opercu- laires. En somme, les difl'rences qui existent entre les Operculaires de M. Stein et les autres Epistylis sont de trop peu d'importance, notre avis, pour servir de base une distinction gnrique ; aussi nous croyons-nous en droit de runir compltement les Operculaires avec les Epistylis. On pourrait, meilleur droit, fonder un genre particulier pour les Epistylis, qui ne 1. Ce caractre du peu d'paisseur ou du manque de rflexion du pristome serait le seul sur lequel on pourrait se baser pour maintenir le genre Opercularia, et peut-tre fei'a-t-on bien par la suite de conserver les Opercidaires comme un sous-genre des Epistylis. Dans ce cas, il faudrait former galement un sous-genre pour les Zootliainniuni qui, comme le Z. Aselli, ont un pristome uon rflchi. 110 TUDES SUR LES INFUSOIRES forment pas de familles et qu'on trouve toujours isoles. Il y aurait alors entre ce genre et les Epistylis prcisment la mme diffrence qu'entre les Vorticelles, d'une part, et les Zoothamnium et Carchesium, d'autre part. Ce genre ne contiendrait pour le mo- ment que l'espce dcrite plus loin sous le nom d' Epistylis brevipes ; mais, comme il n'est pas encore parfaitement dmontr qu'elle ne forme jamais de famille, nous avons prfr lui assigner provisoirement une place dans le genre Epistylis. Nous retrouvons, propos des Epistylis, la dtermination des espces entoures des mmes difficults que chez les Vorticelles. Une simple diagnose ne peut gure suffire bien caractriser chaque forme. Il est donc urgent de possder de bons dessins, et, en outre, d'avoir gard la provenance des familles qu'on observe. Telle espce vit de prfrence sur les jambes de certains insectes, telle autre sur les appendices de di- vers crustacs, une troisime sur des coquilles de mollusques ou sur des plantes, et ainsi de suite. En ayant gard ces circonstances, on parvient reconnatre sans grand'peine peu prs toutes les formes dcrites jusqu'ici. Il est vrai que nous n'ose- rions nous porter garants de la valeur spcifique de toutes ces formes-l. La suite d- montrera, sans doute, s'il n'est pas possible qu'un changement du lieu d'habitation puisse amener certains changements dans le port gnral, le type de ramification du pdoncule, etc., changements qui obligeront peut-tre runir sous un nom commun certaines formes considres jusqu'ici comme spcifiquement diffrentes. ESPCES. Parmi les nombreuses formes dcrites jusqu'ici dans le genre des Epistylis, les suivantes seulement peuvent prtendre subsister comme espces indpendantes : 1. Epistylis plicalilis. Ehr.Infus., p. 281. PI. XXVIII, Fig. 1. Stein. Infus. p. il. PI. I, Fig. 1. 2. Epistylis branchiophila, Perty. Zur Kennt., etc., p. 139. PI. II, Fig. 6. Stein, p. 123. PI. I,fig. 10-11. 3. Epistylis Galea. Ehr. Infus., p. 280. PI. XXVII, Fig. 1. 4. Epistylis anaslatica. Ehr. Infus., p. 281. PI. XXVII, Fig. 2. Stein. Infus., p. 49. ET LES RUrZOPODES. Epistylis digitalis. Elir. Infus., p. 283. PI. XXVIII, Fig. 4. 441 Stein. Infus., 48. 6. Epistylis crassicollis. Stein. Infus., p. 233. PI. VI, Fig. 25. 7. Epistylis flavicans. Ehr. Infus., p. 282. PI. XXVIII, Fig. 2. 8. Epistylis grandis. Ehr. Infus., p. 282. PI. XXVII, p. 3. '.). Epistylis iirticulata {Opercularia Ehv .) . Infus., p. 287. Slein (Opercidaria). Infus., p. 7. PI. II, Fig. 1, 7 et 24. 40. Epistylis Leucoa. Ehr., p. 283. PI. XXVIII, Fig. 3. 41. Epistylis berheriformis Ehr. Monatsbcht. d. Berl. Akad., 4840, p. 499. Stein {Opercularia berherina). Infus., p. 99. PI. II, Fig. 40. 42. Epistylis microstoma {Opercularia St.). Stein. Infus., p. 229. PI. VI, Fig. 24. 43. Epistylis Lichtensteinii {Opercularia St.) Stein. Infus., p. 225. PI. V, Fig. 34. 44. Epistylis stenostoma {Opercularia St.). Stein. Infus., p. 74. 45. Epistylis iiutans. Ehr., p. 284. PI. XXIX, Fig. 4. Stein {Opercularia). Intus., p. 40. Plusieurs de ces espces nous sont compltement inconnues. Ce sont : VE. Galea, VE. crassicollis , VE. grandis, VE. Leucoa, VE. microstoma, VE. Lichtensteinii et VE stenostoma. Les autres ont t trop bien dcrites par M. Ehrenberg, et surtout M. Stein, pour que nous nous arrtions longtemps elles. Une seule de ces espces pourrait nous paratre douteuse, c'est VEp. grandis Ehr., proche voisine de VE. flavi- cans. Toutes deux sont de fort grande taille et portes par un pdoncule extrmement mince. UEpistijlis grandis, que nous ne connaissons pas, a cependant, en juger par les figures de M. Ehrenberg, une forme de cloche plus lgante que VE. flavicans. Les dessins de M. Ehrenberg rendent fort bien la forme gnrale de cette dernire, laquelle nous n'avons jamais vu le pristome vas qui parat caractriser VE. grandis. De plus, le pdoncule si mince de VE. flavicans est bien dcidment parcouru par un canal dans toute sa longueur, comme M. Ehrenberg l'a signal, tandis que VE. grandis parat avoir un pdoncule solide. Une autre particularit intressante de VE. flavicans, c'est que la spire des cirrhes buccaux fait trois tours et demi environ avant d'atteindre l'entre du vestibule. Malheureusement, M. Ehrenberg ne parat pas s'en tre aperu; il dit seulement, propos de VE. grandis, que la couronne des cils vibratiles que 112 TUDES SUR LES INFUSOIRES porte le front (disque de l'organe vibratile) parat double, mais que cette apparence est due une illusion d'optique. Sans vouloir prjuger la question, nous pensons que cette prtendue illusion a peut-tre bien une base plus positive que ne le croit M. Eh- renberg, et que la spire des cirrhes buccaux a chez VE. f/randis, comme chez \'E. fla- vicans et VE. articulata, un parcours plus long que chez la plupart des autres espces du genre. h'E]). flavicans prsente d'ordinaire dans son parenchyme de nombreux corpus- cules peu prs rniformes, runis, en gnral, deux deux. Nous ne pouvons mal- heureusement retrouver parmi nos esquisses rien qui ait rapport ces corpuscules problmatiques. Quelques particularits intressantes relatives aux varits de forme de VEp. plica- tilis seront exposes dans la troisime partie de ce travail. i6 Epistylis invaginuta. (V. PI. I, Fig. 5-7.) DiAGNOSE. Epislylis en forme d coudre, a porislonie i'|iais largenioiU ouvert, munie d"iin nucliHis en forme de lame lgrement arcjue et dirige dans un sens tout-a-fait longitudinal. Disque non onibiliqu. Pdoncule lisse. C'est VEpistijlis hranchiophila que cette espce ressemble le plus par sa forme, bien qu'elle soit moins ventrue. Elle s'en distingue toutefois facilement par son pdon- cule, qui n'est pas stri et dont les branches sont relativement beaucoup plus longues, ainsi que par la forme de son nuclus. Chez VEpistijlis brandi iophlla le nuclus est trs-contourn et dispos transversalement. Chez VE. invaginata, il se prsente sous la forme d'une bande non contourne, mais simplement arque, qui est place tout- -fait longitudinalement, et qui s'tend jusque sous le disque. Nous avons vu une fois un nuclus (Fig. 7.) dont l'extrmit postrieure tait adjacente un corpuscule pyri- forme, de structure parfaitement semblable celle du nuclus lui-mme. C'tait l videmment un fragment de nuclus qui s'tait dtach pour donner naissance des embryons. On voyait, soit dans le corpuscule pyriforme, soit dans le nuclus lui- mme, un certain nombi'e de granules gristres entours chacun d'une aurole plus claire. Nous verrons, dans la troisime partie de ce travail, que le nuclus des infii- soires prend, en gnral, une apparence analogue l'poque qui prcde immdiate- ment la formation des embryons. ET LES RlUZOPODES. 113 UE. invcif/inata adopte une forme tout--1'ait caractristique lorsqu'elle quitte son pdoncule pour mener une vie errante. Elle se raccourcit et s'largit de manire prendre la forme d'un cylindre trs-court, dont le quart postrieur s'invagine dans la partie antrieure la manire d'un tube de tlescope. La couronne ciliaire qui sert la natation est implante dans le sillon form par le repli de l'invagination. Chez tous les exemplaires que nous avons observs, la partie postrieure tait remplie de gra- nules trs-fortement rfringents, qui lui donnaient, sous le microscope, une couleur tout--fait noire. Chez la forme libre, le pristome ne se contracte, en gnral, qu' moiti, et les cirrhes buccaux font saillie l'extrieur. Cependant, c'est bien la partie postrieure qui est dirige en avant pendant la natation. L'E. invaginata atteint une longueur d'environ 0'""% 06, et ne forme pas de fa- milles trs-considrables. Elle vit sur les segments abdominaux de larves d'Hydro- philes. i7 Ep. umlnlicata. (V. PI. III, Fig. 7.) DiAGNOSE. Epistylis pristome peu large et non renvers. Disque de Torgane vibratile, muni en son centre d'un ombilic saillant. Pdoncule large et lisse. Cette Epistylis, de petite taille, ne nous est connue que d'aprs des dessins qui nous ont t communiqus par M. Lachmann. Elle est de forme ovode, un peu rtr- cie en avant, et son pristome, bien que spar du corps par un lger tranglement, n'est point renvers. Le caractre le plus saillant de l'espce est le petit mamelon en forme d'ombilic qui orne le centre du disque. Les kystes de cette espce (PI. III, fig. 8.) sont ovodes et chagrins. h'E. umbilicata vit en parasite sur les larves du cousin fCidex pipiensj , et ne forme que des familles peu nombreuses. iS^ Epistijlis coarctata. (V. PI. I, Fig. 8.) DiAGNOSE. Epistylis pristome non rflchi, et extrmement troit. Disque trs-troit. Coips renfl en son milieu. Nuclus en lame arque, place transversalement. Pdoncule fort mince. Cette Epistylis est si clairement caractrise qu'elle ne se rapproche d'aucune autre, l'exception de VEpisUjlis (Opercularia) stenostoma Stein. Malheureusement, 114 TUDES SUR LES INFUSOIRES M. Stein a nglig de donner une figure de cette dernire. La description qu'il en fait pourrait s'appliquer assez bien notre espce, et nous n'aurions pas hsit considrer celle-ci comme la vraie Ep. stenostoma, si M. Stein n'avait pas l'air d'h- siter sparer son E. (Opercularia) stenostoma de VEpistijlis (Opercularia) articu- lalfi. Or, il est impossible de songer au moindre rapprochement entre nos Epistylis et cette dernire. Aussi pensons-nous que VE. coarctata est bien spcifiquement diff- rente de VE. stenostoma. Cette espce forme des familles peu nombreuses; le plus souvent on ne trouve que des individus- isols, et ce n'est que de temps autre qu'on rencontre des arbres portant trois ou quatre individus. M. Stein dit de son Opercularia stenostoma, que le pdoncule est toujours si court que tous les individus d'une famille, dont le nombre ne dpasse pas quatre six, semblent presque sessiles. Il n'en est pas de mme de notre Epistylis, dont le pdoncule, sans devenir trs-long, atteint cependant une longueur bien plus considrable. En revanche, il est trs-troit, bien plus troit que celui de VE. (Opercularia) stenostoma, en juger d'aprs les termes dont se sert M. Stein. UE. coarctata atteint parfois une taille de 0", 05. La plupart des individus sont cependant un peu plus petits. Cette espce se rencontre et l, soit sur des tts de mollusques, soit sur des dbris de vgtaux. Elle ne ddaigne pas les eaux croupis- santes, et n'est pas rare aux environs de Berlin. 9 i9 Epistylis brevipes. (V. PI. II, Fig. 9.) DiAGXOSE. Epistylis ;i corps long, cjlindriciue, susceptible de se plisser en arrire pendant la contraction. Niiclus ayant la forme d'un disque ovale. Pdoncule large, mais si court, que les animaux ont l'air sessiles. Cette espce rappelle, par sa forme, VEpisti/lis plicatilis, mais elle s'en distingue par la forme de son nuclus et par la circonstance qu'elle ne forme pas de nom- breuses familles en corymbe. Presque toutes les Epistylis ont un nuclus allong, linaire, souvent arqu ou contourn. L'Epistylis brevipes est, au contraire, munie d'un nuclus parfaitement ovale, analogue celui que M. Stein figure chez VEpis- lijlis (Opercidaria) Lichtensteimi. Lorsque l'animal se contracte sur son pdoncule. I ET LES RIIIZOPODES. 145 la partie postrieure du corps se plisse en formant plusieurs invaginations, comme cela a lieu chez VEpistijlis plicatllis. La longueur moyenne de VE. brevipes est de 0""'\ 08 0,09. Elle forme des socits nombreuses sur diverses larves do diptres aquatiques. Les individus sont, en gnral, fixs trs-prs les uns des autres. Si cette espce ne forme vraiment jamais de fa- milles ramifias, elle mriterait de former un genre part. Nous avons observ E. brevipes dans le parc (Thiergarten) de Berlin. Il est possible qu'on doive rapporter au genre Epistylis les animaux dcrits par M. Dujardin sous le nom de Scjjp/ndia rmjosa et de Scyphidia ringens. La premire tait sans doute une Vorticelline qui venait de se fixer et n'avait pas encore form de pdoncule. Quant la seconde, M. Dujardin dit lui-mme qu'elle est munie d'un pdoncule fort court, ce qui sufft pour l'exclure du genre Scyphidia. La Scijphidia patula et la Se. pyriformis de M. Perty sont dans le mme cas'. Quelques autres espces, qui ont t dcrites comme appartenant au genre Epis- tylis, doivent en tre rayes ; ce sont : \ Y Epistylis vegetans Ehr. {Anthophysa Mml- /mBory) qui est ou bien un organisme vgtal, ou bien un infusoire flagell; 2r)). parasitica Ehr., qui est probablement une Diatome, et qui est, dans tous les cas, dcrite d'une manire trop imparfaite pour pouvoir tre reconnue; 3" et 4" VEp. Botrytis Ehr. et Ep. arabica Ehr., qui, toutes deux, ont t observes d'une manire trop incomplte. 5" Genre. SCYPHIDIA. Le genre Scyphidia est form par les Vorticellines sessiles dont la partie post- l'ieure est munie d'un bourrelet ou sphincter, agissant comme une ventouse, pour fixer l'animal aux objets trangers. I . Quant aux espces que M. Ehrenberg a baptises E. Barba, E. euchlora et E. pnvonica, en se contentant d'en donner de simples diagnoses (Monatsbericht d. Berl. Acad. d. Wiss. 1840, p. 199 et 200), elles n'ont pas jusqu'ici t caractrises d'une manire suffisante. La seconde est sans doute une E. plicalilis ou qMcl(pi'aulre espce connue, rendue verte par un dpt de chlorophylle. 116 TUDES SUR LES INFUSOIRES Le genre Scyphidia a t cr par M. Dujardin pour les Vorticelles sessiles. Nous le circonscrivons encore davantage en introduisant le caractre du bourrelet qui sert distinguer les Scyphidia des Gerda. M. Lachraann a dj remarqu que le genre Scy- phidia de M. Dujardin ne contient pas une seule vritable Scyphidia, et c'est lui qui, le premier, a dcouvert des animaux appartenant rellement ce genre. Les deux espces de Scyphidia jusqu'ici connues vivent en parasites sur la peau de mollusques d'eau douce. Il est probable qu'elles sont, comme les autres Vor- ticellines, susceptibles de mener une vie errante, en se mouvant l'aide d'une couronne ciliaire postrieure. Toutefois, elles ne sont pas encore connues sous cette forme. ESPCES. i Scyphidia limacina Lachm. Muell. Arch., 1856, p. 348, PI. XIII, Fig. 5. Syn. Vorl. limacina Otto-Fr. Muoller. UlAGNOSE. Corps presque cjlindrique, aminci ses deux extrmits ; pristouie non rflchi ; Spliincter pais. Nous nous contentons de renvoyer au Mmoire de M. Lachmann, dans lequel cette espce est dcrite et figure. Elle vit sur de petites espces de Planorbes. 2 Scijphidia physarmn Lachm. Mueller'sArch., p. 349. (V. PI. III, Fig. 10-44.) DiAr.NOS. Corps rgulirement cylindrique, non rtrci ses deux extrmits ; pristome susceptible de se rfl- chir ; Sphincter mince. Cette espce a beaucoup de rapport avec la prcdente. Elle est, comme elle, an- nele, et, chez toutes deux, le disque vibratile est muni d'un ombilic saillant en son milieu. Toutefois, le pristome del Se. physamm est beaucoup plus large et suscep- tible de se renverser en dehors. Sa partie postrieure n'est point rtrcie. Son nuclus est lgrement recourb. Elle habite aux environs de Berlin, sur la peau de la Physa fontinalis. La Scyphidia rurjosa Duj., la Se. ringens Duj., la Se. pahda Perty et la Se. pyri- formis Perty ne sont pas de vraies Scyphidia, ainsi que nous l'avons dj remarqu, mais des Vorticellines rcemment fixes et imparfaitement observes. ET LES RHIZOPODES. 117 6" Genre. GERDAV Les Gerda sont des Vorticellines sessiles comme les Scyphidia, dont elles se dis- tinguent par l'absence du sphincter postrieur ou ventouse fixatrice. Tandis que les Scyphidia sont des parasites vivant sur la peau des mollusques, les Gerda vivent dans l'eau, au milieu des conferves et de diffrentes plantes aquati- ques. Nous n'avons jamais aperu chez elles aucun organe qui pt leur servir se fixer aux objets trangers, mais nous les avons trouves gisant entre des algues et reposant simplement sur elles. Toutefois les Gerda ne sont point des Vorticellines vie toujours errante, comme les Trichodines. Elles prsentent, au contraire, comme la plupart des genres de la famille, deux phases distinctes, savoir : une phase immobile durant la- quelle elles sont dpourvues de cirrhes locomoteurs, et une phase errante pendant laquelle elles sont munies d'une couronne ciliaire postrieure. ESPCES. Gerda Glans. (V. PI. II, Fig. 5-8.) DuGxoSE. Corps allong, cylindrique ou allong en arrire en massue et susceptible de prendre, pendant la con- traction, une forme de gland. Vsicule contractile, situe dans la partie postrieure du corps, et se continuant en un long vaisseau. V Lorsque la Gerda Glans est tendue, la partie postrieure de son corps forme une masse assez large, qui va s'amincissant en avant (Fig. 5) pour se confondre dans la partie antrieure. Celle-ci forme un long cylindre stri transversalement et suscep- tible de s'inflchir en sens divers. Lorsque l'animal est demi contract (Fig. 7), il prend une forme plus exactement cylindrique ; cependant on peut distinguer en lui deux parties de diamtre diffrent. Le tiers postrieur forme un cylindre large et court sur lequel le reste de l'animal repose comme un cylindre plus long et un peu plus troit. C'est l le premier passage la forme de gland que l'animal peut prendre dans certaines circonstances, comme nous allons le voir. Dans cet tat de demi-con- 1. Nom tir de la mythologie Scandinave. 118 TUDES SUR LES INFUSOIRES traction, la Gcnhi Glans laisse souvent apercevoir, son extrmit postrieure, une espce de petit ombilic saillant. Peut-tre cet ombilic est-il destin permettre son adhrence aux corps trangers. C'est ce que nous n'avons pu constater. Lorsque la Gerda Glans passe la phase errante, elle se contracte encore davan- tage, et la diffrence de largeur entre les deux cylindres que nous venons de men- tionner devient beaucoup plus sensible. Ils se prsentent alors sous la forme de deux lments de longue-vue invagins l'un dans l'autre; seulement, c'est ici la partie antrieure qui est invagine dans la postrieure. Les stries ou sillons transversaux deviennent en mme temps plus vidents sur la partie antrieure, mais la partie pos- trieure reste lisse (V. Fig. 7). En effet, la partie qui s'tend du pristome au repli de l'invagination est la seule qui se contracte; ce qui est au-dessous n'est pas sensible- ment modifi par les mouvements de contraction. Cette partie lisse se munit d'un sillon circulaire transversal qui dlimite une sorte de bourrelet situ l'extrmit tout- -fait postrieure. C'est dans ce sillon que sont implants les cils de la couronne ciliaire postrieure. Dans cet tat, la Gerda peut se contiacter encore davantage (Fig. 8), et sa forme devient alors trs-comparable celle d'un gland. La partie antrieure et fortement contracte parat reposer sur la partie postrieure comme un gland sur sa cupule. Sous cette forme, l'animal nage librement travers les eaux, le pristome l'arrire. Le disque de l'organe vibratile est trs-troit, et le pristome n'est pas rflchi. Le vestibule et l'sophage forment un canal trs-allong, mais qui, nanmoins, vu la grande longueur de la Gerda Glans ne s'tend gure que dans le tiers antrieur du corps (l'animal tant suppos l'tat d'extension). Le nuclus se prsente sous la forme d'un long ruban un peu sinueux, qui, dans la partie postrieure du corps, se recourbe pour former une branche plus ou moins horizontale et sinueuse. Il arrive frquemment que cette partie du nuclus se spare du reste et se divise en un certain nombre de corpuscules ovalaires (Fig. 6 et 7), dont les proprits optiques sont iden- tiques celles du nuclus. Ces fragments sont, sans aucun doute, le premier signe de la formation des embryons. Lorsque la Gerda se contracte, elle se raccourcit tellement, que le nuclus est oblig de se contourner pour trouver place. La vsicule contractile de la Gerda Glans n'est point situe dans le voisinage du ET LES RHIZOPODES. '119 vestibule, comme l'est celle de la plupart des Vorticellines, mais elle se trouve dans la partie tout--fait postrieure du corps. De cette vsicule part un vaisseau, toujours trs-distinct, qui se dirige d'abord horizontalement, ou mme incline vers l'arrire, pour se recourber bientt vers lu partie antrieure et remonter le long du nuclus jusque dans le voisinage du disque vibratile. et l, on peut apercevoir des ramus- cules extrmement fins, partant du vaisseau principal. Une fois nous avons vu (Fig. 6) le vaisseau principal , arriv au niveau de la partie infrieure de l'sophage, se recourber pour former une branche descendante parallle la branche ascen- dante. Dans son tat d'extension, la Gerda Glaus atteint jusqu' 0,2"i'" de longueur. Nous l'avons rencontre plusieurs reprises dans les tourbires de la Bruyre-aux-Jeunes- Filles {Jimgfernhaid), prs de Berlin. C'est la seule espce du genre qui nous soit connue. 7- Genre. -OPHRYDIUM. Les Ophrydium appartiennent la subdivision des Vorticellines cuirasses. M. Eh- renberg avait mme choisi ce genre comme type de sa famille des Ophrydina, carac- trise par la prsence d'une cuirasse. Cependant les Ophrydium sont prcisment le seul genre de celte famille qui n'ait pas de vritable cuirasse. La seule espce connue, VOp/trydium versatile, forme des masses glatineuses, colores en vert, que nous avons souvent trouves, en grande abondance, dans les marais de Pichelsberg, prs de Spandau. M. Ehrenberg admettait que ces masses, dont la grosseur dpasse souvent celle du poing, sont formes par une agglomration de fourreaux glatineux. MM. Frant- zius' et Stein ne partagent pas la manire de voir de M. Ehrenberg, et ils consid- rent la substance glatineuse comme formant une masse compacte sur laquelle les individus sont implants, mais dans l'intrieur de laquelle ils ne peuvent jamais se retirer. Nous ne pouvons que nous ranger l'avis de ces auteurs, sans toutefois vou- I. Analecta ad Ophrydii vprsalilix liistoiiam naluraleni. Vralislavhe MDCCCXLIX. 420 TUDES SUR LES INFUSOIRES loir contester, comme M. Stein, l'analogie de la masse glatineuse avec le fourreau d'une Cothurnia, par exemple. Chaque Ophrydium est port par un pdoncule non contractile, qu'on peut pour- suivre pendant un certain temps dans l'intrieur de la masse glatineuse, avec laquelle il finit bientt par se confondre. M. Frantzius admet que les pdicules se continuent jusqu'au centre de la masse, ce qui n'est pas improbable, bien que nous n'ayons jamais russi (pas plus que lui-mme) les poursuivre jusque-l. Cet observateur pense, de plus, que, lorsqu'un Ophrydium se divise, la division s'tend aussi au pdoncule. C'est l une manire de voir laquelle nous ne pouvons pas nous associer. Le pdoncule des Ophrydium n'est certainement pas plus soumis la division spontane que celui des autres Vorticellines. Suppos qu' l'aide de certains ractifs chimiques, on' par- vnt dmontrer dans l'intrieur de la masse glatineuse des ramifications dichoto- miques du pdoncule (et cela est fort probable, bien que cela ne nous ait pas encore russi), cela ne prouverait point que ce pdoncule soit susceptible de division spon- tane. Il est bien plus probable que les choses se passent ici comme chez les Epistylis et les autres genres pdoncule ramifi. M. Stein pense que le pdoncule des Ophrydium n'est qu'un produit artificiel {Kunst' prodict), une condensation de la substance de la sphre glatineuse dans une direction radiaire, condensation qui serait dtermine par les contractions frquentes de l'ani- mal sur son point d'insertion. Cette opinion se base sur ce que la masse glatineuse, tant videmment scrte par la partie postrieure du corps, doit tre, elle-mme, l'analogue du pdoncule des autres Vorticellines. Sans cela, dit-il, l'origine de cette substance serait compltement inexplicable. Sur ce point, nous ne sommes pas d'accord avec M. Stein, et nous croyons que le pdoncule des Ophrydium a une existence anatomique aussi positive que celui des Epistylis. Sans doute le pdoncule et la masse glatineuse sont tous deux scrts par la surface du corps, mais cela n'empche point qu'ils soient, ds l'origine, distincts l'un de l'autre. Nous voyons plusieurs Cothurnies se former en mme temps un pdon- cule et un fourreau. La masse glatineuse des Ophrydium est morphologiquement identique au fourreau des Cothurnies. Pdoncule et fourreau sont sans doute deux pro- ET LES RllIZOPODES. 1 21 (ludions de mme ordre; mais, puisqu'on les distingue chez les Cothurnies, il n'y a pas de raison pour les confondre chez les Ophrydium. Nous ne dcriions pas en dtail Y Ophrydium versatile, qui a t suffisamment tudi par MM. Ehrenberg, Frantzius et Stein. (Voyez surtout la figure publie par ce dernier : Infus., PI. IV, Fig. II). 8' Genre. COTHURNIA. Les Cothurnia sont des Vorticellines cuirasses possdant une vritable coque, fixe aux objets trangers par sa partie postrieure. M. Ehrenberg a caractris son genre Cothurnia d'une manire un peu diffrente que nous. Ses Cothurnia sont des Ophrydines coque ou fourreau pdicell, ce qui les distingue de ses Vaginicoles, dont la coque est sessile. M. Dujardin, remarquant avec raison que le fourreau de la Vafjinicola crystallina Ehr. est souvent port par un pdon- cule trs-court, refuse d'admettre le genre Cothurnia de M. Ehrenberg. M. Stein, qui nous a fait connatre plusieurs Cothurnia nouvelles, appuie galement sur le fait que l'existence ou l'absence du pdoncule ne peuvent nullement servir ici la distinction des genres. Pour ce qui nous concerne, nous avons non seidement trouv la coque de la Vayinicola crystallina Ehr. porte par un pdoncule trs-court, mais encore nous avons vu parfois l'animal muni lui-mme d'un pdicule assez long et non contractile dans l'intrieur de la coque. C'est cette varit-l dont M. Eichwald a fait une espce particulire, sous le nom de Vaginicola pedimculata (3'*"' Nachtrag z. Infusorienkunde Russlands. Moscau, 4852, p. 124., PI. VI, Fig. 12), et qu'il considre bien tort comme un passage au genre Tintinnus. Chez la Cothurnia nodosa, nous avons toujours vu la coque pdicelle, mais l'animal lui-mme tait tantt fix directement au fond de celle-ci, tantt port lui-mme par un pdicule assez long. Il est donc impossible de conserver les deux genres Vaginicola et Cothurnia comme ils ont t tablis par M. Ehrenberg. 11 faut par suite, ou bien rayer compltement le i2'2 TUDES SUR LES INFUSOIREs genre Cothurnia de la nomenclature, comme l'a fait M. Dujardin, et alors il faut changer le nom gnrique des nombreuses Cothurnies qu'a dcrites M. Stein, ou bien il faut restreindre le nom de Vaginicola la Vaf/micola decumbens Eiir., qui s'loigne suffisamment des autres pour former un genre particulier ; et, dans ce cas, les deux autres espces de Vaginicoles dcrites par M. Ehrenberg deviennent des Cothurnies. Nous nous sommes dcids pour cette seconde alternative. ESPCES. Parmi les espcel; de Cothurnies jusqu'ici dcrites, celles qui ont le droit positif d'tre considres comme des formes indpendantes sont les suivantes : i. Cothurnia crystallina ^=Va(jinicola crtjstallina^Xvc. Infus., p. 295, PI. XXX, Fig. V. Duj. {Vaginicola). Infus., p. 563, PI. XVI bis, Fig. VI. Stein {Vagini- cola). infus., p. 35 et suiv. . Cothurnia imberbis Ehr. Infus., p. 207, PI. XXX, Fig. VII. Stein. Infus., p. 85. 3. Cothurnia maritima Ehr. Infus., p. 298, PI. XXX, Fig. VIII. Stein. Infus., p. 223. 4. Cothurnia Pu/pa Eichwald. 2''' Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, p. Wd, PI. IV, Fig. 24. 5. Cothurnia Aslaci Stein. Infus., p. 229, 231, PI. VI, Fig. 20-22. 6. Cothurnia Sieboldii Stein. Infus., p. 229 et suiv., PI. VI, Fig. 17-18. 7. Cothurnia curva Stein. Infus., p. 229, PI. VI, Fig. 19. 8. Cothurnia tinctu Vaginicola tincta Ehr. Infus., p. :296, PI. XXX, Fig. IV. Quatre d'entre elles, savoir : la C. maritima, la C. Papa, la C. tincta et la C. curva, nous sont compltement inconnues. Les autres sont trop bien connues, grce surtout aux diligentes observations de M. Stein, pour que nous ayons besoin de nous arrter elles. Nous remarquerons seulement, propos de la Colh. Sic'- boldii, que nous l'avons trouve Berlin, pour ainsi dire, sur chaque crevisse lluvialile (sur les branchies), ce qui concorde tout--fait avec ce que M. Stein dit de la fr- quence de cet animal. ET LES RHIZOI'ODES. '123 9. Col/iuniia nodosa. (Y. PI. 111, Fig. 4-5.) DiAG.NOSE. Colliuriiia coi[iie iiicdloc, cyliiidrique ou lgienieiit ivlri-cii' eu a\;iiil; pcdoiiculf muni d'un rcn- tleuicut OH bourrelet circulaire au niveau de la hase de la coque. Cette Cothurnia est videmment trs-proche parente de la C. cnjslallina et de la C. maritima. Les animaux de ces trois espces ne prsentent aucune diffrence saillante. Les signes dislinctifs se bornent aux coques et aux pdoncules. Si l'on ne considre que la forme normale de chacune de ces trois espces, on peut trouver dans le pdoncule un critre de distinction assez commode. En effet, chez la C. crijslallina la coque est ses- sile et l'animal l'est aussi ; chez la C. maritima, l'animal est sessile dans sa coque, mais celle-ci est porte par un pdoncule; enfin, chez la C. nodosa, ni l'animal ni la coque ne sont sessiles, et la partie du pdoncule, qui est l'intrieur de la coque, est mme, en gnral, plus longue que celle qui est l'extrieur. Malheureusement, ces diffrences ne sont pas immuables, puisque, d'une part, on trouve des C. crystallina, dont la coque est porte par un pdoncule trs-court, il est vrai, ou mme dont l'ani- mal est pdicell l'intrieur de la coque, et que, d'autre part, on trouve assez fr- quemment des C. nodosa qui sont sessiles dans une coque pdicelle. Une autre ditfrence entre la coque de la C. nodosa et celle de ses deux voisines consiste en ce que sa surface n'est point parfaitement unie, mais prsente une ou deux dpressions circulaires ou tranglements annulaires (V. Fig. -4). Toutefois, cette dif- frence a aussi ses exceptions, cai- on rencontre des exemplau'es chez lesquels ces tranglements sont si insignifiants qu'on peut les considrer comme nuls ou peu prs. Enfin, il est une particularit que nous avons remarque chez tous les individus, sans exception, de la C. nodosa, c'est la prsence d'un renflement du pdoncule en forme de bourrelet circulaire. Ce renflement occupe une place variable : tantt il est situ immdiatement au-dessous de la coque, qu'il semble soutenir, tantt il est ap- pliqu galement contre le fond de la coque, mais l'intrieur de celle-ci. Chez les individus dont le pdicell se continue l'intrieur de la coque, il n'est pas rare de trouver un second renflement, tout semblable, au point o le pdoncule est uni la base de l'animal. 124 TUDES SUR LES INFUSOIRES Nous n'aurions pas hsit considrer notre C. nodosa comme la C. maritima de M. Ehrenberg, si M. Stein n'avait donn une description circonstancie et des figures de celle-ci sans faire aucune mention du renllement circulaire. Il n'est pas admissible que cette particularit ait pu chapper cet observateur, d'autant plus qu'il a tudi tout particulirement le pdoncule de cette espce dans le but d'y trouver de bons caractres spcifiques. La taille do la C. nodosa est la mme que celle de la C. maritima. C'est une forme marine que nous avons trouve en abondance prs de Valliie, dans le fjord de Christiania, fixe sur des Ceramium et sur diverses espces de Diatomaces. 10. Cof/mrnia compressa. (V. PI.TlI, Fig. 2-3.) DiAGNOS. CoUiiiniia coque iiRolore, dont la partie antrieure est eompriuie de manire ne prsenter qu'nne oiiverlure en forme de l'ente troite. L'animal, qui ne prsente pas de particularit digne d'tre note, si ce n'est la profondeur du sillon qui spare le pristome de l'organe vibratile, est port par un pdoncule trs-large et trs-court, qui prsente un renllement analogue celui de la Cothurnia nodosa, mais beaucoup plus fort. Ce renflement est toujours log l'int- rieur de la coque. La surface de celle-ci forme une courbe telle que, pour tre par- faitement rgulire, elle devrait se fermer au-dessus du renflement; mais, au lieu de cela, elle s'largit de nouveau pour envelopper compltement celui-ci. Vue de face, la coque prsente une ouverture trs -large, en arrire de laquelle elle est un peu trangle. Vue de profil, l'ouverture est au contraire trs-troite. La compression concerne l'une des faces un beaucoup plus haut degr que l'autre. Cette face-l parat en consquence fortement bombe en son milieu (Fig. 3). La longueur de la coque est d'environ 0"^"% 14. La C. compressa est une espce marine que nous avons trouve assez frquemment dans les environs de Glesnsesholm, prs de Sartoroe (cte occidentale de Norwge). Elle habite sur des Bowerbankia et autres bryozoaires, sui' des Ceramium et diffrentes autres espces d'algues. ET LES RHIZOPDES. 125 a. Cothurnia recurva. (V. PI. IV, Fig.. 9-10.) DiACHOSE. Colliuniia coque pdicelloe, ventrue, donl la [larlie antrieure est rlrcic, recourbe et munie d'une ouverture circulaire. Cette espce ne nous est connue que par des dessins qui nous ont t communi- qus par M. le prof. Christian Boeck, de Christiania. La forme de sa coque la distingue suffisamment de toutes les espces prcdentes. Elle vit en parasite sur des Cyclopes marins qui s'battent au milieu des ulves. M. Boeck l'a observe Sandefjord (cte mridionale de Norwge). Le rapport de sa longueur sa largeur est de 315 : 127. i2. Cothurnia Boeckii. (Y. PI. IV, Fig. 11.) DiACNOSE. Cotburnia coque transparente, vcrdlrc, cjlindrique et orne d'un sillon spiral. La partie post- rieure de la coque est d'abord horizontale, puis elle se coude subitement pour prendre une position verticale. Cette espce ne nous est connue que par trois dessins de M. le prof. Boeck. Elle n'a de rapport avec aucune des espces dj dcrites. Une impression spirale se voit sur chaque coque, courant depuis l'ouverture jusqu' la rgion postrieure. Le bord de l'ouverture est largement rflchi. M. Boeck ne nous a pas communiqu de dessin de l'animal lui-mme, mais seulement de sa coque. Cependant la description des mouvements de cet animal, telle qu'elle est contenue dans ses notes, ne peut per- meltre de douter que ce ne soit rellement une Vorticelline. L'espce rentre donc cer- tainement dans le genre Cothurnie. La C. Boeckii a t observe par M. Boeck, en 1843, prs de Christiansund (cte occidentale de Norwge), sur la Serpula Filor/rana (Filofjrana implcxa Derk.), recou- vrant des valves de Mytilus. L'animal, que M. Ehrenberg dcrit sous le nom de Cothurnia havniensis (Infus., p. 298, PI. XXX, Fig. IX), ne peut tre une vritable Cothurnia, comme M. Stein l'a dj remarqu. En effet, il est librement suspendu dans l'intrieur de sa coque, comme une Lagenophrys, ce qui n'arrive jamais chez les Cothurnies. Les dessins de M. Ehren- berg rappellent tout--fait un Acineta (il. compressa), trs-commun dans la mer du 126 TUDES SL'R LES INFUSOIRES Nord, et nous lui aurions rapport sans hsiter la prtendue Cothuniia haimiensis, si M. Ehrenberg ne parlait du tourbillon produit par les cils vihnUiles de cette der- nire. La Cothurnia Floscularia de M. Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 437, PI. II, Fig. 5) est trop imparfaitement observe pour qu'on puisse lui assigner une place dans le sys- tme. D'une part, sa coque est tellement semblable celle de la Cothurnia imberbis qu'on serait tent de la runir celle-ci, bien que M. Perty l'ait trouve sur des Cal- litriche (la Cothurnia imberbis vit en parasite sur les Cijdopsine), et d'autre part, M. Perty donne de- l'animal une description telle que, si l'on voulait la prendre au pied de la lettre, il faudrait rayer la Cothurnia Floscularia non seulement du genre Cothurnia, mais encore de la famille des Vorticellines. Quant la Cothurnia f?J perle- pida Bailey (Smithsonian Contr. to Knowledge. Nov. 1853), c'est un Tintinnus (T. drn- ticulatus Ehr.). 9'= Genre. VAGINICOLA. Les Vaginicoles sont des Vorticellines cuirasses dont le fourreau adhre aux ob- jets trangers par l'un des cts, lequel se prolonge, en outre, au-del de l'ouver- ture. ESPCE. Vaginicola deciimbens Ehr. Infus., p. !29(i, l'I. XXX, Fig. 6. (V. PI. III, Fig. 6.) DiAGNOSK. Co<|in' liiune ;i ciinloiii- ovale; lioi'il adlireiit di' roiivertnre so relevant et se rIlOeliissaiil vers l'intrieur. Cette espce, dj bien figure par M. Ehrenberg, se rencontre et l aux envi- rons de Berlin, sur les racines des lentilles d'eau. L'animal est tout--fait semblable celui des Gothurnies. Son nuclus, non encore dcrit jusqu'ici, est une longue bande sinueuse, tout--fait analogue au nuclus de la Cothurnia crystallina et de VOphrij- dium versatile. Lorsque l'animal s'tend hors de sa coque, il se courbe presque angle droit autour du bord non adhrent de celle-ci. KT LES RIIIZOPODES. 127 La Vaginicola cnislallina Ehr. et la V. tiiicla Elir. se trouvent maintenant places dans notre genre Cotliurnia. La Vagiincola (jrandis Perty est simplement une grande varit mal observe de la Cof/inmia crijsfaUina, comme M. Stein l'a dj remarqu. La Var/. pediinadata Eichw. (Dritter Naclitrag zur Infusorienkunde Russlands, p. '124j n'est qu*^ la varit pdi- celle de cette mme espce. Enfin, la Vcujin. ovata Duj. est un jeune individu de la mme espce, dont le fourreau n'est pas encore termin. La Vag. Avipiilhi de M. Ehrenberg n'a pas t observe par cet auteur lui- mme. Elle ne repose que sur une figure {Vorticella mpulla) d'Otto-Friederich Mueller. Cet animal appartient au genre Freia, et n'est donc pomt une Vorti- celline. La Vag. sidmlata Duj. et la Vag. iuqiiilina Duj. ne sont point des Vorticellines, mais des Tintinnus. \0' Genre. L A G E N P H U Y S. Le genre Lagenophrys a t tabli par M. Stein, pour les Vorticellines cuirasses qui ne sont point fixes au fond de leur coque, mais librement suspendues l'ouver- ture de celle-ci. M. Stein, qui a tudi ce genre avec beaucoup de soin ', nous a fait connatre trois espces qui s'y rapportent, et auquel il donne les noms de L. Vaginicola, L. Ampulla etL. Nassa. La premire, qui habite sur les extrmits et la queue de la Cyclopsine Sta- phylimis, n'est pas rare aux environs de Berlin (M. Stein l'a observe Niemegkl. Les deux autres, qui vivent sur des Gammarus, ne nous sont pas connues. Nous avons observ une quatrime espce, sur des Cypris, Jussy, prs de Genve ; malheureuse- ment, les dessins qui se rapportent elles se sont gars sur la route de Berlin Genve. I. Vuv. SU'iH. Die InrusiuiisUiicrc, elc, p. 88-95. 128 TUDES SUR LES INFUSOIRES Nous nous contentons de renvoyer l'ouvrage de M. Stein pour l'tude de ce genre intressant, dont la constitution anatomique est parfaitement semblable celle des autres Vorticellines. 1^ Genre. T R IC 11 OD 1 1\ ES. Les Tricliodines sont des Vorticellines, toujours libres, qui nagent dans les eaux au moyen d'une couronne ciliaire postrieure persistante, et dont la partie postrieure est munie d'un appareil fixateur, en forme de ventouse, compos d'un cercle rsistant et d'une membrane dlicate. Les Trichodines connues seulement d'une manire superficielle, par les recher- ches de MM. Ehrenberg et Dujardin, ont t soumises un examen minutieux par M. Stein, auquel nous devons une bonne description des deux espces de genre jus- qu'ici connues : la T. Pedicuhis Ehr. et la T. Mitra Sieb. Nous ne reprendi'ons pas ici, ab ovo, un travail qui a dj t fait par M. Stein, nous contentant de renvoyer le lecteur son ouvrage, mais nous relverons certains points oi nos observations diffrent des siennes. M. Stein a reconnu juste titre que, ce qu'il nomme chez les Trichodines la partie antrieure du corps, est l'homologue de l'organe vibratile des Vorticellines. Tout au- tour de cet organe, il dessine un sillon dans lequel est implant le cercle des cirrhes buccaux. Ici M. Stein a vu les choses un peu plus exactement que chez les autres Vorticellines; car, bien qu'il ne paile que d'un cercle, il dessine, chez la T. Pediculus (V. Stein, PI. VI, Fig. 54), une spirale bien vidente, qui descend dans le vestibule. Cette reprsentation est parfaitement exacte cl ne pche que parce que la spire n'est pas dessine dans sa totalit. Il en manque la partie suprieure, qui n'est pas loge dans le sillon, mais qui est implante sur une arte passant au-dessus de l'entre du vestibule. M. Busch ' a reprsent d'une manire bien plus juste le parcours de la spirale des I. y.iii' Analoinie lier Tritliodina. Muller's 1855, p. 357. ET LES RHIZOPODES. 1 29 cirrhes buccaux cliez cette mme T. Pedicidus. Toutefois, si ses descriptions sont justes, ses figures, un peu trop thoriques, laissent beaucoup dsirer. Chez hi T. Mitra, M. Stein dcrit la distribution des cirrhes d'une manire bien moins exacte. L'organe vibratile est, selon lui, bomb en forme d'une coupole, au pied de laquelle, sur le ct, est place la bouche (entre du vestibule). De l'ouverture buccale, M. Stein fait monter une range de cirrhes jusqu'au sommet de la coupole, puis il la fait redescendre, de l'autre ct, jusqu' rai-hauteur de cette coupole. En outre, il d- crit une seconde range de cirrhes, qui, partant galement de l'entre du vestibule, se dirige en sens contraire et descend sur le ct du corps, pour cesser aprs un parcours peu considrable. Ces deux ranges forment donc une zone de cirrhes verticale, per- pendiculaire au plan de la couronne -ciliaire postrieure, et cette zone doit corres- pondre au cercle ciliaire horizontal (spire buccale) de la T. Pediculiis. Nos ob- servations ne s'accordent nullement avec ces donnes de M. Stein. Nous ne pouvons trouver aucune diffrence essentielle entre la spire buccale de la T. Mitra et celle de la T. Pediculus ou celle des autres Vorticellines. Nous reprsentons sur une de nos planches la T. Mitra (parasite de la Planaria torva) vue de profd (V. PI. IV, Fig. 7). La forme que nous donnons l'animal est celle qu'on a le plus souvent l'occasion d'observer : l'axe du corps est trs-fortement inclin sur le plan de l'organe fixateur, tandis que le plan du disque vibratile est peu prs parallle ce dernier : a h est la partie de la spire buccale qui est situe sur la face ventrale et le ct gauche ; h c (non visible dans la figure) est la continuation de cette spire sur le dos et le ct droit; en c la spire reparat sur la face ventrale et descend par l'entre (o') du vestibule dans l'intrieur de celui-ci. Jamais nous n'avons pu voir d'autres cirrhes que ceux-l. En particulier, il n'en existe pas qui, partant de l'entre du vestibule, descendent sur le ct du corps. M. Stein nous a donn une description exacte de l'appareil fixateur des deux espces dj mentionnes, et il a constat que leur organe moteur est une couronne de cils vibratiles et non une membrane ondulante, eomme l'avait cm M. de Siebold. M. Busch a depuis lors mis une opinion intermdiaire. Il pense que les cils sont libres seule- ment prs de leur pointe, mais qu'ils sont intimement unis les uns aux autres prs de 130 TUDES SUR LES INFUSOIRES leur base. L'organe moteur serait donc une membrane ondulante dont le bord libre s'effi- lerait en cils. Nous pensons cependant que cette opinion n'est pas fonde, et que les cils sont indpendants les uns des autres, comme c'est l'opinion de M. Stein. Il est parfaite- ment vrai qu'on ne peut poursuivre en gnral chaque cil jusqu' sa base, mais cela provient uniiiuement de ce que les cils, dans leurs mouvements, ne divergent pas au- tant leur base qu' leur pointe. M. Stein reproche MM. E hrenberg et Dujardin d'avoir mconnu les dents internes du cercle apparence corne de l'appareil fixateur chez la Tr. Pediculus. Toutefois, il existe bien rellement une espce chez laquelle ces dents font dfaut. Nous-la ddions M. Stein, et ces trois espces se caractrisent par suite de la manire suivante : i Trichodina Mitra. Sieb. Vergl. Anal., p 12. DiAGNOSE. Triiliodine cercle de rdrj^anc Kxateur, dpomvii de dents. (V. Stein. Die liifusionslliieie, p. 174 et suiv., pi. VI, fig. ".) 2 Trichodina Pediculus. Ehr. M., p. 2G5, pi. XXIV, fig. IV. (Syn. Urceolaria Slellinu Diij. Inf., p. S27, pi. XVI, iig. 2.) DUGSOSE. Triehodine cercle de l'organe fixateur dentel, soit en dedans, soit en deliois. ;V. Stein. Die lufnsiunslliiore, p. 175 et suiv., pi. VI, lig. jS-.'ici.) 3 Trichodina Steiiiii. (V. Pl.TI, Fig. (3-7.) DiAGNOSE. Tridiodine cercle de l'organe lixateur, dentel seulement en dehors. Nous avons observ cette espce une seule fois, en 1855, mais en grande abon- dance. C'tait, sauf erreur (car nous avons malheureusement nglig de noter ce point important), sur des Planaires. Cette espce nous a prsent une particularit intressante. Lorsqu'on la consi- dre d'en haut (V. PI. IV, Fig. 6), c'est--dire perpendiculairement au plan du disque vibratile, on distingue plusieurs cercles concentriques, dont, tantt les uns, tantt l.es autres, deviennent plus distincts, selon qu'on lve ou qu'on abaisse le foyer du micros- cope. Le cercle le plus externe est form par la priphrie du corps, et il est suivi de prs par un autre {d), (jui est le contour du disque vibratile (nous n'en avons pas des- sin les cirrhes afin de ne pas embrouiller la figure). Le cercle le plus interne (c) est le cercle apparence corne de l'organe lixateur. Parfois on peut aussi distinguer, chez ET I.KS IIllZ(tPODES. 134 les individus trs-transparenls, le cercle {m) qui correspond au bord libre de la mem- brane de cet organe. Enlin, on aperoit un dernier cercle (p), situ immdiatement en dedans du contour du disque vibratile ((/), cercle qui prsente des dentelures ou pointes saillantes en dedans. Ce cercle reste distinct pour des hauteurs trs-diff- rentes du foyer, ce qui montre qu'il ne reprsente que la coupe d'un cylindre ver- tical. Nous ne pouvons reconnatre dans ce cylindre cannel que la limite interne des parois du corps. En dehors de ce cercle se trouve le parenchyme, en dedans est la cavit digestive. Si cette manire de voir est exacte, il est intressant de noter l'exis- tence des cannelures de cette paroi du corps, qui rappelle quelque peu les palis des polypes. En considrant cette mme figure, on peut s'assurer que la vsicule contractile {v r) n'est point place aussi prs du vestibule (u) ou de l'sophage que chez la plu- part des autres Vorticellines. Le nombre des dents de l'appareil fixateur n'est point constant. En gnral, il varie entre 25 et 80, mais parfois aussi en dehors de ces limites. Les Trichodines, qui vivent sur les branchies de la plupart de nos poissons, n'appar- tiennent certainement pas toutes la mme espce. Nous signalerons, en passant, une espce, fort petite et fort lgante, qui habite sur les branchies du Cobitis Tiiia, prs de Berlin, mais que nous n'avons pas tudie suffisamment pour la dcrire ici. La Tnchodina Grandinella Ehr. n'est point une Vorticelline, mais appartient la famille des Halterina. Il en est de mme de la T. vorax Ehr. et de la T. Volvox Eichw. APPENDICE A LA FAMILLE DES VORTICELLINES. A. Genre SPIROCHONA Stein. Nous pensons devoir mentionner ici le genre Spirochona de M. Stein, dont la posi- tion nous parat encore un peu douteuse. M. Stein le place sans hsitation parmi les Vorticellines, et il n'est, en effet, pas improbable que les vritables alBnits des Spi- rochona se trouvent dans cette famille. Pour ce qui nous concerne, nous n'avons ren- contr qu'une ou deux fois la Spirochona yemmipara Stein, sur des Gammarus des 132 TUDES SUR LES INFUSOIRES environs de Berlin, mais chaque fois dans des circonstances qui ne nous permettaient pas de les tudier; nous sommes donc obligs de nous en tenir ce que M. Stein dit au sujet de ces animaux. M. Stein dessine, soit chez la Sp. f/emmipara, soit chez la Sp. Schcutenii, la spire buccale comme tant lotrope, tandis que, chez les Vorticellines, elle est toujours dexiotrope. Si donc les dessins de M. Stein ne renferment aucune erreur cet gard, il n'est pas improbable que les Spirochones devront former une famille part, d'au- tant plus qu'il n'est pas encore dmontr qu'elles aient un organe viLratile semblable celui des Vorticellines. Cependant, nous ne pouvons ajouter, pour le moment, trop d'importance cette circonstance, puisque M. Stein, n'ayant pas reconnu l'existence d'une spire buccale chez les Vorticellines, n'a pu avoir connaissance de la direction de cette spire, et n'a, par suite, pas mis trop d'importance la direction de la spire des Spirochones. La suite devra donc nous apprendre si les Spirochones sont, oui ou non, de vraies Vorticellines. B. Genre TRICHODINOPSIS. (V. p: . IV, Ki<;. 1-5.) Nous formons le genre Trichodinopds pour un anmial fort singulier, dont la place dans le systme semble encore tre des plus douteuses. Par sa forme extrieure, cet infusoire est une vraie Trichodine munie de son appareil fixateur, mais sa surface en- tire est couverte d'un habit ciliaire trs-dvelopp. Une Vorticelline cilie, c'est cer- tainement quelque chose de trs-nouveau. Un examen attentif de l'appareil digestif ne tarde pas montrer, du reste, des diffrences importantes entre les Trichodinopsis et les Vorticellines. Il existe bien chez elles une spire buccale, porte par une espce d'organe vibratile, et cette spire parat bien avoir la direction normale, mais, la place du vestibule et de l'sophage accoutums, on trouve un appareil tout spcial qui n'a d'analogie chez aucun infusoire connu. La Trichodinopsis parado.ro {V . PI. V, Fig. 1) habite par myriades l'intestin du Cydostoma elegans, et se trouve parfois aussi dans la cavit pulmonaire du mme mollusque. Son corps reprsente un cne tronqu, dont la base est lgrement excave et entoure d'un pais bourrelet. La surface du corps est tapisse de longs cils, im- plants de manire ce que la pointe soit toujours dirige vers la partie antrieure ET LES RHIZOPODES. 18'1 de l'animal. Ces cils ondulent d'une manire toute particulire, qui est propre beau- coup d'autres infusoires parasites, en particulier plusieurs Plagiotomes et Opalines. L'animal se promne sur la muqueuse du Cyclostome, en tenant toujours son or- gane fixateur tourn contre elle. Cet organe (Fig. '2) se compose, comme chez les Trichodines, d'un cercle apparence corne et d'une membrane susceptible de se voter en forme de cupule. La largeur totale de cet appaieil est de 0"'"', 59; celle du cercle solide O'"'", 48. Le cercle lui-mme est pais de 0"'"% 026,61 prsente une sculp- ture tout--fait semblable la torsion d'une corde. Des traces d'une torsion semblable se voient, du reste, aussi parfois chez les Trichodines. La surface plane, situe l'in- trieur de ce cercle, est la seule partie de la surface du corps qui ne soit pas cilie. A un trs-fort grossissement, on y reconnat un chagrin trs-hn, mais trs-rgulier, et, en outic, des stries radiaires trs-dlicates, qui partent du bord du cercle et vont se perdant vers le centre. La couronne ciliaire est compose de cils plus vigoureux que ceux du reste du corps, et elle est implante, comme chez les Trichodines, l'ext- rieur de l'organe fixateur et tout autour de celui-ci. La spire buccale est forme par des cirihes plus forts que les cils de la surface du corps. Elle nous a paru avoir la mme direction que celles des Vorticellines; mais, au lieu de descendre dans nn vestibule constitu comme celui de ces dernires, elle con- duit dans une espce de canal compris entre deux cadres triangulaires, allongs (Fig. 3). Nous ne pensons du moins pas pouvoir dcrire mieux l'apparence que nous aprsentece singulier appareil, qu'en la comparant celle de deux cadres triangulaires gaux, dont l'un des cts serait beaucoup plus court que les deux autres. Ces deux triangles sont adjacents l'un l'autre par l'un des longs cts, de manire former un angle didre. Ils ont, en un mot, une arte commune. Nous n'avons pas russi nous rendre compte d'une manire satisfaisante des fonctions de ce singulier appareil, ni de la distribution des cils qu'on aperoit s'agitant dans son voisinage. Cette partie de l'organisation des Trichodinopsis ncessitera une rvision scrupuleuse, et ce n'est qu'a- prs cette rvision qu'il sera permis de dcider si ces animaux doivent, oui ou non, tre placs auprs de la famille des Vortieellines. L'observation de l'appareil buccal est d'autant plus difficile que cet appaieil est demi envelopp par un large nuclus qui diminue la transparence. Ce nuclus est une 134 TUDES SUR LES INFUSOIRES plaque en gnral plus ou moins triangulaire et courbe en gouttire autour de l'ap- pareil buccal. L'un des cts de ce triangle, savoir celui dont la direction se rap- proche le plus d'un paralllisme complet avec l'axe du corps, est en gnral dcoup en plusieurs lambeaux, souvent plus ou moins renfls (V. Fig. 4 et 5). La vsicule contractile est unique et place dans la partie suprieure du corps. Lorsqu'on tue la Trichod'mopsis paradoxa par l'acide actique, on voit se dessiner d'une manire fort nette un organe, en forme de calotte solide, qui est immdiatement superpos l'appareil fixateur (V. Fig. i., p.). La fonction de cet organe nous est reste totalement inconnue. Est-ce peut-tre une masse musculaire destine faire mouvoir cet appareil ? La longueur totale de la Trichodinopsis paradoxa est d'environ 0"""', 13; sa lar- geur, de 0'"'", 078. Les Cyclostomes, dans l'intestin et la cavit pulmonaire desquels nous les avons rencontrs, ont t recueillis sur le coteau de Pinchat, prs de Genve. II Famille. l KOrEIVTRi]A . La famille des Urocentrin est limite, pour le moment, Y Vrocentrum Turbo Ehr. (Infus., p. 208, PI. XXIV, Fig. VII), animal trs-rpandu, qui n'a pas t suffisam- ment tudi jusqu'ici. La rapidit excessive de cet infusoire en rend l'tude fort diffi- cile; et comme, de plus, nous avons gar quelques esquisses que nous en avions faites, il y a dj quelques annes, nous ne pouvons pas dire grand'chose son sujet. Nous avons plac dans le tableau de classification les Urocentrina parmi les infu- soires cilis spire buccale Iseotrope. Toutefois, nous n'oserions, vu la perte de nos esquisses, assurer qu'il n'y ait aucune erreur ce sujet. La bouche n'est pas, dans tous les cas, place l o la dessine M. Ehrenberg, mais elle est loge dans le sillon ET LES lIlIZorODES. 135 transversal mdian que reprsente cet auteur. Ce sillon n'est, du reste, point exacte- ment transversal, mais oblique. C'est la partie infrieure du sillon qui porte les cir- rhes buccaux. La vsicule contractile est place tout prs de l'extrmit postrieure du corps. Quant l'organe que M. Ebrenbeig dsigne sous le nom d'un poinon en forme de queue, il est form par de longs cils agglomrs en un faisceau. La place de l'orifice anal ne nous est pas connue d'une manire positive, mais il n'est pas probable que cet orifice occupe, relativement la bouche, la mme position que chez les Vorticellines. M. Lachmann parat mme s'tre convaincu qu'il est plac l'extrmit postrieure. III Famille. OXITRICfllKA. La famille des Oxytrichiens, telle que nous l'avons dhmite, correspond peu prs exactement aux trois familles des Aspidiscina, Oxytrichina et Eitplotina de M. Ehren- berg. La famille des Aspidiscina devait forcment disparatre, attendu qu'elle tait base sur un caractre erron. Tandis, en effet, que M. Ehrenberg classait avec raison ses Euplotina et ses Oxytrichina. dans son ordre des Catoireto, comme ayant la bouche et l'anus sur la face ventrale, il assignait ses Aspidiscina une place parmi ses AIlo- treta, sous le prtexte que leur anus est terminal. Cependant l'anus est, chez eux, plac sur la face ventrale tout aussi bien que chez les deux autres familles. Quant la distinction que M. Ehrenberg faisait entre ses Euplotina et ses Oxytrichina, elle est trop peu impor- tante pour justifier la formation de deux familles. Dans la classification du savant Berlinois, les Enplotina sont munis d'une cuirasse, et les Oxytrichinu en sont d- pourvus, distinction trs-claire sur le papier, mais qui l'est fort peu dans la pratique. En effet, la cuirasse des Euplotina n'est point un fourreau distinct du corps, comme 1 36 TUDES SUR LES INFUSOIRES celui des Cothurnies et des Vaginicoles, ni mme une cuirasse exactement adhrente, mais bien distincte, comme celle des Dystriens. Elle n'a, dans le fond, pas d'existence relle en tant qu'organe part. C'est une pure apparence produite par une certaine raideur dans les tguments et dans le parenchyme. La cuirasse diflue aussi rapi- dement que le reste du parenchyme. Il n'est donc pas possible de distinguer les genres cuirasss {Euplotina de M. Ehrenberg, Plsconiens de M. Dujardin) des genres non cuirasss {Oxijtrichina de M. Ehrenberg, Kroiiiens de M. Dujardin). En effet, les premiers ne sont pas rellement cuirasss, mais n'ont quiine apparence de cuirasse, comme dit M. Dujardin, et les derniers ne sont pas dpourvus de toute apparence semblable. Ce n'est que grce une raideur de tguments analogue celle de la pr- tendue carapace des Euplotes, que les Stylonychia et les Oxytricha ont un front distinct du dos. Plusieurs des genres qui ont t runis jusqu'ici avec les Oxytrichiniens doivent en tre loigns comme troublant l'homognit de la famille. Tel est le genre llal- teria, que M. Dujardin range, on ne sait pourquoi, parmi ses Kroniens, et qui doit former une famille part. Tel est encore le genre Loxodes Duj., qui contient unique- ment des animaux appartenant au genre Chilodon de M. Ehrenberg et qui n'offre au- cune ailinil avec les Oxytrichiniens. Le genre Chlamidodon Ehr. est fond sur une espce marine nous inconnue (C. Mnemosyne Ehr., p. 377, PI. XLII, Fig. VIII), mais qui n'a, bien certainement, rien faire avec les Oxytrichiens. M. Lieberkhn, qui a eu l'occasion d'observer le Chlamidodon Mnemosijnc dans la Baltique, prs de Wismar, nous affirme que c'est un animal trs-voisin des Chilodon : ce que nous sommes fort disposs croire. Les genres Discocephaliis Ehr. et Ceratidium Ehr. sont bass, par M. Ehrenberg, sur des tres trop imparfaitement observs pour qu'il soit possible de leur accorder une place dans la nomenclature. Il en est de mme des genres Stichotricha et Mitopitora de M.Perty. Les genres Kerna Ehr. {Alastor Perty) et Himantophorus Ehr. nous sont malheureusement rests inconnus. Le premier se distingue des Stylonichies, et le second des Euplotes par l'absence des pieds-rames. Quant au genre Urostyla Ehr., nous aurons l'occasion d'en parler propos des Oxytriques (V. 0. Urostyla). La famille fort peu natmelle des Cobalina, que M. Perty KT LKs nmzoriiDES. 1 37 intercale entre ses Oxytrichina et ses Eiiplotiiia renferme des genres trs-htrognes, dont un seul, celui des Alastor Perty {Keroiia Ehr.), est voisin des Oxytrichiens'. La lamilie des Oxytri chiens renferme tous les infusoires marcheurs. Les extrmits que prsentent ces nuiniaux peuvent se classer sous diffrentes rubriques que nous avons dji ou l'occasion de mentionner ailleurs sous les noms de pieds-crochets, de pieds-rames, de picds-cirrhes, de cirrhes marginaux, de soies. Les pieds-crochets ont t dsigns par M. Ehrenberg sous les noms de Hakeii, Hakenfsse et imcini, et par M. Dujardin, sous celui de pieds corniculs. Les pieds-rames sont les sti/li ou Griffe!, de la nomenclature de M. Elirenberg. Nous prfrons le nom de pieds-rames (Ruder- fsso) parce que les appendices dont il s'agit ne sont jamais pointus, comme le pour- rail faire supposer le nom de stijlf, mais larges et aplatis comme une rame. Quant aux pieds-crochets, ils ne sont pas essentiellement diffrents des pieds-cirrhes. Les premiers se trouvent en particulier chez les Euplotes et les Stylonychies, et se meu- vent comme de vritables pieds. Les seconds, qu'on trouve par exemple chez les Oxy- triques, sont plus fins et s'agitent, dans des sens divers, d'une manicM^e qui rappelle dj les mouvements des cils d'autres infusoires. Soit les pieds-rames, soit les pieds-crochets, ainsi que les pieds-cirrhes et les cir- rhes marginaux , sont susceptibles , dans toute la famille des Oxytrichiens , de se fendre dans le sens de leur longueur et de se transformer ainsi en un faisceau de soies fines, dont chacune peut s'agiter pour son propre compte (V. PI. VI, Fig. d, A, B et G . On voit cette division des appendices se manifester toutes les fois qu'un Oxytricliien a trop peu d'espace pour circuler librement entre les deux plaques de verre du porte-objet. Aussi est- il souvent fort difficile de compter le nombre rel des appendices d'une Stylonychie, parce que ce nombre se trouve plus grand la fin de l'observation qu'au commencement. Cependant, la cause de cette diflicult une fois connue, il est facile d'viter les erreurs qui pourraient en rsul- ter. Les cirrhes dont est muni le bord antrieur de l'animal, cirrhes que M. Ehren- I. Qiiaiil au |iai-asilo de riiitcsliii du Julas inarginulus, ipiu M. Lcidy a dcrit sous le nom de Nyclilhmis velox (Procecdings of the Akademy ol' Natural Sciences of Philadelpliia, vol. IV, p 2-5) el qu'il prtend tre un infusoire prodie parent des Enplotes, il nVst pas probable (pi'il appartionne la l'aniillo des Oxytrichiens. Toutefois, la descrip- tion de M. Leidy ne nous permet pas de dcider dans (pielle famille il doit rentrer. 18 138 TUDES SUR LES INFUSOIRES berg dsigne sous le nom de arrhes frontaux, ne paraissent pas tre susceptibles de se diviser de la mme manire. Certains genres de cette famille iSchizopus, Campi/lopuf:) offrent, outre les ap- pendices dj mentionns, des extrmits, dont le lieu d'implantation est trs-remar- quable. Ce sont de vritables pieds dorsaux, en ce sens que leur base n'est point fixe sur la face ventrale de l'animal, mais dans une excavation de la face dorsale. Ces pieds sont dirigs horizontalement, c'est--dire peu prs paralllement l'axe du corps, et ne servent pas la marche. Ils sont susceptibles de se fendre longitudinale- ment jusqu'au bas, comme les appendices de la face ventrale. Chez toutes les espces jusqu'ici connues, la vsicule contractile est unique et l'anus est situ sur la face ventrale, du ct droit, non loin ilu bord postrieur. L'so- phage est toujours fort court. Tableau Jcs genres de la famille des Ovylrichiens. / Partie aiiU'iieiire non Des pieds-eiiihcs distribus en ran- \ prolonge en forme ges rgulires, longitudinales ou { decolbrissdesoies 1. OXYTRI.HA. Descnrliesmar- ^ obliques. J Partie antrieure pro- < i ginau\. ) f longe en forme de Z col hriss desoies. 2. STICHOCH-ETA. Des pieds crocbels nou distribus eu ranges rgulires 5. STYLONYCHIA. f- j r> 1 < ( l>cs pieds CIO- ( Pas de pieds dorsauv. i. EUPLOTES. >. / / Des cirrbes fron- \ ' ) ' O X\ Pas de cirrbes \ , { cbels. ( Des pieds dorsaux. . . 5. SCHIZOPIIS. taux, marginaux. { { Pas de pieds crochets 6. CAMPYLOPUS. ( Pas do cirrbes frontaux 7. ASPIDISCA. i"' Genre. OXYTRICHA' . Les Oxytriques sont proches parentes des Stylonychies, dont elles ne se distinguent que par la prsence de ranges longitudinales rgulires de pieds-cirrhes sur la face ventrale. 1. Il est possible qu'une partie tout au moins des espces dcrites par M. Ebrenberg dans la famille des Enclielia, sous le luiui de Trichodcs, doivent rentrer dans le genre Oxytrique. En tout cas, les Jriclwdn de cet auteur ont tons t trop imparfaitement observs |)onr que la S)stmati(ine actuelle en puisse rien faire. ET LES RHIZOPODES. ^39 Les autres caractres distinctifs doulon pourrait tre tent dese servir, tels que les pieds- rames ou les pieds-crochets, n'ont aucune valeur relle. Les pieds-rames des Slylo- nychies se retrouvent en effet chez plusieurs Oxytriques, bien que dans un tat en gnral rudimentaire, et les pieds-cirrhes des Oxytriques sont frquemment suscepti- bles de se mouvoir d'une manire trs-analogue celle des pieds des Stylonychies. MM. Ehrenberg, Dujardin et Perty ont dcrit un grand nombre d'espces apparte- nant ce genre, dont la plupart ne sont malheureusement pas reconnaissables. Ces auteurs n'ont, en gnral, pas vu les ranges longitudinales de pieds-cirrhes, et, lors- qu'ils les ont aperus, il ne leur ont accord qu'une faible importance, ngligeant d'en compter le nombre et d'en fixer la position. Or, ce sont prcisment ces pieds- cirrhes qui fournissent les caractres les plus positifs pour la distinction des espces. M. Dujardin caractrise les Oxytriques comme des animaux sans tguments, munis de cils vibratiles pars, entre lesquels sont d'autres cils plus pais, droits, flexibles, mais non vibratiles, ayant l'apparence de soies roides et de stylets. Il ajoute qu'une range rgulire de cils obliques plus forts (les cils fronto-buccaux) se voit ordinairement en avant. Il n'est, dans le fait, pas une seule Oxytrique qui pt rpondre une semblable dfinition. Il est utile de distinguer chez les Oxytriques, outre les cirrhes fronto-buccaux, deux espces de cirrhes formant des ranges longitudinales, savoir les pieds-cirrhes ou cirrhes ventraux, et les cirrhes marginaux. Ces derniers correspondent ceux que nous dsignerons, sous le mme nom, chez les Stylonychies. Cette distinction est justifie par le fait que les pieds-cirrhes forment des ranges assez exactement parallles entre elles, tandis que les cirrhes marginaux (surtout la range gauche) s'loignent souvent assez notablement de ce paralllisme pour suivre le bord de l'animal. De plus, chez les espces qui portent en arrire des pieds-rames, les cirrhes ventraux ne dpassent jamais ces extrmits, tandis que les ranges de cirrhes marginaux se prolongent en- core en arrire d'elles. M. Ehrenberg, qui nous a donn jusqu'ici de beaucoup les meilleures figures d'Oxy- triques, ne parat pas s'tre bien rendu compte de la configuration de la bouche. Tantt il la reprsente comme une fente place sur la ligne axiale du corps et borde de cirrhes \ 40 TUDES SUR LES INFUSOIRES particuliers, tantt il dessine, au contraire, les cirrhes fronto-buccaux comme se con- tinuant dans les deux ranges de cirrhes marginaux. Du reste, la conformation des Oxytriques est parfaitement identique celle des Sty- lonychies, que nous tudierons plus en dtail. Leur vsicule contractile est, comme chez ces dernires, toujours situe du ct gauche. M. Ehrenberg parle, il est vrai, de deux ou trois vsicules contractiles chez VOx. gibba; mais cet animal ne parat pas avoir t observ trs-exactement par lui, et il ne faut pas oublier que la vsicule con- tractile se ddouble lorsqu'une division spontane est prs d'avoir lieu. Le nriclus parat tre doubl chez toutes les espces. M. Ehrenberg en indique, il est vrai, jus- qu' trois chez son Ox. gibba, mais il est possible qu'il ait eu affaire un commence- ment de division spontane. M. Dujardin se contente de dire que, quelquefois, on voit l'intrieur des Oxytriques des corps ovales ou arrondis, blanclitres, demi-transpa- rents, que M. Ehrenberg a pris pour des testicules. La cavit du corps est relativement plus grande chez beaucoup d'Oxytriques que chez les Stylonychies. Chez ces dernires, cette cavit ne pntre jamais dans la partie postrieure du corps , et atteint peine le niveau de la ligne d'implan- tation des pieds-rames. Chez la plupart des Oxytriques, au contraire, la cavit s'- tend jusqu' l'extrmit postrieure du corps, dont le parenchyme n'est pas plus pais dans cette rgion que partout ailleurs. Les Oxytriques munies de queue font ce- pendant exception, en ce sens, que la cavit du corps ne s'tend pas, chez elles, au-del de la base de la queue. L'anus est plac un peu en avant de l'extrmit postrieure du corps, droite de la ligne mdiane, c'est--dire la base des pieds-rames, chez les espces qui en pos- sdent. C'est aussi l que se trouve l'anus chez les Stylonychies. Chez les espces uro- des, l'anus est plac naturellement avant la queue. Les Oxytriques se comportent, sous le rapport du auclus et de la vsicule con- tractile, comme les Stylonychies (V. Genre Stijlonijchia) . ET LES RIIIZOHODES. '141 ESPCES. r Oxijlnc/ia Urostyla. (V. PI. V, Fig. 2.) DiACNOSE. .SL-|it rani;ocs liiiiyiliidiiiale.s de ciiilies sur la laci' vt'iilialc, duiit doux scidciiionl se prulongeiit jusque sons l'air lionlal. Huit ideds-ranies. Cette espce atteint une Ibit giande taille. Elle a, en gnral, une grandeur de O""",^^ et prsente toujours une couleur brune intense, due de petits granules pigmentaires dissmins dans le parenchyme de son corps. Son front est relative- ment lev et spar du dos par un sillon trs-prolbnd , dans lequel sont im- plants les cirrlios frontaux. La fosse buccale est profondment excave, et son bord droit forme une sorte de lvre mince qui domine la fosse, comme le ferait un bord de toit. Sous cette lvre sont implants des cirrhes analogues ceux que nous verrons chez les Stylonychies. Ceux de ces cirrhes qui sont le plus en avant forment un faisceau qui se recourbe en arc du ct de la range buccale. Cet arc limite la fosse buccale du ct du front. Il en existe un semblable chez plusieurs au- tres espces. La face ventrale prsente sept ranges de cirrhes longitudinales, les marginales comprises. L'extrmit postrieure est munie de huit pieds-rames peu dvelopps, ordinairement un peu inflchis du ct gauche, et compris entre les deux ranges marginales. La range marginale droite fait une sinuosit profonde en se rapprochant de la ligne mdiane, sinuosit qui est rpte par les ranges ventrales, car celles-ci cheminent assez exactement parallles avec la range marginale droite. Le front se dtache chez cette espce toujours trs-nettement de la face ventrale et laisse com- pltement sur sa droite la pr.rtie antrieure de la range marginale droite et de la premire range ventrale. La seconde range ventrale s'tend, depuis les pieds-rames jusqu'au niveau de la vsicule contractile, sans se continuer au-del. La troisime et la quatrime, au contraire, s'tendent depuis les pieds-rames jusque sous l'arc frontal, en longeant le bord droit de la fosse buccale. Leur extrmit antiieure s'inflchit vers la gauche paralllement au bord du fnmt. L'origine de ces deux ranges se trouve donc spare de la range marginale droite et de la premire range ventrale par la 142 s^TUDEs si;r les infusoires moiti (li'ite de l'arc frontal. 'La cinquime range ventrale commence peu prs au niveau de la bouche, un peu gauche de celle-ci, et s'tend jusqu'aux pieds-rames. Enfin, la range marginale gauche prend son origine un peu plus en avant que la cinquime range ventrale et suit plus ou moins le bord gauche de l'animal, laissant la vsicule contractile sur sa droite. Il n'est pas impossible que notre 0. Ui'oslyla soit VUrosti/la grandis de M. Ehren- berg (Inf. , p. 369. PI. XLI, Fig. VIII). Cet auteur dcrit l'animal en question comme tant muni de ranges longitudinales de cils sur la face ventrale, et ayant une appa- rence jauntre lorsqu'il est vu sous le microscope. Il a cru remarquer, soit la partie antrieure, soit la partie postrieure, quelques soies plus longues places entre les cils. A l'extrmit postrieure, il dit avoir vu une petite fente, indiquant sans doute l'anus, et borde du ct gauche de cinq huit styles. Ces styles sont peut-tre les huit pieds-rames que nous avons dcrits; mais nous n'avons rien vu qui ressemblt une fente. Malgr cela, la description de M. Elirenberg pourrait, la rigueur, s'appliquer notre Oxytricha Urostyla, si ce savant n'attribuait son Urostijla f/raiidis un seul nu- clus; or, notre Oxytrique en a toujours deux, comme les autres espces du genre. Aussi n'est-ce qu'avec doute que nous citons VUrostijla grandis comme synonyme de V Oxytricha Urostyla. 2" Oxytricha fiisca. Perty. Zur Kenntii., etc., p. 154, PI. YI, Fis;. 19. DiACNOSE. Forme fil' l'O. rcos(,i//((,- pns do pieds m rnnie. /^niXi Nous avons frquemment rencontr une Oxytrique voisine de la prcdente, mais at- teignant parfois une taille encore plus grande qu'elle. Comme elle, elle est blanche la lu- mire incidente, tandis qu'elle prsente une teinte enfume lorsqu'elle est vue par trans- parence. Elle se distingue de XO. Urostylapav l'absence des huit pieds-rames. Nous n'avons pas russi compter jusqu'ici d'une manire certaine le nombre des ranges ventrales de pieds-cirrlies, bien que ce nombre nous ait paru tre plus grand que chez l'espce prcdente. C'est sans doute cette espce que M. Perty a dcrite trs-imparfai- tement, sous le nom cVOxy/richa fasca, sans avoir mentionn les ranges de pieds- cirrhes. ET LES RHIZOPODES. 143 ^ , 3 Oxntrichamultipes. (V. PI. Y, Fig. 1.) DiACNOSE. Sept ranges de ciiTlies sur la face vcnlrale, dont (|iialie se coiiliniiiMil jiisiiiie sous l'arc lioiilal. Huil pieiis-rames. Pas le queue. L'O. timllipi's ressemble beaucoup \'0. Urostyla. Elle est un peu plus petite, n'atteignant qu'mie longueur de 0'""',10 0,15, et un peu plus troite. Elle est, comme les deux espces prcdentes, blanchtre la lumire incidente, mais fonde lorsqu'on l'obseive par transparence. La teinte de cette coloration est un brun tirant en gnral d'une faon trs-dcide vers le verdtre. Le front est ordinairement moins saillant que chez l'O. Urostyla. Les ranges de pieds-cirrhes sont en nombre gal chez les deux espces, c'est--dire qu'il y a chez l'une comme l'autre deux ranges marginales comprenant entre elles cinq ranges de cirrhes ventraux. Mais, tandis que chez VOxy- tricha Urostyla trois ranges ventrales seulement atteignent la partie antrieure du corps, et que deux d'entre elles seulement se prolongent jusque sous l'arc frontal, nous trouvons chez l'O. muliipes, en outre de la range marginale droite, quatre ranges de pieds-cirrhes se prolongeant peu prs paralllement avec le bord droit de la fosse buccale jusque sous l'arc du front. Le cirrhe qui, dans chacune de ces ranges, se trouve plac le plus en avant, atteint des dimensions beaucoup plus considrables que les autres et prend une apparence tout--fait semblable celle des crochets des Sty- lonychies et des Euplotes. Le cirrhe plac immdiatement en arrire de chacun de ces quatre crochets est galement plus fort que les suivants, sans atteindre la taille des prcdents. Tous les cirrhes des quatre ranges qui sont placs plus en arrire, peu prs jusqu'au niveau de la bouche, se meuvent galement la manire des pieds-crochets des Stylonychies, bien qu'ils soient de taille relativement petite. Ce sont de vritables pieds-marcheurs. C'est l le caractre saillant de cette Oxytrique, qu'on recon- nat aussitt cette multitude de crochets en activit sur la moiti droite de l'a- nimal et aux quatre crochets, bien plus forts, situs en avant des autres. La partie postrieure de l'animal est munie de huit pieds-rames, comme cela a lieu chez l'O. Urostyla. Cependant ces pieds sont relativement beaucoup plus forts que ciiez cette dernire, et leur ligne d'implantation est moins lapproche de l'extr- mit postrieure. Les deux ranges de cirrhes marginales se continuent en arrire 144 TUDES SUR LES LNFUSOIRES des pieds-rames, tandis que les ranges ventrales ne dpassent pas le niveau de ceux-ci. Enfin, nous avons noter que la vsicule contractile se continue, soit en avant, soit en arrire, en un vaisseau longitudinal, qui se montre d'une manire trs-distincte au moment de la contraction de la vsicule, parce qu'il se trouve alors distendu par le liquide chass dans son intrieur. Nous avons trouv cette O-xytrique dans diverses localits des environs de Berlin, en particulier dans les tangs du Grunewald, de Pichelsberg et de la Jungfern- haide. 4" Oxrjtricha gibba. (V. PI. V, Fig. 8.) DiAGNOSE. Seuleiiieiil ciiKi lanics de pieds-cii-rlies sur la l'ace venlralo ; pas tlo (iiieiio. Nous conservons le nom d'O. (libbit l'espce que nous avons figure, PI. V, Fig. 8, sans oser affirmer d'une manire bien positive que ce soit l'animal auquel M. Ehrenberg a donn ce nom (V. Ehr. Infus., p. 365, PI. XLI, Fig. II). Mais les descriptions de cet auteur, qu'on pouvait taxer de soigneuses l'poque o elles furent faites, sont tellement insuffisantes en face des progrs de la science actuelle, qu'il faut beaucoup de hardiesse pour en faire usage. La diagnose de M. Ehrenberg (0. corpore albo, hmceolato, utrmque obtiiso, ventre piano, setarum srie duplici insigni, ore amplo rotundato) s'applique notre Oxytriqiie, l'exception de ce qui concerne les cirrhes et la bouche. Cependant nous ne pouvons gure nous arrter au fait que M. Ehrenberg n'a compt que deux ranges de cirrhes, tandis que nous en trouvons six, les deux marginales comprises. En effet, tout ce qui a rapport aux pieds-cirrhes des autres Oxytriques est trop imparfait chez M. Ehrenberg, pour que nous puissions attacher grande valeur aux donnes relatives ce cas particulier. M. Ehrenberg indi- que, d'ailleurs, que la range de cirrhes buccaux se continue directement dans les deux ranges ventrales, et que celles-ci se terminent par quatre ou cinq soies cau- dales plus allonges. Or, il est certain que chez aucune Oxytri(pio les cirrhes buccaux ne forment une range continue avec les cirrhes vi-ntraux. Ceque M. Ehrenberg dit des soies caudales est, par contre, galement vrai pour notre Oxytrique. Une autre preuve que M. Ehrenberg n'a pas accord une grande attention aux ciirhes ventraux, ET I-ES RHIZOPODES. 145 c'est que, flans les figures 11^^ et II, (1*1. XLI), il n'a dessin les pie3 nous n'oserions aftirmer qu'il n'y en ait pas une quatrime place tout--fait en arrire. Les Stichoch.-eta que nous avons eues sous les yeux taient toujours si remplies de nourriture, et leur parenchyme tait souvent si garni de grains de chlorophylle, que l'observation des pieds-cirrhes tait fort difficile. Les ranges ventrales ont une diiec- tion oblique de droite gauche, tout en tant courbes en S. Les soies qui garnissent le ct gauche du cou sont excessivement lines, longues et roides, et par suite difficiles voir. Elles restent immobiles pendant la natation; mais comme les Stichochaeta sont des sauteurs trs-vifs, il n'est pas impossible qu'il faille chercher dans ces soies les organes de la saltation. LuStic/iochaeta wm?<; nage trs-frquemment reculons, diastropliiqimnent, comme dirait M. Perty, sans cependant changer notablement de forme pour cela. Son mouve- ment favori consiste quitter les algues, au milieu desquelles elle cherche sa pture, pour se retirer brusquement reculons et en ligne droite jusqu' une certaine distance ; aprs quoi, elle regagne plus lentement la place qu'elle vient de quitter, pour reculer de nouveau brusquement, presque comme une flche, et ainsi de suite. ]ja Stichnchapta cormUa atteint, en moyenne, une taille de 0'"'",08. Nous avons rencontr parfois une Stichochaeta un peu plus petite que la prcdente, et dpourvue du cirrhe en forme de corne poinlue, qui caractrise celle-ci ; mais nous n'avons pu l'tudier d'une manire assez complte pour pouvoir dire si elle s'loigne d'elle par d'autres caractres encore. Il n'est pas impossible que la Stkhotricha secunda de M. Perty (zur Kenntniss, etc., p. 453, PI. VI, Fig. 15) doive tre rapporte ce genre. M. Perty caractrise son genre Stichotricha de la manire suivante : animalcules en forme de lancette ou de bistouri, allongs, troits et aplatis en avant, et munis, sur l'un des cts de la fente buccale, de cils disposs en travers. Ces cils, disposs en travers, ne sont pas, dans tous les cas, les longues soies caractristiques dont sont armes les Stichochaeta : ce sont simplement les cirrhes buccaux. M. Perty indique que sa Stichotricha secunda est fort sujette la diastrop/iie, comme notre Stichochaeta cornuta; mais il ajoute qu'elle change alors notablement de forme, ce qui n'est pas le cas chez cette dernire. 30 454 TUDES SUR LES INFUSOIRES Du reste, il est diflicile de dterminer si M. Perty a bien rellement eu affaire un animal appartenant la tamille des Oxytrichiens. M. Lachmann' a dj mis l'ide que la Slk/wtric/ia secunda Perty pourrait appartenir au genre C/netospirii: Lachmann. M. Lieberkiihn, qui connat fort bien, soit les Chaetospires, soit les Sticbochta, est d'avis que la Sticliotrkha secunda de M. Perty est une Chuetospire, d'autant plus que, d'aprs ses observations, les Clutospires n'habitent point toujours leur fourreau, mais qu'on les rencontre frquemment nageant libres dans l'eau. 3' Genre. STYLONVCHIA. . Le genre Stylonychia est caractris par la prsence simultane de vritables pieds- crochets etdecirrlies marginaux, ce qui le distingue d'une part des Euplotes, et d'autre part des Oxytriques. Les pieds-cirrhes de ces dernires tant toutefois susceptibles de se mouvoir peu prs de la mme manire que de vritables pieds-crochets, on pourrait se trouver parfois embarrass pour dterminer si tel animal appartient au genre Stylony- chia plutt qu'au genre Oxytrique. Pour rendre la distinction plus fat ile, nous dirons que le nom de Stylonychia doit tre restreint aux espces qui, outre les deux ranges de cirrhes marginaux, n'ont pas d'extrmits disposes en r anges longitudinales rgu- lires sur la surface ventrale. Les pieds qu'on trouve en ar rire de la bouche chez les Stylonychies, ne peuvent donner lieu des confusions, attendu ((u'ils sont toujours en petit nombre, et ne forment pas de ranges rgulires. Toutes les espces jusqu'ici connues sont munies de pieds en rames, au nombre de cinq, implants non loin de l'extrmit postrieure de la face ventrale. Mais ce n'est p as l un caractre qui soit important pour distinguer ce genre des genres voisins, attendu que beaucoup d'Oxy- triques prsentent des pieds en rames analogues. M. Ehrenberg n'a pas suffisamment distingu chez les Stylonychies les cirrhes mar- ginaux des cirrhes fronto-buccaux. Chez la Stijlomjchia Mytilus, qu'il a tudie avec I. Miilln's Aivhiv, IH06, |i. (i3. ET LES RHIZOPODES. 155 un soin tout particulier, ^1 dessine une seule range continue de cirrhes, qui borde le pourtour du corps, et qui, la place oi se trouve la bouche, forme une sinuosit de gauche droite, donnant ainsi lieu une figure plus ou moins comparable celle d'un 8. Mais c'est l un tat de choses qui ne se rencontre chez aucune Stylonychie. Les cirrhes marginaux de droite et de gauche ne forment jamais une range continue avec les cirrhes fronto-buccaux. Ces derniers forment, pour leur propre compte, une range qui commence un peu au-dessus de l'origine de la range des cirrhes marginaux droite, passe dans le sillon fronto-dorsal et redescend du ct gauche sur la face ventrale jus- qu' la bouche. La range gauche des cirrhes marginaux ne commence point la bouche mme, mais notablement plus haut, gauche de la range des cirrhes buccaux, et se rend vers la partie postrieure de l'animal, en se rapprochant toujours plus du bord gau- che. Cette disposition parat tout--fait gnrale chez les Stylonychics et chez les Oxytriques. M. Dujardin parat l'avoir entrevue aussi peu que M. Ehrenberg ; en effet, bien qu'il n'ait pas dessin toujours les cirrhes marginaux du ct gauche, comme formant la continuation de la range buccale, il est loin de leur avoir assign leur position normale, et de plus il a intercal les pieds-rames dans la range des cir- rhes marginaux, ce qui ne se voit jamais chez les Stylonychies. Les cirrhes buccaux sont toujours situs sur le ct gauche, comme dans tout le reste de la famille, et les pieds-crochets de la partie antrieure, sur le ct droit. La fixation du nombre d'extrmits spcial chaque espce de Stylonychie est un travail qui exige beaucoup de patience. M. Ehrenberg est le seul qui se soit adonn jusqu'ici avec soin cette tude. Il est le seul qui ait compris que la classification de- vait reposer sur la position et le nombre de ces extrmits. Il est vrai que sa tentative a t infructueuse, en ce sens qu'il s'est le plus souvent tromp dans son compte; mais il lui reste du moins le mrite d'avoir indiqu la vritable voie suivre. M. Du- jardin s'est rendu la tche plus facile en contestant la constance du nombre des extr- mits, et en en dduisant tacitement qu'il est inutile de les compter. Il dit ', propos de la Stijlomichia pustiilata, que les appendices qui la caractrisent sont trs-variables, quant leur nombre et quant leurs dimensions; que quelquefois mme on n'aper- I. Dujardin. Iiifiisnires, p. 42i. 156 TUDES SUR LES INFUSOIRES oit que par instant, et dans certaines positions, les cornicules caractristiques. La premire assertion est lout--iait errone ; le nombre des cirrlies marginaux et fronto- buccaux est, il est viai, assez peu constant ; mais celui des pieds-crochets, des pieds- rames et des soies, est compltement invariable. Quant au fait, qu'on ne voit les pieds- crochets que par instants, cela rend, il est vrai, leur compte plus diOicile faire; mais cela ne prou,ve rien quant l'inconstance de leur nombre. Lorsque l'animal tourne sa face ventrale du ct de l'observateur, il arrive en effet souvent qu'on n'aperoit pas les extrmits en question ; mais cela provient uniquement de ce que la face ven- trale est en ce nioment-l prcisment au foyer de l'instrument. En levant alors lgrement le tube du microscope , on amne au foyer les extrmits en crochets, l'aide desquelles l'animal marche sur la plaque de verre qui l'ecouvre la goutte d'eau en observation. Un organe qui parat tre gnral chez les Stylonychies, mais qui n'a t aperu par personne jusqu'ici, c'est une range de cirrhes longs et minces, placs sur le bord droit de la fosse buccale. Cette dernire est largement bante du ct du front, et va, se rtrcissant en arrire, de manire se terminer en pointe la place o est si- tue la bouche. Les cirrhes du bord droit de cette fosse ont leur base dirige vers la partie antrieure, tandis que leur pointe est dirige vers la bouche. Ils ont pour fonc- tion de retenir la proie qui est avale par la Slylonychie. Il arrive en effet souvent que les vigoureux cirrhes fronto-buccaux font arriver dans la fosse buccale des infu- soires dj un peu trop gros pour pntrer facilement dans le tube pharyngien, ainsi, par exemple, des CijcIidiumGlaucoma, depels Paramecium Colpoda, etc. Cesinfusoires sont arrts au fond de la fosse, et tentent de s'chapper ; mais les ciii'hes qui bordent le ct droit s'opposent leur fuite et les compriment contre la bouche jusqu' ce qu'ils pntrent dans le pharynx, d'o ils sont expulss dans la cavit du coips. Un ap- pareil de cirrhes, tout analogue, parat exister chez beaucoup d'Oxytriques, peut-tre mme chez toutes les espces. Chez les Euploles, par contre, nous n'avons jusqu'ici rien vu de semblable. Le pharynx est un tube foit court, courb de gauche droite, de mme que chez les Euplotes et les Oxytriques. La cavit du corps est loin de remplir tout l'animal. Elle s'tend en arrire peu prs jusqu' la base des pieds-rames. Tout ce qui est en ET LES RIIIZOPODKS. 157 arrire de ceux-ci est form simplement par le parenchyme du corps. La partie ant- rieure de l'animal, l o se trouve la partie la plus large de la fosse buccale, n'est pas davantage occupe par la cavit du corps. Voil pourquoi, soit l'extrmit antrieure, soit l'extrmit postrieure des Stylonycliies sont toujours transparentes. C'est l sur- tout le cas chez la Sti/lonuc/na Mytilus. En 1781 , le pasteur Eichorn ' dessinait dj la partie antrieure du corps de tel infusoire, comme tant spare du n^sto par une ligne tranche, sur laquelle il implantait, par erreur, une range de cils. L'anus est toujours placera la base des pieds natatoires. M. Ehrenberg l'a dj constat et indiqu sur ses planches'. M. Dujardin, fidle sa thorie, se contente de dire que les corps trangers avals par l'animal peuvent tre excrts ou expulss au dehois , mais il ne parle pas d'un vritable anus. Il dit mme, propos des caractres gniaux de la famille des Kroniens (p. 428), qu'il a vu, par une ouverture fortuite du conloui-, une excrtion vritable des substances avales et quelque temps retenues dans les vsicules ou vacuoles l'iiitrieur du corps. Il se peut que M. Dujardin ait raison en parlant ici d'une ouverture fortuite, en ce sens que lorsque les Slylonychies sont presses entre deux plaques de verre, une dchirure se forme frquemment un jioinl quelconque du pourtour, pour livrer passage une partie du contenu de la ca- vit du corps. Mais c'est l un accident tout pathologique ; toute excrtion normale se faitpai' louverture anale. La vsicule contractile est place constamment dans la paroi dorsale du ct gauche, peu prs au milieu de la longueur du corps. La position est la mme chez les Oxytri- ques et les Stichochueta. M. Ehrenberg l'a dj indique parfaitement exactement. M. Du- jardin s'en est naturellement peu occupe. Il se contente de mentionner dans les caracties gnraux de ses Kroniens une ou plusieurs vacuoles plus grandes et plus visiblement ex- tensibles que les autres, et contractiles spontanment. Or, aucun des infusoires qu'il rapporte la famille des Kroniens ne renferme plus d'une vsicule contractile. Les nuclus sont toujours au nombre de deux, de forme ovalaire, et placs l'un dans la moiti antrieure, l'autre dans la moiti postrieure .du corps. M. Dujardin 1. V. tieilrpge zur Nalurgebcliiclile ilei- klin.slci] WassorUiieie. Bcilin iiiid SU;tliii, 1781. Tab. V. t. 2. C'esl sans doule par erreur que M. Ehrenberg Tinclique la base du dernier |iied du ct gauche. Sur ions nos dessins, nous le Imiivons, an ciMilralre, nnlc- i\ la hase dii dernier pied du ent droit. 158 TUDES SUR LES INFUSOIHES parle chez la Styloinjchia pustalata d'une partie ovalaire, en apparence moins molle et moins transparente que le reste, partie que M. Ehrenberg a voulu nommer le testicule. Or, M. Ehrenberg a dj exactement constat que le nuclus est double et non pas sim- ple. En 1787, Kohler, et un peu plus tard Gruithuisen, savaient dj mieux quoi s'en tenir ce sujet que M. Dujardin. Lorsque l'animal est prs de se reproduire par division transversale, les nuclus se partagent en travers, ce qui explique pourquoi l'on rencontre parfois des individus munis de quatre nuclus. Les deux nuclus de l'in- dividu antrieur, qui rsulte de la division, sont alors forms parles deux moitis du nu- clus antrieur de l'individu -parent, tandis que ceux de l'individu postrieur sont forms par le nuclus postrieur de l'individu-parent. Cela suffit dmontrer que les deux or- ganes sont de la mme valeur, et qu'il n'est pas probable que l'un soit, par exemple, un ovaire et l'autre un testicule. ESPCES. P ^tijhniiclda MjjiUus. Ehr. Inf., p. .']70. PI. XLI, Fig. 9. (V. PI. VI, Fig. 1.) DiAGNOSE. Corps Irs-i'largi en avant. Les trois soies de la partie postrieure non ramifies. M. Ehi'cnberg a pris avec raison, cette espce comme type du genre, sa grande taille rendant l'tude de sa constitution anatomique relativement plus facile; la description et les figures de cet auteur sont cependant loin d'tre exactes. Il est inutile de dire que nous n'avons pu retrouver le canal alimentaire ramifi qu'il dessine sur ses planches. La ma- nire dont il reprsente la bouche n'est pas non plus trs en harmonie avec la nature. Il la figure comme une simple ouverture sur le bord de la range des cirrhes marginaux gauche, mais il ne dessine pas la fosse buccale, dont le bord droit lui a entirement chapp. M. Ehrenberg indique bien 3 soies l'extrmit postrieure du corps, et 5 styles, nombres parfaitement exacts, mais il compte 48 pieds-crochets disposs par paires sur le ct droit. Ce dernier chiffre est erron aussi bien que les donnes relatives au mode de distribution des pieds. Il y a dans le fait en tout 13 pieds-crochets qui ne sont nul- lement disposs par paires. Ils forment deux groupes, dont l'un se compose de 8 cro- chets placs la partie antrieure du corps et droite de la fosse buccale, et'l'autre de 5, disposs sur les deux cts de la ligne mdiane, entre la bouche et les pieds-rames. KT l,KS RHIZOPODES. 159 Si l'on tire une ligne de la bouche au pied-rame mdian, ligne qui concide peu prs avec l'axe du corps, on trouve que trois de ces crochets ventraux sont implants droite de cette ligne, et deux gaucho. On pourrait croire que nous avons eu sous les yeux une autre espce que la Slijlo- mjchia Mytilus\\e. M. Ehrenberg, et que c'est l la cause unique dos diffrences rela- tives au nombre et la position des extrmits, mais cela est improbable. En effet, la Stylonychie que nous dcrivons est si commune, qu'il n'est pas possible d'admettre qu'elle ait chapp M. Ehrenberg. Sa grande taille suffit la distinguer ds l'a- bord de toutes les autres'. Immdiatement en arrire des pieds-crochets pos trieurs se trouvent cinq pieds- rames, dj vus par M. Ehrenberg, qui en dessine assez exactement la position. Le se- cond, paitir de droite, est toujours implant considrablement plus en arrire que les autres; c'est l'inverse de ce qu'on voit chez les Euplotes, dont le second pied-rame, partir de gauche, est implant plus en arrire que tous les autres. Les trois pieds- rames suivants sont implants chacun un peu plus en avant que celui qui le pr- cde. Les pieds-rames de la St. Mytilus paraissent tre toujours dans l'tat normal comme chevels l'extrmit. Cependant, les filaments qui les terminent ne forment pas un vrai pinceau terminal : les pieds sont tronqus obliquement du ct droit, et c'est ce ct-l seul qui se divise en fdaments. Cela s'explique tout simplement, par le fait que ces extrmits sont composes de fibres disposes paralllement l'axe de l'extrmit mme; les fibres du ct gauche tant plus longues que les autres, s'tendent jusqu' la pointe extrme du pied-rame. Les pieds-rames ne sont du reste point cylindri- ques, mais larges et tout--fait plats. Les trois soies roides qui sont places la partie postrieure du corps ont t dj vues et figures par M. Ehrenberg>. M. Dujardin se contente de dire que cette Stylonychie est munie d'appendices trs- longs, formant une range de cils trs-forts en avant (cirrhes frontaux), une seconde I. l)';iilkMii>, .M. i:iiroiibeig, dans ses dnioiistrutiuiis |iiiiticulit'rcs, nous a iiioutri', sons smi propre microscope, celle mme espce comme tant sa St. Mytilus lui. 160 TUDES SUR LES INFUSOIRES raHf/i'w (le cirrhes recourbs en crochet, et des styles nombreux en arrire. Il ne fait aucune mention des soies. Les deux ranges tic cirrlies marginaux sont de longueur trs-ingale : celle de droite commence immdiatement au-dessous du front, tandis que celle de gauche ne prend son origine qu'un |)eu au-dessus du niveau de la bouche. La range gauche laisse la vsicule contractile sur la gauche; mais mesure qu'elle s'avance vers la partie pos- trieure de l'animal, elle se rapproche du bord et elle cesse au moment o elle atteint la soie terminale gauche. Chez beaucoup d'individus la range droite cesse galement au niveau de la seie terminale droite, mais chez d'autres, par exemple chez l'individu que nous avons reprsent, elle passe outre et ne s'arrte qu'un peu plus loin. M. Eh- renberg, qui a confondu les ranges de cirrhes marginaux et de cirr'hes fronto-buccaux en une seule range faisant le tour de l'animal, dit avoir compt le nombre total de ces cirrhes priphriques chez dix individus et en avoir trouv 122 144. Tout ce que nous pouvons dire ce sujet, c'est que le nombre de ces cirrhes est fort inconstant. L'individu que nous avons reprsent avait environ soixante cirrhes marginaux du ct droit et une trentaine du ct gauche, nombres qui doivent correspondre peu prs ceux de M. Ehrenberg. Mais il n'est pas rare de trouver les cirrhes marginaux et surtout les cirrhes frontaux beaucoup moins nombreux. Tout le long des cts droit et gauche se trouve sur la face dorsale une range de soies courtes et roides {l'oi.r la plandw) , dont nous devons la connaissance M. Lieberkhu. Ces organes ne sont visibles que dans des conditions d'clairage trs- favorables. [1 est singulier que M. Dujardin ait ni l'existence des cirrhes marginaux de la Stylonijchin Mijtilus, cirrhes qui n'avaient pas mme chapi) Eichhorn, quelque im- parfaits que fussent les instruments du sicle dernier. M. Ehrenberg estime un cinquime de ligne la longueur des plus- grands indivi- dus de cette espce. C'est en effet l environ le maximum, mais on trouve des indivi- dus fort diffrents les uns des autres quant la taille , tellement qu'on peut forme r comme une chelle depuis la St. ptistu/ata jusqu'aux plus gros individus de la St. My- tilus,el qu'il est permis de se demander, comme nous le verrons plus loin, si ces deux espces sont bien rellement difTrentes l'inie de l'autre. KT i,i;s Riiiy.opoDKS. \m M. Perly, qui parait n'avoir tHiuli les Stylonychies que d'une manire extrmement impaifaite, prtend que le Sf. Mi/li/ns se rapproche dj des Cobalines. Or, la famille des Cobalines renferme, d'aprs M. Pevly , <\efiP\ag\olomes fLmcophra nodoiit Ehv.J et les Opalines. Il est vrai ([uc M. Perty compte aussi parmi ses Cobalines le Kerona poljipnrHiH Khr. (Alaslot: Perty), qui appartient sans doute au groupe des Sty- lonychies. C'est un groupe peu naturel qu'une famille renfermant un Kronien, des Plagiotomes, et des animaux privs de bouche, dont on ne sait pas mme avec certi- tude si ce sont des infusoiies ou des larves de vers intestinaux. 1>" Sluloiiiiclna pustnIafM. Ehr. Int., p. :7-2. l'I.XLIl, Fig. I. (V. PI. VI, Fig. 2.) Dltr.NOSK. Corps non tUii';;! en .iv.nnl. Soii's non nimilies. Cet infusoire est un des plus connus vu sa frquence dans toutes les eaux, mais nan- moins nous n'en possdons que des descriptions et des figures fort imparfaites. M. Eh- renberg compte sur la face ventrale tiois soies, cinq pieds-rames et quatorze pieds- crochets. Ce dernier chiffre n'est pas tout--fait exact, ha Sty Ion i/chia pustidata ne \)ossde que treize pieds-crochets, exactement comme la St. Mytihis, et ceux-ci sont distribus parfaitement comme chez cette dernire. La plupart des figtu'es de M. Ehrenberg sont peu en rapport avec sa description. Les unes ont moins de cinq pieds-rames, d'au- tres n'en ont mme point du tout; (;elles-ci sont prives compltement de pieds-cro- chets, celles-l en ont moins de quatorze; d'autres n'ont pas de soies; chez un grand nombre, la fosse buccale est reprsente comme une simple fente longitudinale sur la ligne mdiane, tout--fait indpendante des cirrhes frontaux. Du reste, M. Ehrenberg lui-mme dit que la plupart de ces figures sont de vieille date, et que les figures 4, 3, 4 et 10 sont seules rcentes (Tab.XLTI, I). Il aurait mieux fait de s'en tenir ces der- nires et de supprimer les autres. D'ailleurs, ces quatre figures-l sont elles-mmes loin d'tre exactes. La figure 16 n'a que quatre pieds-rames au lieu de cinq ; les figures 1 et 3 sont indiques comme reprsentant la face ventrale, mais la figure 3 est renverse, reprsentant la range de cirrhes buccaux du ct droit, tandis qu'elle est - du ct gauche. Les pieds-crochets sont dans toutes les figures placs au hasard. 31 4(35 TUDES SUR LES INKUSOIRES Les figures de M. Dujardin sont bien plus inexactes encore que celles de M. Eli- renberg. 11 a confondu les pieds-rames et les soies avec les cirrhes marginaux. Dans la plupart des figures (PI. VI, figures 10, 11, 14 et 18), il n'indique pas de pieds- crochets, et dans la seule on il les indique il en dessine beaucoup trop (PL 13, fig. 7), savoir lu au lieu de 13. La distribution des extrmits est parfaitement la mme chez la St. pustulata que chez la St. Mytihis. Le bord droit de la fosse buccale est bord de la mme manire par des soies peu nombreuses, longues et fines. La taille et la forme de cette Stylony- chie varient l'infini. Le nombre des cirrhes marginaux est de mme excessivement variable. La forme (jue nous avons reprsente est l'une des plus frquentes, mais on en trouve d'autres qui sont ou plus courtes, ou de largeur moins uniforme. Les extrmits proprement dites, savoir les pieds-crochets et les pieds-rames, prsentent aussi de grandes variations, sinon quant leur nombre, qui est parfaitement constant, du moins quant leurs dimensions. Il arrive frquemment que les trois pieds-cro- chets antrieurs sont gigantesquement dvelopps, tellement que les autres n'appa- raissent que comme accessoires. Les pieds-rames sont tantt larges et courts ; tantt minces et longs; tantt ils n'atteignent pas l'extrmit du corps, tantt ils la dpas- sent considrablement. Des varits analogues se voient chez les extrmits de la S/y- lonychia Mytilus. Parfois les pieds-rames de la St. pustulata sont chevels leur ex- trmit, parfois aussi ils offrent un contour parfaitement net. En face de toutes ces variations, on peut se demander si la Slylonychia Mytilus et la St. pustulata sont bien rellement diffrentes l'une de l'autre en tant qu'espces*. Nous ne le pensons pas. La seule diffrence objective qu'on puisse allguer, c'est l'largis- sement considrable de la partie antrieure dans la grande Stylonychie ; mais le degr de cet largissement est excessivement variable, et il se retrouve du reste frquemment chez de petites varits {St. Sihmts, Ehr. V). On trouve, il est vrai, de lgres diff- rences dans la position relative des huit pieds-crochets antrieurs chez les diffrentes Stylonychies, mais ces diffrences s'expliquent toutes par les variations de forme de I. La .S(. puxtuluUi possde sur sa l'ace doisale Us iiiiiics pelilt's soies maii^iiialcs roides (jne nous avons men- tionnes coinnie ayant t dcouvertes par M. I.ielicrkidin, chez la SI. Mijlilus. ET LES RHIZOPODES. 1 63 la moiti antrieure de ranimai; le plan fondamental de la distribution de ces pieds reste toujours le mme. Il est bon de conserver les deux noms de M. Elnenberg comme dsignant deux types assez loigns l'un de l'autre, mais il ne faut pas oublier que ces deux types sont runis par toute une srie de formes intermdiaires, et qu'on ne peut gure leur accor- der une importance spcifique relle. La division spontane, soit transversale, soit longitudinale, est connue ds longtemps chez la Styloinjchia pusttdata. M. Ehrenberg parle galement d'un cas de bourgeonne- ment observ par lui. Ce cas semble pouvoir tre rapport, d'aprs la figure trs-in- suffisante qu'il en donne, une division longitudinale, dont l'un des segments serait fort petit relativement l'autre. Nous-mme, nous avons vu un exemple de bourgeonne- ment un peu diiVrent, qu'on peut rapporter une division transversale, dans laquelle l'individu postrieur serait relativement fort petit. La nouvelle range de cirrhes buc- caux s'tait forme plus en arrire que d'habitude, de telle sorte que l'individu post- rieur se trouva form uniquement par la partie de l'animal qui est situe entre les pieds-rames et le bord gauche. Lorsque le bourgeon se dtacha (Voy. PI. VI, fig. 3), il emporta avec lui les trois cirrhes marginaux gauches qui taient les plus rapprochs de l'extrmit postrieure, et l'animal-mre resta pendant quelque temps orn d'une profonde chancrure cette place. Dans la division transversale proprement dite, l'in- dividu postrieur emporte avec lui les pieds-rames et les soies de l'individu primitif. Dans le cas de bourgeonnement en question, des pieds-rames et les soies restrent l 'individu-mre ; le bourgeon se spara un moment o il manquait totalement de .soies et de pieds-rames, et o les cinq crochets ventraux situs en arrire de la bou- che faisaient encore dfaut. Les huit crochets antrieurs taient par contre dj for- ms: les trois premiers bien dvelopps, les cinq autres encore rudimentaires. Les cirrhes marginaux du ct droit taient forms, mais en petit nombre seulement. 3. Stylonychia fissiseta. (V. PI. VI, Fig. 4.) DiACNOSE. Corps de la lornio lie la StyUiyiyihid puslulala. Soies de la partie postrieure ramifies. Cette Stylonychie a une grande analogie de forme avec la prcdente, cependant elle s'en distingue facilement par trois caractres : 4 Le groupe de pieds-crochets est 164 TUDES SUR LES INFUSOIRES plus considrable; 2" les pieds-rames sont cilis l'extrmit ; 3" les trois soies ter- minales sont ramifies leur pointe. Le groupe d'extrmits antrieures se compose de onze pieds-crochets, tandis qu'il n'en compte que huit chez la Stjjtonychia pustulata. Cette diffrence n'est cependant qu'apparente. En effet, nous trouvons huit crochets disposs exactement comme ceux de la Sti/lomjchia pustilatu, et, en outre, trois autres placs sur le bord droit. Or, ces trois crochets supplmentaires se trouvent prcisment dans l'alignement des cirrhes marginaux. Ce sont, en effet, les trois premiers cirrhes marginaux du ct droit qui sont plus gros que les autres et qui, au lieu de se mouvoir de concert avec ceux-ci, che- minent en harmonie avec les pieds-crochets. Les pieds-crochets situs en arrire de la bouche sont disposs prcisment comme chez les espces prcdentes. Les pieds-rames sont de mme disposs comme chez la St. Mi/tilus et la St. pustulata, mais leur extrmit est recouverte de cils trs-fins. Ces cils ne sont pas l'analogue des fibrilles par lesquelles se terminent les pieds-rames de la St. Mtjlilus. Ce sont de vritables cils vibratils implants sur la surface mme du pied. Dj avant que nous connussions cette Stylonychie, M. Lieberkiihn avait constat, chez un animal appartenant ce genre, l'existence de cils vibratiles sur les pieds-rames. Il parat cependant que M. Lieberkiihn a e\i affaire une autre espce que la ntre. En effet, il nous parle d'une Stylonych ie del grosseur del 6Y//o- nychia Mytilus, et ne mentionne pas chez elle la division des soies, non plus que le nombre plus considrable des pieds-crochets. Les soies sont fort tongues et se divisent leur extrmit en trois ou quatre fila- ments fort minces. Les cirrhes marginaux sont courts, forts et peu nombreux. Chez un exemplaire de taille moyenne, nous en avons trouv treize du ct droit (non compris ceux qui sont mtamorphoss en crochets), et onze du ct gauche. Le front est trs-lev, et les cirrhes frontaux peu no mbreux. Les soies qui sont implantes sur le bord droit de la fosse buccale sont fort longues et plus faciles distin- guer que chez les autres Stylonychies. La Stylonychia fissiseta correspond pour la taille tout --fait au type moyen de la St. pustulata. Nous l'avons trouve une seule fois, mais en trs-grande abondance, dans les tourbires de la Bruyre-aux-Jeunes-Filles (Jungfernhaide), prs de Berlin. ET I.KS lllIZOPODES. 165 4 Sfi/lonychia chint a. (V. PI. VI, Fii;. Ti.) DiAGNOSE. ('.(H'|is |iliis rlKiil il |ilii.s alldii^i' (|iir ci'liii ilos ('s|ii'(es |ii(!'((''(l('iiles cl lirriss do soies sur son pouiloiii-. Cette Styloiiychie se distinguo facilement de toutes les autres, par les soies roides et fort longues dont son pourtour est hriss. Cependant, commecet animal est encore plus agile que les autres Slylonychies, sautant continuellement de et de l, ces soies ne ne sont pas tiop faciles apercevoir, et l'on arrive en gnral reconnatre cette espce avant d'avoir aperu les soies. Elle se distingue en effet trs-facilement des autres par sa forme troite et allonge et par ses pieds-rames qui, bien qu'implants comme chez les autres Stylonychies. se reconnaissent cependant immdiatement ce que les deux premiers ( partir de droite), sont fortement inclins droite, tandis que leur pointe s'inflchit lgrement vers le ct gauche. Un examen plus attentif montre d'ailleurs bientt d'autres diffrences. La range des cirrhes buccaux est fort courte et le coips tant trs-allong, il en rsulte que la bouche se trouve place relativement bien plus prs du front que chez les autres espces. La vsicule contractile, qui se trouve chez les autres Stylonychies peu prs au niveau del bouche, est place chez la St. echinata vers le milieu de la longueur du corps, c'est--dire bien en arrire de l'ouverture buccale. Les deux ranges de cirrhes marginaux sont beaucoup plus rappro- ches de la ligne mdiane que chez les autres espces, si bien qu'elles ne comprennent entre elles qu'une bande troite. Le groupe des extrmits antrieures se compose de huit pieds-crochets, disposs comme chez la Stylonychia pustulata et la St. Mytilus. Quant ce qui concerne les crochets placs en arriie de la bouche, nous ne sommes pas arrivs un rsultat par- faitement certain. Nous en avons dessin cinq, comme chez les autres espces ; mais nous n'oserions garantir ce nombre, non plus que la position que nous avons donne ces pieds ventraux. Du reste, l'espce est, sans cela, si bien caractrise, qu'il ne peut subsister aucun doute sur sa dtermination. Les soies dont est hriss tout le pourtour de la Stylonychia echinata, paraissent tre de mme ordre que les petites soies courtes et roides que nous avons mentionnes chez les St. Mytilus et pustulata ; mais elles sont incomparablement plus longues. Elles paraissent entrer en activit au 1 66 TUDES SUR LES INFUSOIRES moment o l'animal fait un bond. La Stylomjchia echinata atteint, en moyenne, une longueur de 0"">',085. Nous avons trouv cette espce en abondance dans les tourbires de la Jung- fernhaide, prs de Berlin ; dans la Havel, Pichelsberg prs de Spandau, et dans les tangs du Thiergarten de Berlin. M. Ehrenberg- mentionne quelques espces de Stylonychies que nous n'avons pas eu l'occasion d'observer, et sur la dtermination desquelles nous croyons devoir lever des doutes nombreux. La St. Silurus Ehr. (Inf., p. 375, PI. XLII, Fig. II) a la forme d'une -S^ Mytihis, avec la diffrence qu'elle est plus petite et possde 8 crochets au lieu de 13. La diff- rence dans le nombre des crochets est le seul caractre distinctif vritable avanc par M. Ehrenberg. Il suffirait, bien certainement, lui seul, distinguer deux espces, si l'on pouvait ajouter une confiance absolue aux nombres de M. Ehrenberg. Ce n'est malheureusement pas le cas, puisque nous voyons ce dernier attribuer la St. Mytilus 18 crochets, et la .S;, pustulala 14, bien que toutes deux en aient 13. Il est vrai que M. Perty cite la St. Silurus parmi les infusoires qu'il a observs en Suisse ; mais il ne nous dit pas quoi il l'a reconnue. Ce n'est certainement pas au nombre des crochets, car nous pouvons bien affirmer que M. Perty ne s'est jamais laiss aller compter les pieds d'une Stylonychie. Nous croyons donc devoir considrer la St. Silurus comme une espce excessivement douteuse. lien est de mme de la 5^ Histrio Ehr. (Inf., p. 373, PI. XLII, Fig. IV), bien que M. Ehrenberg lui donne des caractres trs- positifs. Il attribue, en effet, cette espce 3 4 pieds-rames, 6 8 crochets et un manque absolu de soies. Cela suffirait distinguer la St. Histrio de la St. pustulata, avec laquelle elle a une grande ressemblance. Mais la -S^ Histrio n'a t videmment observe que d'une manire trs-superficielle par M. Ehrenberg, comme cela ressort du fait qu'il hsite sur le nombre des extrmits, qu'il parle de trois ou quatre pieds- rames, de six huit crochets, tandis qu'il est bien certain que le nombre de ces extr- mits n'est pas soumis de telles variations. Quant au manque de soies, nous ferons ET I.KS lHIZOPODES. 167 remarquer que M. Eluenboigdnie aussi les soies VEtiflotes Charon, qui en est cepeu- daut toujours pourvu, et (ju'il nglige de les dessiner dans un grand nombre de ses figures de la St. puslu/ata. En somme, nous sommes fortement disposs croire que la Sf. Hisfrio Eln-. n'est ([u'unc varit de la St. pustulata que nous avons rencontre fort souvent, varit dans laquelle les pieds-rames sont, relativement, excessivement larges et comme serrs en un faisceau les uns contre les autres. Cette disposition se re- trouve tout--fait de mme dans les dessins que M. Ehrenberg donne de la St. Hisirio. M. Perty cite galement la St. Histrio parmi ses infusoires suisses; mais il nglige (et pour cause, sans doute), de nous dire quel caractre il l'a reconnue. La St. appendkulata Ehr. (Inf., p. 373, PI. XLII, Fig. III), observe par M. Eh- renberg dans la Baltique, prs de Wismar, n'est pas une Stylonychie. Elle est prive des cirrlies marginaux (pii ne manquent chez aucune espce de ce genre ; en outre, il est probable, en juger par les planches, qu'elle est munie de pieds dorsaux. C'est sans doute un animal appaitenant au genre ScLizopus, ou trs-voisin de <;e genre. La 67///. hmceolata Ehr., enfin, est un singulier animal, qui doit former un genre part, si les observations de M. Ehrenberg sont exactes. Cetauteur lui attribue 5 pieds- rames et 3 5 (?) crochets. Mais, en outre, il prtend que le corps est cili sur toute la surface. A en juger par la Fig. V, (Inf. PI. XLII), le dos mme serait cili. Ce se- rait l une anomalie singulire, car l'habit de cils est tranger tout le reste de la fa- mille. Aussi est-il permis de se demander s'il n'y a pas eu l une erreur. M. Perty cite, il est vrai, la Slyl. lanceolala, comme les prcdentes, au nombre de celles qu'il a observes en Suisse ; mais c'est une preuve nouvelle du peu de valeur qu'il faut atta- cher aux donnes de ce savant sur la famille des infusoires marcheurs. Il dit, en effet, qu'il a trouv Gmligermoos, Mnchenbuchsee et Egelmoos, des infusoires qu'on peut considrer comme tant la St. lanceolata Ehr. Il en a trouv d'autres plus petits sur le Monte-Bigorio. Il ajoute que ce n'est l, peut-tre, qu'une varit de la Slql. pustulata ! Nous serions vraiment curieux de demander M. Perty sur quel caractre il s'est fond pour reconnatre la Styl. lanceolata, car si les animacules qu'il a eus sous les yeux taient cilis comme la Stijl. lanceolata doit l'tre, nous ne savons de quel droit on pourrait les runir la StijL pustulata. ^^^ TUDES SUR LES INFUSOIRES M. Dujardin, qui n'a pas vu plus que nous la Sfi/L lanceolata, trouv(3, d'aprs la description de M. Ehrcnberg, qu'il esl bien dillicile de la distinguer de VUrnstyla grandis. Nous ne savons, il est vrai, pas d'une manire trs-positive quel infusoire M. Ehrenberg a dsign sous ce dernier nom ; mais il est certain pour nous que les animaux qui ont servi de base l'tablissement de ces deux espces taient fort diff- rents l'un de l'autre. Qu^ant l'animal que M. Cienkowsky (Zeitschr. 1". wiss. Zool. VI, PI. XI, Fig. 6) dsigne sous le nom de St. lanceolata, c'est, en juger par les dessins, non pas une Stylonychie, mais une Oxytrique (peut-tre l'O. fmca ou l'O. Urostyla). 4- Genre. F.ITLOTKS. Le genre des Euplotes est limit de la manire la plus naturelle, et ne parat pas jusqu'ici prsenter ces passages insensibles aux genres voisins qui rendent, par exem- ple, souvent la distinction des genres Stylonychie et Oxytrique quelque peu difficile. Mais si le genre lui-mme, tel qu'il est conu par M. Ehrenberg, est fort bien d- fini, il n'en est pas de mme des es|)ces qu'il renferme. Les Euplotes sont, comme tous les animaux de la famille qui nous occupe, des tres excessivement vifs et agiles, qui semblent le plus souvent se faire un jeu de la patience de l'observateur. C'est l ce qui explique pourquoi ils ont t jusqu'ici fort mal tudis. (Testa M. Ehrenberg que nous devons les donnes les plus exactes sur les Euplotes. Il a compris de suite qu'il de- vait baser ses distinctions spcifiques sur le nombre et la position des pieds et autres appendices qui se trouvent sur la face ventrale. Sans doute sa tentative est reste fort incomplte ; des erreurs nombreuses se sont glisses dans l'estimation du nombre des extrmits et la fixation de leur position relative, erreurs bien comprhensibles pour ceux qui ont essay d'tudier avec exactitude un Euplote quelconque. Les observa- teurs plus rcents sont venus embrouiller la question. C'est l tout au moins le cas poui- M. Dujardin, (|ui a surcharg le catalogue spcifique des infusoires d'une longue srie de noms nouveaux, noms qui devront presque tous en tre retranchs. ET LES RHIZOPODES. j 69 M. Diijardin nt' s'(^st, en elVel. pas rendu compte (l'une maniic bien exacte de la con- foimatiDii de ses Ploesconiens. Ceux-ci sont, suivant st>s propres paroles, munis sur une des faces de cilspars, charnus, pais, en forme de soies roides ou de crochets non vibratiles et servant la progression, portant, sur l' autri' face , une range semi-circu- laire, et en baudrier, ou en charpe, de cils vibralils l'gulirement espacs, dpassant le bord, et devenant plus minces partir de la partie antrieure jusqu' la partie pos- trieure o se trouve la bouche. Or, la face qui porte les organes servant la pio- gression est la face ventrale. D'aprs la description de M. Dujardin, la bouche se trouverait donc sur la face dorsale, ce qui n'est jamais le cas. La cause de cette erreur gt dans la circonstance que la range des cirrhes frontaux et des cirrhes buccaux est place obliquement par rapport au plan de section horizontal de l'animal. Le sommet de la range est bien rellement plac sur la face dorsale. Les cirrhes sont implants dans le sillon qui spare le front {Stirn Ehr .) du bord de la cuirasse. Ce sillon ou cette gouttire contourne le front en descendant sur le ct gauche de l'animal, si bien que les premiers cirrhes buccaux proprement dits' ne sont plus implants sur le dos, mais bien sur le ct gauche. La gouttire conservant son obliquit, la fin de la range arrive sur la face ventrale, o se trouve la bouche. M. Dujardin a surtout t frapp de l'irrgularit des Euplotes. Tout, dans leur forme, dit-il, manque de symtrie ou mme de rgularit. Il y a du vrai dans cette assertion ; ' mais en jetant un coup d'il sur les planches de M. Dujardin, on s'aperoit bien vite que l'auteur a singulirement exagr ce manque de symtrie. Il a dessin des extr- mits, un peu au hasard, tantt sur la face ventrale, tantt sur la face dorsale de l'ani- mal, et il en est rsult des formes fort diverses les unes des autres. Mais dans le fait, les Euplotes paraissent tre tous construits sur un type commun. Lorsqu'on s'est fa- miliaiis avec ce type, on n'est plus frapp par l'irrgularit de ces animaux. On s'ha- bitue, au contraire, considrer comme rguliei- tout ce qui est en harmonie avec ce type; mais alors les figures de M. Dujardin paraissent, pai' contre, fort irrgulires. M. Dujardin a bien eu une ide vague de ce type, ainsi qu'on peuts'en apercevoir lorsqu'il dit : Les cirrhes de la face infrieure ou ventrale sont disposs trs-irrgulirement; I. ('.'esl-i)-(lin' les prcniiers cirrlics ilc l:i lansi^e '!"> "'' ^^ont plus implaiili-s d.iiis Ir silliiii rmiilu-dorsal. 22 170 TUDES su K LES liNFUSOIRKS on remiuque nanmoins qu'ils sont plus abondants aux rltmx extrmits, et quelquefois ils forment comme une range vers le ct droit. Mais ce n'est l, comme nous le disions, qu'une ide fort vague. La range de cirrhes buccaux |)urat tre place, chez tous les Euplotes, sur le ct gauche. Soit M. Ehrenberg, soit M. Dujardin, l'indiquent, dans certain cas, du ct droit, mais il n'est pas douteux que ce ne soit l une mprise. Les pieds-rames forment une range transversale sur la partie postrieure de la face ventrale. I>a vsicule contractile se trouve, non loin de leur base, du ct droit de l'animal. M. Du- jardin, toujours fidle sa thorie, la confond avec les vacuoles situes dans le chyme de la cavit du corps. Il se contente en effet de dire, propos de ses Ploesconiens, ({u' l'intrieur on voit des vacuoles, les unes contenant des aliments, les autres ne contenant que de l'eau et se contractant plus rapidement ou disparaissant tout--fail. L'anus est plac immdiatement au-dessous de la vsicule contractile. Il est vrai que M. Ehrenberg l'indique du ct gauche, prcisment au-dessous de la bouche, mais c'est sans doute l une erreur de dessin. Le nuclus est toujoin-s unique, et point double comme chez les Oxytriques, les Stichochaetes et les Stylonychies. ESPCES. P uploU'S PateUa. Ehr. Inf., |). .'!78. l'I. XLH. (it;. [X. (V. PI. VII, Fig. 1-2.) DlA(;\0SK. Liiplotes oaraiiacc (nne de Hj^iies t'IeviVs lis-raihlcinciil iii:in|iiii s ; neiil |)ieils-i rochcls, riiiq pieds-i ailles el <|iiatie soies, dont deux raniilioes. Cette espce est facile reconnatre, (juelque gfossiers que soient les dessins qui en uni t donns jusqu'ici. Cependant, il n'est pas ais d'en donner les limites exactes, parce qu'elle varie de forme l'infini, suivant les localits, la nature des eaux qui la ren- ferment et d'autres circonstances non dtermines. Nous avons pris pour type (V. Fig. 1 ) la varit la plus large. Cette varit a la forme d'un rhombe un peu irrgulier et tronqu en avant. .\u milieu du front commence une fosse profonde qui, d'abord ET LES RHIZOPODES. 1 71 troite, s'largit mesure qu'elle s'tend sur la surface ventrale. A l'extrmit post- rieure do cette fosse se trouve la bouche, qui conduit dans un oesophage court et cili. Celui-ci a la forme d'un tube recourb, dont la concavit est tourne vers l'avant de l'animal. L'sopbage a, par suite, une direction presque transversale. La carapace est naturellement munie d'une ouverture qui permet la nourriture d'arriver la bouche. Mais la forme de cette ouverture ne concide point avec celle de la fosse que nous venons de mentionner. Le bord gauche de l'ouverture de la carapace suit exacte- ment la ligne d'implantation des cirrhes buccaux sur la partie charnue de l'animal. Il se rapproche, par consquent, beaucoup plus du bord gauche de l'animal que ne le fait le bord de la fosse; et une rgion charnue, de forme plus ou moins triangulaire, se trouve mise dcouvert entre le bord gauche de la fosse buccale et le bord gauche de l'ouvertui-e de la carapace. Il n'y a, comme on le voit, que la moiti infrieure de la range des cirrhes buccaux qui soit implante immdiatement au bord de la fosse. Ces cirrhes-l sont considrablement plus courts que les autres. La moiti antrieure de la range est compose de cirrhes plus longs, qui affectent, en gnral, une position dilTrente de celle des cirrhes de la moiti infrieure. Ils se relvent en effet, en gnral, contre le bord de la carapace et se recourbent vers l'axe de l'animal. La partie droite de la fosse buccale n'est point dcouvert. Le bord droit de l'ouverture de la cuirasse fait saillie et la recouvre comme une espce de toit. Les cirrhes frontaux sont en gnral au nombre d'une douzaine. M. Ehrenberg est le seul qui se soit donn la peine de compter les extrmits de VEuplotcs Patella. M. Dujardin s'est content de copier les nombres de M. Ehrenberg. Malheureusement, ces nombres sont loin d'tre exacts. M. Ehrenberg compte quatre pieds-rames de longueur gale et situs dans un mme plan. Dans le fait, il y en a cinq, de longueur assez ingale. En les comptant de droite gauche, on trouve les trois premiers en gnral passablement plus courts que les deux derniers. Les points d'insertion de ces styles forment une ligne brise. C'est le premier du ct droit qui est insr le plus en avant. Les trois suivants sont insrs un peu plus en arrire et, de plus, en arrire les ims des autres. Le cinquime est, par contre, insr un peu plus avant que celui qui le prcde. Le plastron de l'Euplotes prsente des ctes le- ves qui sparent les bases des pieds-rames les unes des autres. 172 TUDES SUR I-ES INFUSOIRES La vsicule contiaclile est immdiatemenl au-dessous et eu arrire des deux styles de droite. M. Ehrenberg compte huit crochets marcheurs. L'Euplotes Patellu en a toujours neuf. Il n'est p:is possible de dterminer, d'aprs les dessins du professeur de Berlin, lequel des crochets lui a chapp, car il a reprsent un peu au hasard, sur ses des- sins, la position des pieds qu'il avait compts. Trois crochets sont implants sous la partie di'oitc du front. Un quatrime est plac prs de l'angle form par la partie droite et antrieure de l'animal. Au-dessous de ces quatre crochets se trouve une range transversale de tr-ois autr-es, celui du milieu tant plac plus en avant que les deux auti-es. Enfin, beaucoup plus en arrire, dans une rgion plus rapproche des pieds- rames, se trouvent les deux derniers. Outre les extrmits sus-mentionnes, VEu- flotes Patella prsente quatre soies fines et loides, implantes chacune sur un petit bulbe avec lequel elles sont, pour ainsi dire, articules. Deux d'entr-e elles sont places sur' le bord gauche de l'animal, non loin de son extr-mit postrieur-e. M. Ehr-enberg les a vires, et les dsigne comme tant deux cr'ochets placs en arrire et du ct droit. Cependant, ces soies fines n'ont rien fair-e avec les cr-ochets-marcheur's. Elles ne sei'vent point la progression ordinair-e, et ne paraissent se mettre en mouvement que lorsque l'animal fait un saut. Un peu dr-oite de la pointe postrieure de l'animal se trouvent enfin deux autres soies, qui ont la particularit d'tr-e r'amifies leur exti'- rait. Nous ne savons .si M. Ehr-enberg a bien vu ces deux soies. Il parle de deux styles isols, du ct dr'oit, compltement part des autres. Ce pourraient bien tre l les deux soies en question, bien que la place qu'il leur assigne dans ses figures ne con- cide gure avec cette intei'pr^lation. Err somme, M. Ehreirberg compte dix crochets et six pieds-rames, c'est--dire seize extr-mits, ce qui ne s'loigne gure du chiffre rel dix-huit. M. Dujaidirr a dj reconnu l'existence des soies ramifies chez VE. Patella, mais il a r'eprsent sur sa planche huit soies, au lieu de quatr^e, et il en a dot trois de ra- mifications. Il dessine en tout vingt-huit extrmits, c'est--dire prcisment dix de trop, et il en implante une justement dans la bouche (V. Duj., Fig. I, PI. 8), quel- que anormale que cette position puisse paratr-e. Du r-este, les figures 1 et 4 de M. Du- ET LES niiizo'imivs. 1 73 jardin sont renverses; elles reprsentent les cirrhes buccaux du ct droit et les cro- chets du ct gauche, tandis que c'est la position inverse qui se rencontre dans la nature. Comme nous l'avons dj mentionn, la lornie de VEup/otcs Pate/la varie sensi- blement, suivant les cas. Tantt la cuirasse est Tort lari^e et anguleuse, tantt elle est troite et dpourvue d'angles saillants. Le nombre liabituel des ctes leves dont cette carapace est munie sur le dos, est de sept huit; mais ce nombre diminue lorsqu'on a aiaire des individus troits. Nous avons rencontr parfois, Berlin, dans de l'eau douce, et dans la mer du Nord, prs de GlesnEsholm, un Euplotes, que nous avons reprsent (PI. VII, Fig. 2), et que nous rapportons avec doute ['Euplotes Patella. Il s'loigne excessivement du type de l'espce, pour ce qui concerne ses con- tours. Le bord droit et le bord gauche de la cuiras.se sont devenus parallles entre eux. L'animal est largement tronqu en avant. En revanche, le nombre et la position des crochets, des pieds-rames et des soies concorde parfaitement avec le type de VEuplotes Patella, ou du moins, s'il se prsente quelques diffrences dans la position relative, ces diffrences s'expliquent suffisamment par le rtrcissement gnral de l'animal. Les deux soies de droite sont aussi ramifies. Il est possible qu'il faille considrer cet Euplotes comme une espce particulire; mais c'est ce que nous n'osons faire en pr- sence des nombreuses variations de forme que nous prsente VE. Patella. Nous croyons plutt ne devoir trouver en lui qu'une race assez carte du type primitif. 2 Euplotes Charon. Elir. lui., p. .m. IM. XLIl, fig. X. (V. PI. VII, Fig. 10.) DiAtiNOSE. Caraiiacc .sillonne (!<: colf.a longilmlinales granules et IrS-marques. Dix piods-crocliels, cinq pieds- rames el quatre soies non ramifies. Nous appliquons ce nom une espce qui ne rpond que d'une manire bien in- suffisante la description que M. Ehrenberg a donne de son E. Charon, et cepen- dant, nous ne doutons pas que nous n'ayons eu sous les yeux le mme animal que ce savant. Notre Euplotes Charon est excessivement commun, soit dans l'eau douce, soit dans la mer. C'est une espce qui, vu sa frquence, a aussi peu de chances d'chapper aux 174 TUDES SUR LES INFUSOIRES recherches de l'observateur, que le Paramecium Aurlia, par exemple, et cependant, ni M. Ehrenberg, ni M. Dujardin n'ont donn de descriptions ni de figures, dans les- quelles on puisse la reconnatre avec certitude. Il faut admettre forcment que ces au- teurs ont bien vu l'Euplotes en question, mais ne l'ont reprsent que d'une manire insuffisante. La diagnose que M. Ehrenberg donne de son Ewplotes Charoii (E. testula minore, ovato-elliptica, aiitico fine oblique subtruncata, dorsl striis j/ranulatisj, s'ap- plique fort bien notre espce. Ses figures concordent galement, pour la forme gn- rale, avec celle-ci. La plus grande diffr'ence entre VE. Charon de M. Ehrenberg et le ntre, consiste en ce que M. Ehrenberg dclare n'avoir point vu de soies chez le pre- i mier, tandis que nous en avons toujours trouv quatre chez le second. Or, VE. Cliaron de M. Ehrenberg doit tre une espce assez rpandue, et nous n'avons cependant ja- mais vu, ni dans la mer ni dans les eaux douces, d'espce analogue qui ft dpourvue de soies. Notre espce tant, par contre, fort commune, et M. Ehrenberg ne l'ayant pas mentionne, il semble bien permis d'en concluie que M. Ehrenberg n'a pas vu les soies de 1'^. Charon, soies qui, vu leur finesse, sont en etfet souvent fort difficiles apercevoir, surtout lorsque l'animal se meut avec une certaine agilit. M. Ehienberg attribue VEnplolrs Charon huit crochets-marcheurs, qui souvent | se rduisent, en apparence, sept [oft scheinhar sieben). En quoi peut consister cette 1 rduction apparente ? c'est ce que l'auteur ne dit pas et ce que udus ne savons expli- quer. Dans le fait, 1'^. Charon, n'a pas huit crochets, mais bien dix, disposs comme * nous l'indiquons dans notre figure. Les pieds-rames sont au nombre de cinq, comme \ M. Ehrenberg l'indique. Les soies sont places de la mme manire que dans :, VEuplotes Palella, deux droite et deux gauche; mais elles ne sont jamais rami- fies. ^ M. Ehrenberg indique environ trente cirrhes frontaux et buccaux. Nous avons omis de les compter. L'anus est, comme chez les autres Euplotes, du ct droit, en arrire de la vsicule contractile, et non gauche immdiatement au-dessus de la bouche, comme M. Ehrenberg l'indique. La carapace est munie, sur le dos, de six ou sept ctes longitudinales. Il ne nous a pas t possible de dterminer si la Ploesconia Charon de M. Du- ET LES lllIZOPODES. 175 jardin est identique avec notre E. Charon. Il lui allribue des cirrhes assez longs et droits, en arrire, mais point de cirrhes corniculs en avant. Plus loin, il dit que ces cirrhes droits sont distribus irrguliiement vers l'extrmit postrieure et le long du bord droit. Par ces derniers mots, il veut videmment dsigner les cirrhes corniculs, soit crochets-marcheurs. La figure donne par M. Dujardin ne nous donne pas de rensei- gnements plus exacts; mais nous pouvons affirmer priori, que, chez aucun Euplotes, les crochets et les styles ne peuvent tre implants d'une manire aussi anormale que dans la figure en question. M. Dujardin ayant en outre nglig de compter le nombre des appendices, il n'est pas possible de reconnatre l'animal qu'il a dsign sous le nom de Plsconia Charon. Il n'est pas douteux que les Eup/otex Charon de la mer et ceux des eaux douces ne forment qu'une seule et mme sespce. Il est vrai que, si l'on plonge subitement des Euplotes des eaux douces dans de l'eau de mer, ils prissent presque immdiatement. Mais nous avons trouv qu'on peut les habituer graduellement ce changement d'ha- bitation sans qu'il en rsulte d'inconvnient pour eux. C'est, du reste, ce que M. Cohn a dj mentionn il y a quelques annes'. :}" Eup/ok's /onf/ipf'K. (V. PI. VII, Fig. 3.) Di\(;nose. l'i(:Us-crucliel!< au iioinhic tic 10: soifs ikiii raniilies. Kosso Imcralp ii Imrds pou pirs |iarallles entre eux. Carapace non slrie. Cette espce ne nous est comme que d'aprs un dessin communiqu par M. Lach- mann. Elle se rapproche beaucoup le VEwplotcs Charon, par les dtails anatomiques ; mais son habitus est tout diffrent. Le nombre des appendices est le mme chez les deux espces. Cependant, les pieds-crochets sont distribus d'ime manire un peu dif- frente, comme on peut s'en convaincre par l'examen des figures. Le bord droit et le bord gauche du corps sont parallles entre eux. La fosse buccale conserve peu prs partout la mme largeur, tandis que chez 1'^. Charon elle est notablement plus large en avant qu'en arrire. Soit les pieds-crochets, soit les pieds-rames, sont extrmement longs et vigoureux. Enfin, le dus lisse empche toute confusion avec VE. Charon. I. KniwicKnUingsgesctiiciite der niikroskopisclieii Alycii un IMIze, p. 473. I^Ct TUDES SUR les' INFIJSOIRES Celte espce a t observe par M. Lachmann, soit prs de Valloe, dans le fjord de (christiania, soit dans le fjord de ReiiTf.n. 4" Ei(flot/'s excavtilus. (V. PI. Vil, Fig. 45.) I>IA(;\().SK. Corps tri's-convcxo sur 1p iIos. Six pli^ds-croclu-ls . loi*. -Jg^ TUDES SUR LES INFUSOIRES Genre. SCHIZOPIIS. Ce genre est suffisamment caractris lorsque nous disons qu'il est form par des animaux constitus comme les Euplotes, mais ayant, en outre, des pieds dorsaux si- tus du ct droit. La cuirasse des Schizopus est moins accuse que ne l'est, en gn- ral, celle des Euplotes. i Schizopus norwegicus. (V. PI. VII, Fig. 0-7.) DuGNOsK. .Sil]iz(>|ins iiiiini de trois pieds dorsaux, sept pieds-rames et sept pieds-crochets. Cet infusoire rappelle tout--fait, par sa forme, VEuplotos excavatus. Sa face dor- sale est bombe, tandis que la face ventrale prsente un large sillon longitudinal, dans lequel sont loges les extrmits ventrales et la fosse buccale. Vu de dos, le Schizopus rappelle, par sa forme, un tatou ou un Glomeris tendu. Il prsente son extrmit po.strieure, du ct droit, une excavation semi-lunaire, dans laquelle sont implants les trois pieds dorsaux; ceux-ci sont inflchis du ct gauche et diviss en fdaments leur extrmit. L'effilement de ses pieds est constant, et n'est point une suite des circons- tances anormales dans lesquelles se trouve plac l'animal pendant l'observation.^ Le ct droit prsente, en avant, une chancrure assez prononce. Le bord antrieur est garni par des cirrhes frontaux vigoureux, dont nous avons malheureusement nglig de compter le nombre. La face ventrale nous prsente d'abord la fosse buccale, loge dans la partie ant- rieure du large sillon longitudinal. C'est une fosse ovale dirige obliquement d'avant en arrire et de gauche droite. La bouche se trouve, comme chez les autres genres de cette famille, l'extrmit postrieure de la fosse. Tout le long du bord de la fosse sont implants les cirrhes buccaux ; ceux-ci sont recourbs vers l'axe longitu- dinal du Schizopus, et se meuvent avec un ensemble tel, qu'on croit avoir devant soi, non pas une range de cirrhes, mais une membrane ondulante. ET LES IIIIIZOI'ODES. i ^3 Les pieds-rames, ou styles, forment une range transversale clans la moiti post- rieure. Il y en a cinq principaux, dont le premier ( paitir de la droite de l'animal) est considrablement plus court que les suivants. En somme, ces pieds-rames sont relativement plus courts que chez la plupart des Euplotes, car au lieu de dpasser l'extrmit postrieure du corps, ils sont, au contraiie, notablement dpasss par elles. Ceci provient, du reste, peut-tre moins de la brivet mme de ces organes, que du fait qu'ils sont implants assez en avant. A gauche de ces cinq pieds-rames principaux , s'en trouvent deux autres plus courts et plus minces, mais pas assez minces pour mriter le nom de soies. Ils sont, du reste, implants plus en avant que les autres. Enfin, notre Schizopus possde sept pieds en crochets, distribus, du ct droit, dans le sillon ventral. Les quatre antrieurs sont disposs de manire ce que leurs bases forment un rhombe peu prs rgulier ; les trois autres sont rangs peu prs en ligne droite sur le bord droit du sillon. La vsicule contractile est place prcdemment comme cliez les Euplotes, c'est- -dire du ct droit et un peu en arrire du point d'insertion des pieds en rame. Nous avons malheureusement nglig de mesurer la longueur du Schizopus. Les deux figures que nous en donnons le reprsentent un grossissement d'environ 300 diamtres. Lorsque l'animal se divise spontanment, l'individu postrieur garde, non seule- ment les anciens pieds-rames, mais encore les pieds dorsaux. Les nouveaux pieds dor- saux, qui doivent appartenir l'individu antrieur, se forment sur la face dorsale de l'animal-mre, peu prs dans le milieu de la longueur, un peu siu' le ct droit. Nous avons frquemment rencontr le Schizopus enkyst. Les kystes taient sph- riques, surface unie. Il tait facile de reconnatre, au travers de leur paroi, soit les pieds-rames, soit les pieds-crochets, soit les cirrhes frontaux. Nous avons trouv le Schizopus norwegicus Bergen, en Norwge, dans l'eau de mer; il vit entre les florides et autres algues, qui abondent sur certains points de la cte. Nous lui avons, en gnral, trouv une couleur jauntre, que nous avons rencon- tre galement chez VEup/otes excavatus et chez quelques autres espces. Il est proba- ble que cette couleur provient de la nourriture avale. 184 TllDES SUR LES INFUSOIRES C'est sans doute au genre Scliizopus qu'il l'aut rapporter un animalcule observ dans la Baltique, prs de Wismar, par M. Ehrenberg, et auquel celui-ci donne le nom de Stylonychia appendiadata. Cet infusoire ne peut, dans tous les cas, appartenir au genre Stylonychie, parce qu'il est dpourvu de cirrhes marginaux. Les appendices dont il est muni du ct droit, l'extrmit postrieure, nous paraissent tre de l'or- dre des pieds dorsaux, ce qui rapprocherait tout--fait cet animal des Schizopus. i 6'"'^ Genre. CAMPYLOPUS. Ce genre se distingue facilement du prcdent par l'absence de pieds en crochets , mais il a comme lui des styles et des pieds dorsaux. Les Schizopus forment donc un passage tout naturel des Euplotes aux Campylopus. Les pieds dorsaux de ces derniers ne sont pas implants directement sur la face dorsale de l'animal : ils sont encore recouverts pai' un mince prolongement de la cuirasse; mais comme leur base se trouve^loge immdiatement au-dessous de cette mince lame, elle appartient plutt la rgion dorsale qu' la rgion ventrale. Il est, du reste, une circonstance qui justitie notre manire de voir- et qui montre que les pieds dorsaux des Campylopus sont bien assimilables ceux des Schizopus. En eUet, lorsqu'on trouve un Campylopus dans la division spontane, on remarque bientt que les pieds dorsaux qui appai-tiennent l'individu antrieur, n'apparaissent point, sui la face ventrale de l'animal-mre, mais dans une fosse qui part du ct droit de l'animal et qui s'enfonce vers la lgion dor- sale, en n'tant recouverte que par un mince repli des tguments. Les Campylopus sont des animaux fort singuliers dans leurs mouvements, et par suite excessivement difficiles suivre et observer. On les voit pi'ogresser pendant quelques instants, en ligne droite, comme par magie. Les nombreuses soies et autres extrmits dont ils sont pourvus restent, pendant ce temps, parfaitement immobiles : les cils frontaux sont seuls en mouvement; mais comme l'attention se porte involon- tairement sirr l'nergique appareil natatoire dont est dou l'animal, et que cet appa- ET LBS lilIIZOPODES. 1^5 reil reste parfaitem ent immobile, le mode de progression du Campylopus semble avoir quelque chose de mystrieux. Tout coup l'animal disparat, grce un bond, rapide comme l'clair, qui l'emporte dans des rgions fort loignes du champ visuel, et il faut chercher d'ordinaire bien longtemps jusqu' ce qu'un autre bond ramne par ha- sard le fugitif sous les yeux de l'observateur. Ces bonds se rptent frquemment, mais avec une nergie telle, que les sauts des Stylonychies et des Euplotes ne peuvent en donner qu'une bien faible ide. Il rsulte de la vlocit mme de ce genre de mou- vement, que nous ne pouvons pas indiquer la manire dont il se ralise. Il n'est pas douteux que les pieds-rames, les soies et les pieds dorsaux n'agissent, soit de concert, soit isolment, pour produire le bond : c'est du moins ce que rend fort probable la prsence de ce puissant appareil de locomotion, dont nous ne saurions, sans cela, expli- quer l'utilit. 1 Campylopns paradoxus. (V. PI. VU, Fig. 8-9.) Dur.NOSE. Carnpylopns ay;ml fl .soies cl do plus 8 pieds Ions puslrienrs, dont si\ du n'ilr druil el rleiix ilii ct };:iiiilie. Cet infusoire a une. forme plus ou moins vaguement elliptique; mais son axe est inflchi, en arrire, quelque peu du ct droit; il est muni d'une carapace semblable celle des Euplotes, laquelle porte trois ctes longitudinales saillantes sur le dos, l'une mdiane, les autres sur les deux cts. La partie postrieure de la carapace est fortement chancre du ct droit ; le front est garni de cirrhes frontaux vigoureux ; la face ventrale est plane, mais offre une large excavation longitudinale, la fosse buccale. Cette fosse n'est point dirige, comme chez les Schizopus, obliquement de la gauche et de l'avant vers la droite et l'arrire, mais bien plutt par rapport l'axe de la droite et de l'avant la gauche et l'arrire. La bouche se trouve situe l'extrmit post- rieure de cete fosse, c'est-ii-dire quelque peu en arrire du milieu du corps. .\n pre- mier abord, on ne remarque pas de cirrhes buccaux, on distingue seulement dans l'int- rieur de la fosse une ligne longitudinale peu loigne du bord gauche de cette fosse. Bientt on reconnat que cette ligne est le bord libre d'une soupape d'apparence mem- braneuse, qui, de temps autre, se soulve et s'abaisse alternativement et avec len- teur. Le bord oppos de cette espce de soupape est fix au bord gauche de la fosse 2* 486 TUDES SUR LES INFUSOlItES buccale. 'Il parat, du icsle, qu'il ne s'agit point l d'une vraie membrane. Cette appa- rence est produite par la range des cirrhes buccaux, qui se meuvent avec un ensemble parfait et simulent, en consquence, une membrane ondulante. La partie postrieure de l'animal prsente deux fosses ou excavations semi-lunaires, dans lesquelles sont loges les principales extrmits. Celle du ct droit est beaucoup plus large et plus profonde que celle du ct gaucbe. Ces tleux fosses sont spares l'une de l'autre par une espce d'isthme charnu qui se prolonge jusqu' l'extrmit postrieure de l'animal, et dans lequel pntre la cavit du corps. Soit la fosse droite, soit la fosse gauche, sont recouvertes par une espce de toit mince, form par un pro- longement de la carapace. Dans la fosse droite sont loges six extrmits. Lorsqu'on considre le Canipylopus paradoxus |)ar la face ventrale, on trouve l'ouverture bante de cette fosse remplie pai- trois pieds-rames peu prs droits; ces pieds sont forts, larges et diviss en un faisceau de filaments l'extrmit : ces extrmits-l sont par- faitement analogues aux pieds-rames des Euplotes, des Schizopus et des Stylonychies. On remarque en mme temps que ces pieds-rames recouvrent trois autres extrmits recourbes et fort larges; celles-ci ne se voient dans toute leur tendue que lorsqu'on considre le Campylopus par la face dorsale. Les extrmits recourbes sont, eu effet, des pieds tiorsaux, dont l'insertion est superpose celle des pieds-rames. Les trois pieds dorsaux du cot droit sont considrablement plus larges et plus forts que les pieds-rames de la face ventrale. Leur extrmit est fortement inflchie du ct gauche et se divise galement en un pinceau de fds. La fosse gauche ne loge dans son int- rieur que deux extrmits l'ecourbes, qui sont fort larges leur origine, mais qui vonl en s'amincissant par degrs et finissent en pointe : ces pieds sont logs tout--fait dans le fond de la fosse, immdiatement au-dessous de la lame tectrice fournie par la ca- rapace, de sorte qu'ils rentrent de dioit dans la catgorie des pieds dorsaux. Ils sont diviss en filaments l'extrmit, comme les prcdents, et inflchis du ct droit. Outre ces 8 pieds, le Canvpjjlopus paradoxus nous a encore prsent six soies effiles; quatre d'entie elles sont situes du ct droit sur la face ventrale; l'une est implante immdiatement au bord anlrieui- de la fosse droite : c'est la |)lus longue et la plus forte des quatre. Un peu plus en avant et plus droite se trouve une seconde soie plus courte. Celle-ci est suivie, dans la mme direction, par une troisime, plus KT i,i:,s rhizupodes. 187 large qu'elle; puis par une (piatrime, qui est, son tour, plus courte encore. Du ct gauche sont deux soies, assez brves, implantes lout--fait sur le boni ventral, en avant de la fosse gauche. La vsicule contractile n'est point place du ct droit, comme chez les Euplotes et les Schizopus, mais du ct gauche, immdiatement en avant des deux pieds dorsaux gauches. Li' plus gros individu que nous ayons rencontr atteignait une longueur de 0""",40 ; mais c'tait \n) individu montrant dj des signes de division. La plupart des Campylopns observs n'atteignaient que les deux tiers environ de la longueur de celui-l. Nous avons li ouv le Cnnipi/lopus paradoxus en grande abondance dans la mei-, sur la cte de Norwge, soit Vallce, sur les bords du fjord de Christiania, soit Christiansand, soit Bergen et Gleswr, prs de Sartoroe. C'est un animal ctier qui eire entre les ceramiums, les ulves, les zostera et autres plantes marines. C'est sans doute ce genre qu'il faut rapporter l'animal dcrit par M. Dujardin comme une Plsconia Scutum, mutile et figure dans sa PI. 10 ( Fig. 7'' et 7'=). M. Stein rapporte avoii- trouv dans la Baltique un animal qu'il croit devoir rapporter la PL Scutum ', et il ajoute, ce sujet, que cet animal devra dornavant former un genre particulier, parce que la partie postrieure de son corps est munie de prolon- gements styliformes, non pas seulement du ct ventral, comme cela a lien chez les Euplotes, mais encore du ct dorsal. M. Stein a nglig de dire si cet animal, qu'il a eu sous les yeux, possdait des pieds-crochets ou non ; de sorte que nous ne pouvons savoir s'il a eu affaire un Schizopus ou un Campylopus. Cependant, la figure, dans tous les cas fort inexacte, de M. Dujardin, a ])lus d'analogie avec ce dernier genre qu'avec le premier. L'individu de la Fig. 7'- est reprsent avec deux crochets; celui de la Fig. 7* avec un seul. M. Stein propose de conserver le nom de Plsconia pour I. s. Stftin. liiriisiiiiisUi., |p. I."i. 188 TUDES SUR LES INFUSOIRES ce genre; mais d'un ct nous ne savons pas prcisment s'il a eu affaire un Cam- pylopus ou un Schizopus, et de l'autre , le nom de Plsconia tant encore trs- employ en France pour dsigner les Euplotes, peut donner lieu des confusions. Aussi prfrons-nous notre dsignation de Campylopus. M. Guido Wagener a observ dans la Baltique, Wismar, un animal qui a une grande analogie avec notre Campylopus paradoxiis. Nous ne pouvons taire ici la cir- constance qu'il n'est pas tout--lait d'accord avec nous sur la manire dont est dispos l'appareil buccal. D'autres petites diffrences doivent tre sans doute rapportes une diffrence spcifique. Du reste, notre animal est trop bien caractris par ses pieds, ses soies et sa carapace, pour qu'il puisse rgner quelque doute quant sa dter- mination. 7" Genre. ASPIDISCA. Les Aspidisca se distinguent facilement de tous les autres genres de la famille par l'absence des cirrhes frontaux. M. Ehrenberg a caractris ce genre d'une manire bien diffrente, puisqu'il en l'orme une famille distincte parmi ses Alloircta, tandis que ses Oxytrichina et ses Evr plotina sont, pour lui, des Catotreta. Nous avons dj vu combien cette distinction est fictive. La manire dont nous caractrisons notre genre Aspidisca, nous permet de faire rentrer sous cette rubrique l'espce typique de M. Ehrenberg, son Aspidisca Ltjnceus. Il est probable que le genre Coccudiua de M. Dujardin repose, en grande partie tout au moins, sur quelques espces du genre Aspidisca. Mais cet auteur a donn de ses Coccudines une caractristique tout aussi imparfaite que la diagnose g- nrique des Aspidisca Ehrenberg. En effet, le principal caractre qui doit servir distinguer les Coccudines des autres Plsconiens, c'est l'absence de la bouche. Or, un Oxytrichien astome est dj, priori^ quelque chose de fort invraisemblable, et il n'y a, pour nous, aucune espce de doute que les Coccudines sont toutes munies d'un orifice buccal, mais que M. Dujardin n'a su le voir. La bouche des Aspidisca est en effet fort diflicile reconnatre, loge qu'elle est entre les deux valves de la carapace, mais KT LKS r.HIZOPODES. 489 elle occupe la mme position que cliez les Euplotes. Du reste, s'il est incontestable que M. Dujardin a observ en gnral tous ses Plsconiens d'une manire trs-impar- faite, cela est vrai surtout de ses Coccudines, et ce serait un travail inutile et presque drisoire que de s'arrter aux diagnoses spcifiques qu'il a donnes de ces infusoires. Tout ce que nous pouvons dire ce sujet, c'est que la Cocctidinu costata Duj. (Inius., p. 446, PI. X, fig. 1) et la C. poh/poda Duj. (p. 447, PI. X, fig. ?>) sont probablement des Aspidisca; encore est-ce plus que douteux pour la seconde espce, qui, en juger par une des iigures, paratrait avoir des cirrhes frontaux. Quant la C. crassa Duj. (p. 44(i, PI. X, fig. "2), c'est probablement un Euplotes, et pour ce (pii concerne la C. Cicada Duj. (PI.- XIII, fig. 1), nous n'osons nous aventurer mettre aucune opi- nion quelconque. Les Aspidisca ont, comme les Euplotes, une cuirasse apparente forme pai- une espce de raideur ou d'induration des tguments. Cette cuirasse se compose de deux pices, une carapace et un plastron, entre lesquelles se trouve, du ct gaucbe, un sillon assez profond. C'est dans ce sillon que sont logs les cirrhes buccaux. Ils y sont si bien cachs que le plus souvent on a beaucoup de peine les apercevoir. Le bord dioit et antrieur de l'animal forme un arc continu qui atteint une grande paisseur. Cet arc est tout--fait caractristique pour le genre Aspidisca et permet de recon- natre sur-le-champ les espces qui lui appartiemienl. C'est l'extrmit gauche de cet arc que M. Ehrenberg dsigne, chez VAspidisca Lynceus, sous le nom de front crochu ou de bec. Lorsque l'animal marche l'aide de ses appendices, l'arc marginal forme comme une espce d'avant-toil protecteur ou d'abat-jour qui descend bien plus bas que le niveau du plastron. La vsicule contractile est situe prcisment comme chez les Euplotes et les Schizopus. Il est probable que l'anus occupe galement une place identique. ESPCES. P Aspidisca tmrila. (V. PI. VII, Fig. il-lS.) SN. Euplolca (iiiiiliis. Elir. lui., |i. 580. l'I. XLl, Kig. XVI. DiAGNOSE. A.spitlisca carapace dpourvue de clcs, mais surmonte d'une pine longue et recourbe en arrire. Cette espce est videmment la (mme que M. Ehrenberg a dcrite sous le nom 1!H> TUDES SUR LES INFUSOIRES (VEup/oti's lurritHs, tout en remarquant dj qu'elle serait mieux place dans le genre Aspidisca. Les individus reprsents par cet auteur sont arms, il est vrai, d'une pine relativement plus mince et plus longue que les ntres. Mais M. Ehrenberg ajoute que les exemplaires figurs ont t observs dans l'eau de mer, prs de Wismar, et que ceux qu'il a rencontrs dans l'eau douce, prs de Berlin, avaient une pine plus courte et tronque. Les individus que nous avons observs habitaient de mme les eaux douces des environs de Berlin; toutefois, leur pine tait pointue. Peut-tre s'agit-il de deux espces diffrentes, mais trs-voisines Tune de l'autre. M. Ehrenberg compte chez son Etip/otes turritus cinq pieds-rames et cinq pieds- ciochets. Poiu- ce qui nous concerne, nous trouvons les premiers au nombre de cinq et les seconds au nombre de sept. Les pieds-rames sont placs immdiatement der- rire le bord postrieur du plastron, et sont videmment les analogues des pieds-rames des Euplotes, des Schizopus et dps Campylopus. Toutefois, ils prennent une part beaucoup plus active que ces derniers la marche de l'animal. [Is fonctionnent dj presque comme de vritables pieds-crochets. Le plus souvent ils se divisent, sous le rapport de leurs mouvements, en deux groupes : les trois de gauche se mouvant de concert et les deux de droite agissant pour leur propre compte. Il n'y a cependant rien d'absolu dans cette rgle. Les pieds-crochets se rpartissent en deux groupes : quati'e d'entre eux sont placs immdiatement derrire la paitie antrieure du rebord ou arc marginal. Les trois autres sont plus rapprochs du centre de la surface ventrale. On voit V Aspidisca turrita courir en sens divers sui- des dbris vgtaux, dans dt s eaux pures; son agilit est extrme, comme en gnral celle des Aspidisca. 2" Aspidisca Cicuda. (V. PI. VII, Fig. lr-15.) DncNOSK. As|)i(lisc;i pai'a|)aec non (''piiicusi', iiinis mui'c de 6 :i .S ci'ilos loni^itndiiialos lrs-iiiar(|ui'e.s. Cette espce, dont la taille n'atteint gure, en longueur, que la moiti de celle de l'espce prcdente, est nettement caractrise par les ctes de sa carapace. Il n'est pas impossible qu'elle soit identique avec VOxijtric/ia Cicada Ehr. (Infus., p. 366, PI. XLI, Fig. IV). Tout au moins regardons-nous comme fort probable (|ue cette ET LES lilMZOl'ODES. 1 *H prteiuliic Oxytriquc doive tre l'unge parmi les Aspidisca. M. Elirenberg indique ses ctes comme taiil denteles, ce tpii |)()uri;iil bien faire jienser qu'elle est spcilique- lui'iil dilTrcntc de noire Aspidisca Cicadri. Les appendices de VAs))idisca Cicada sont au nombre de douze, comme eliez 11. liirrila, et disposs parfaitement comme chez cette dernire. Cette espce est trs-commune dans les eaux stagnantes des environs de Berlin. La petitesse de sa taille et l'agilit de ses mouvements est sans doute la cause du peu d'attention dont ou l'ii honore jusqu'ici. .'" Aspidisca Lyiirnts. Elir. lui. p. -iU. V\. XXXIX, l-'ig. 1. (V. PI. VIL Fig. 16.) |lU(.\osF. \.s|ii(lisr;i :i tins lisse, (lipniirvu d'i'|iiiic ol le ciMcs. Cette espce est fort commune aux environs de lerlin, et c'est sans aucun doute sur elle que M. Ehrenberg a fond son Aspidisca Lynceus. Elle est de petite taille, comme VA. Cicada; et, au |)oint de vue du plastron et des appendices, elle est con- forme parfaitement comme les deux espces prcdentes. Son dos lisse sulTit donc la caractriser. \:Euplotes aculeaCus Ehrenberg (lui., p. 380, PI. XLll, Fig. XV) de la mei' Bal- ticpie, est tis-probablement un Aspidisca muni d'une pine analogue celle de r.'l. lurri/a. VAspidisca denliculala Elu . ( Inf., p. ."544, PI. XXXIX, Fig. Il), est bien probable ment un Aspidisca, mais observ d'une manire trop insuffisante pour qu'il soit pos- sible de le leti'ouver. Enfui, il esl piobable que, de mme que certaines Coccudines de M. Dujardin, le Loxodes piicafns de M. Ehrenberg (Inf., p. 325, PI. XXXIV, Fig. IV) a t tabli sur une espce du genre Aspidisca imparfaitement tudie. 1 92 TUDES SUR LES INFUSOIRES IV* Famille. TIXTiaJfllOnE A . Les Tintinnodea sont des infusoiies cilis surtout leur pourtour, et prsentant une forme d'urne ou de campanule analogue celle de la plupart des Vorticellines. Le bord de la cloche", soit pristomc, porte des cirrhes vigoureux formant plusieurs ran- ges concentriques. La bouche est situe excentriquement, et l'anus n'est pas exacte- ment terminal, mais il est plac sur le ct, non loin de l'extrmit postrieure. Les Tintinnus ont t classs par M. Ehrenbergdans la famille des Ophrydina, qui comprenait les Vorticellines cuirasses. Cette association n'tait point naturelle. En effet, ces animaux n'ont de commun avec les Ophrydina que leur forme plus ou moins campanulaire et l'existence d'un fourreau protecteur. Les Ophrydina, comme toutes les autres Vorticellines, sont glabres et ne prsentent pas d'autres appendices superficiels que la double range des cirrlips buccaux. Les Tintinnus sont, au contraire, cilis sur toute leur surface. Il est vrai que leur liabit ciliaire est form par des cils fort courts, ce qui explique pourquoi il a chapp M. Ehrenberg, mais il existe riiez toutes les espces. La disposition de l'appareil destin conduire les aliments dans la bouche, est d'ail- leurs fort diffrent chez les Tintinnus de ce qu'il est chez les Vorticellines. Ces der- nires possdent, comme nous l'avons vu, un disque pdoncule susceptible de s'lever et de s'abaisser, qui forme pour ainsi dire le couvercle de l'urne reprsente par le corps de l'animal. Les cirrhes buccaux sont disposs en spirale sur ce disque ; le p- ristome lui-mme ne poite aucun appendice ciliaire. Chez les Tintinnus le disque des Vorticellines fait dfaut, et les cirrhes sont ports par le pristome mme. A la place du disque mobile on trouve une dpression concave dont le sol va en se relevant vers le pristome et se confond avec lui. Il n'existe donc rien chez les Tintinnus qui puisse s'lever au-dessus du niveau du pristone, comme peut le faire le disque vibratile chez les Vorticellines. L'entre de l'appareil digestif est, il est vrai, excentrique dans ET LES RHIZOPODES. 193 les deux familles, mais tandis que chez les Vorticellines elle est situe dans un sillon profond qui court entre le disque vibi atile et le pristome, elle est simplement place, chez les Tintinnus, dans le plan de la dpression concave qui tronque le corps en avant. D'ailleurs, cette ouverture est, chez ces derniers, la vritable bouche qui con- duit directement dans un sophage cili, tandis que l'ouverture dont nous venons de parler chez les Vorticellines n'est pas la bouche proprement dite, c'est un orifice qui conduit dans un espace large, que nous avons nomm ailleurs le vestibule, espace dans lequel se trouvent deux ouvertures places l'une ct de l'autre, savoir la bou- che proprement dite et l'anus. Une semblable juxta-position de l'orifice buccal et de l'orifice anal n'existe point chez les Tintinnus. Dans cette famille, l'anus est toujours situ sur le flanc de l'urne, entre l'quateur de l'animal et son ple postrieur. Mal- heureusement la vivacit de ces animaux nous a empch de dterminer avec certitude quelle est la vraie position de cette ouverture, relativement la bouche. Nous ne pou- vons dire si elle est ventrale, dorsale ou latrale. Chez les Vorticellines, la spire buccale se compose d'une double range de cirrhes qui ne fait en gnral qu'un tour et demi environ avant de pntrer dans le vestibule. Chez VEpistijlis flavicans et l'E. articulata seulement, le nombre de ces tours de spire est plus considrable (environ 3 ou 4). Chez les Tintinnus, au contraire, les cirrhes buccaux implants sur le pristome forment constamment, avant d'arriver la bouche, plusieurs ranges concentriques. Ces ranges sont trs-rapproches les unes des au- tres et les cirrhes sont ou bien tranquilles et rabattus vers l'intrieur de l'urne, de manire rendre impossible l'tude de leur disposition, ou bien en proie un tour- billonnement tel, qu'il est galement impossible de s'assurer d'une manire positive de leur mode de distribution. Aussi ne nous a-t-il pas t possible de dterminer avec certitude si ces cirrhes forment des cercles concentriques indpendants les uns des autres, ou bien une spire tours trs-rapprochs. L'analogie des autres infusoires rend cette dernire alternative de beaucoup la plus probable. On peut se demander aussi si la spire buccale des Tintinnus prsente une disposi- tion aussi exceptionnelle que celle des Vorticellines, c'est--dire si elle est comme cette dernire une spire dexiotrope, ou bien si elle est Iseotrope, comme celle de la plupart des autres infusoires. La vivacit des Tintinnus nous a galement empchs 194 TUDES SUR LES INFUSOIRES (l'acqurir une certitude parfaite sur ce point. Toutefois, en juger par la direction dans laquelle se produit le tourbillon, il est plus probable que la spire des Tintinnus est laeotrope, c'est--dire inverse de celle des Vorticelles. Dans tous les cas, la spire des Tintinnus se distingue bien essentiellement de celle des Vorticellines par la cir- constance que c'est son tour le plus interne qui pntre dans la bouche, tandis que chez les Vorticellines, c'est au contraire le tour le plus externe qui pntre dans le vestibule, et que le tour plus interne est celui qui couronne le sommet du disque vibratile. D'aprs tout ce qui prcde on voit videmment que les Tintinnodes n'ont absolu- ment rien faire avec les Vorticellines, et qu'une apparence trompeuse a seule conduit M. Ehrenberg les runir, avec une partie de ces dernires, dans la famille des Ophrydina. Et cependant, le rapprochement peu naturel fait par M. Ehrenberg ne parat pas avoir trouv jusqu'ici de contradicteurs. M. Stein (Sleiii,p. 36) semble avoir rang les Tintinnus parmi les Vorticellines, mais il est possible qu'il n'ait pas observ ces ani- maux par lui-mme et qu'il se borne suivre les donnes de M. Ehrenberg. M. Du- jardin, qui a vu lui-mme des Tintinnus, s'est bien plus fourvoy encore que M. Ehrenberg, puisque, non content de laisser ces infusoires dans la famille des Vor- ticellines, il se refuse encore, l'exemple de Lamarck, les considrer comme g- nriquement diffrents des Vaginicoles. Aprs s'tre convaincu que la prtendue parent entre les Tintinnodes et les Vorti- cellines ne repose sur aucun fondement solide, on pourrait tre tent de se demander s'il ne serait pas plus conforme la nature d'assigner aux Tintinnus une place ct des Stentors. Il est certain qu'une telle classification choquerait moins les analogies que celle de M. Ehrenberg. Les Stentors, comme les Tintinnus, sont cilis sur toute leur surface; les uns comme les autres sont dpoiuvus du disque vibratile des Vorticel- lines ; l'orifice anal est dans l'un et dans l'autre groupe fort distant de l'orifice buc- cal. Toutefois, nous pensons bien faire en ne runissant pas les Stentors et les T.ntin- nus dans une seule et mme famille. En elfet, sans parler de la position de l'anus, car nous ne pouvons dire de l'anus des Tintinnodiens, s'il est dorsal plutt que ventral ou ET LES RHIZOPODES. 195 latral, la disposition des cirrhes buccaux olre, dans les deux groupes, des diffrences trs-considrablos. Tandis que la spire buccale ne forme chez les Stentors qu'un tour complet avant d'arrivei- la bouche, elle en forme, chez les Tinlinnodiens, un grand nombre, peut-tre jusqu' cinq ou six. De plus, le pristome des Stentors n'est point lev au-dessus du niveau de la troncature antrieure, comme cela a lieu chez les Tinlinnodiens. Genre unique. ^ TINTINNUS. Les animaux appartenant ce genre offrent tous les caractres de la famille, et en outre ils sont caractriss par la prsence d'une cuirasse ou fourreau analogue, au fourreau ds Cothurnies. Le corps est muni d'un pdoncule plus ou moins long, qui va s'attacher au fond du fourreau. Le tout ressemble par suite une cloche munie de son battant. Le pdoncule est contractile, et tout Tintinnus est susceptible de se retirer brusquement au fond de son fourreau. Cependant, ce pdoncule n'offre pas la complication de celui des Vorticelles, des Carchesium et des Zoothamnium. Il n'est pas possible de distinguer dans son intrieur plusieurs couches de nature histologique diffrente. Le pdoncule des Tintinnus offre une apparence assez homogne : c'est un appendice form par le parenchyme du corps, appendice dans lequel la cavit diges- tive ne pntre pas. Les Tintinnus nagent avec une imptuosit remarquable. On les voit traverser, comme la flche, le champ du microscope, et leur poursuite demande beaucoup de patience et de prestesse dans les mouvements. Aussi, d'ordinaire, n'est-il possible de reconnatre un Tintinnus dans l'objet qui passe, en tourbillonnant, sous les yeux de l'observateur, que parce qu'aucun autre infusoire ne nagerait avec une vlocit sem- blable. Les Tintinnus sont, en effet, dous d'un appareil locomoteur irs-dvelopp : outre jes cils de la surface du corps, ils possdent des cirrhes buccaux plus longs et plus nergiques que ceux de la plupart des autres infusoires, et ces cirrhes forment plusieurs ranges concentriques. Ce n'est donc que dans des cas exceptionnels qu'on a 196 TUDKS SUK LES INFUSOIRES l'heureuse chance de pouvoir tudier l'organisation uiterne des Tintinnus. Il serait difficile de trouver au premier abord, dans les animaux eux-mmes, des diffrences susceptibles de permettre facilement l'tablissement de caractres spcitiques : heureu- sement que les fourreaux suffisent parfaitement l'tablissement de ces caractres; de plus, ils ont l'avantage de se conserver fort bien aprs la mort de l'animal, de manire pouvoir permettre^, encore longtemps aprs, une tude exacte de leur structure. Les fourreaux pourront permettre, lorsqu'on le dsirera, l'tablissement de cou- pures assez tranches dans le genre Tintinnus, tel que nous le comprenons mainte- nant. En effet, on' pourra sparer des Tintinnus proprement dits, d'une part, les es- pces qui, comme le T. mucicola, ont un fourreau purement glatineux, et d'autre part, celles qui, comme le T. Campanula ou le T. Hlix, collent leur fourreau des particules trangres. Pour le moment, l'tablissement de ces coupures ne nous parat pas absolument ncessaire, d'autant plus que les espces agglutinantes collent quelque- fois si peu de substances trangres leur fourreau, que celui-ci ne pmat compos que de la substance scrte. La grande majorit des Tintinnus parait vivre dans les eaux de la mer, o on les trouve frquemment entre les algues du rivage. Cependant la plupart mnent une vie plus essentiellement plagique. On les pche en grande abondance h des distances assez considrables du rivage, o ils s'battent prs de la surface des vagues avec 1^ larves d'chinodermes et de mollusques et des myriades de petits crustacs. Les eaux douces ne sont, du reste, pas compltement dpourvues de Tintinnus. Nous avons, plusieurs reprises, remarqu dans les eaux douces des environs de Berlin un Tintinnus trs-voi- sin du T. mucicola, ou peut-tre mme identique avec lui. ESPCES. i" Tintinnus inquilinus. Ehr. Inf. p. -204. l'I. XXX, Fig. II. SY^. Vaginicola inquiliiin. Diij. lui. p. Titil. l'I. \\l his, Fig. .1. (V. PI. VIII, Fig. 2.) DiAGNOSE. Tinlinmis fiuirroaii cylindrique, lidiiiugno, :iUrmir li sa |iarlic posliieiin, qui esl brii.squemeiil tronque. Cette espce a t dj reprsente d'une manire assez exacte par MM. Ehrenberg et Dujardin, pour ce qui concerne le fourreau. Cependant M. Ehrenberg reprsente ce ET LES KHIZOPODES. 1 97 fourreau comme arrondi en arrire, tandis qu'il est dans le fait brusquement tronqu, de manire prsenter un fond parfaitement plat. Sous ce rapport, la figure de M. Du- jardiii est plus exacte. Par contre, ce dernier, en juger du moins par les exemplaires que nous avons observs, n'a pas tout--fait raison, lorsqu'il donne ce fourreau la forme d'un cne tronqu, c'est--dire lorsqu'il le fait diminuer rgulirement de diamtre depuis son ouverture jusqu' son extrmit postrieure. Le fourreau est, dans la plus grande partie de sa longueur, exactement cylindrique. La partie postrieure seule de- vient brusquement conique, mais la gnratrice du cne est trs-diversement incline, par ra[)port l'axe, suivant les individus; en d'autres termes, le rapport d la hauteur du cne tronqu au rayon de sa base, est trs-variable, suivant les exemplaires. M. Ehrenberg rappoite avoir observ le T. inquilinus en 4830 et 4832, Kiel, et en 1833, Copenhague. Les exemplaires de Kiel taient fixs sur des algues; ceux de Copenhague nageaient librement' dans l'eau du port. Il n'y a pas de doute que ces der- niers ne fussent rellement des Tintinnus. Quant ce qui concerne les premiers, la question peut paratre douteuse. En elfet, nous n'avons jamais vu de Tintinnus fixs sur des objets trangers, et, dans tous les cas, il est difficile d'admettre qu'un Tintinnus, aprs avoir err librement dans les eaux de la mer, puisse venir se fixer, par la partie postrieure de son fourreau, sur un fucus ou quelque autre plante marine'. En effet, le fourreau est le produit endurci d'une scrtion de l'animal, et doit tre considr comme une partie prive de vie. Ainsi donc, de deux choses .l'une : ou bien les prtendus T. inqniliims, observs par M. Ehrenbeig dans le port de Kiel, n'taient pas des Tintinnus, mais des Cothurnies, ou bien c'taient des Tintinnus dont le fourreau s'tait accidentellement embarrass dans des algues. Si les individus observs taient nombreux, comme cela parat avoii' t le cas, c'est la premire alternative qui est la plus probable. Cette opinion parat tre encore confirme par la circonstance que la partie postrieure du fourreau chez les individus du port de Kiel, ressemble bien moins, d'aprs les dessins de M. Ehrenberg, la partie correspondante du vrai T. inquilinus que celle des individus de Copenhague. I. M. Eivhwald se trompe dans tous les cas lorsqu'il considre comme un caractre eisenliet du genre Tintinnus la large adhrence du fourreau aux objets trangers. 198 TUDES SUR LES INFUSOIRES La longueur du fourreau du Tintinnus inqiiilinns est, en gnral, de 0'""%08 0'"'",12, et sa largeur de 0""",()25. Mais on trouve frquemment des individus qui, sans tre plus longs, sont considrablement plus larges. Nous en avons vus qui, sur une longueur de 0""",08, avaient une largeur de 0'"'",087; chez ces individus-l, le corps mme de l'animal est quatre ou cinq fois aussi gros que cplui des individus ordinaires, et il remplit la plus grande partie du fourreau. La surface de celui-ci est alors moins lisse que d'habitude. La vsicule contractile est unique ; le nuclus galement. Il n'est pas rare de rencontrer deux individus dont les fourreaux sont embots l'un dans l'autre. 11 est possible que ce soit l la suite d'une division spontane. L'individu suprieur aurait, dans ce cas, construit son fourreau dans celui de l'autre. Nous avons trouv cette espce en abondance dans la mer du Nord, soit dans le fjord de Bergen, soit dans les eaux de Gleswr, prs de Sartoroe, sur la cte occiden- tale de Norwge. 2 Tintinnus obUq mis. (V. PI. IX, Fig. 4.) DiAGNOSK. Tinliiiiiiis fniirre:iii cylindrique, tri^s-iHroil, hoiiiog'iK;, iitliiiu' sa partie [lostrieiire, qui n'est point brusquement tronque. Cette espce est voisine de la prcdente ; mais son fourreau est beaucoup plus troit et ne prsente pas la troncature caractristique. Il est, du reste, un autre carac- tre plus important qui justifie la sparation de ces deux espces, c'est l'extrme obli- quit du pristome chez le T. oldiqmis, par rapport l'axe de l'animal. Chez le T. in- qnilimts, le plan du pristome est presque perpendiculaire l'axe. Dans le dessin que nous a communiqu M. Lachmanu, le pdoncule n'est point fix au fond du fourreau, mais contre la paroi, peu prs mi-hauteur. Ce n'est point, cependant, l un carac- tre spcifique, car il est frquent de voir la mme chose chez le T. inquilinus et chez beaucoup d'autres espces. Le T. obliquus a peu prs la longueur du T. inquilinus. Il a t observ par M. Lachmann dans la mer du Nord, prs de Glesnaesholm. KT 1J'.S KHIZOl'ODES. 199 5" Tintinnvs Amfliora. (V. 1>1. Vlll, Fig. 3.) DiAGNOSB. Tinliniuis foiirri'an iiicoldic, liomogiio, in fniiiii- do vase allongo, un peu renfl au-dessous du milieu et 'vasi'- son hiird. Le TiuUtmm Amphora possde im roiiireau d'apparence homogne, qui n'est jamais encrot de substances trangres; il est parfaitement incolore et diaphane; sa forme est celle d'nii vase cylindrique lanc, un peu renfl au-dessous du milieu. Sa partie post- rieure va s'amincissant en cne, sans cependant se terminer tout--fait en pointe. Le sommet du cne est, en elfel, tronqu perpendiculairement l'axe, et le fond du vase se trouve i'mni par un petit disque plane. L'ouverture du fourreau est lgrement vase. Dans les fourreaux dpourvus do leur habitant normal, on trouve souvent un kyste pdicell comme celui que nous avons reprsent. Tantt le kyste renferme une masse granuleuse uniforme entoui ant un corps rfringent apparence huileuse, tantt il ren- ferme plusieurs globules sphriques apparence granuleuse, qui contiennent chacun une vsicule incolore. Jamais nous n'avons vu trace de contractions dans cette der- nire. La membrane du kyste est mince. Chaque globule parat lui-mme tre entour d'une membrane propre. Il ne nous a pas t possible de dterminer si ces kystes sont dus une mtamorphose du Tintinnus, ou bien s'ils sont de provenance tran- gre. Aussi ne parlons-nous d'eux que pour attirer ratlenlion sur leur prsence, vraiment fort frquente, dans les fourreaux du T. Amphora et de quelques autres Tin- tinnus. Nous avons observ le T. Amphora dans la mer du Nord, aux environs de Gles- nsholm, prs de Sartonie (Noiwcgc). Sa longueur est, en moyenne, de 0""",2 4" Tintimms acuminalus. (V. PI. Vlll, Fig. 4.) llIAC^o.s^:. Tintinnus ii fourreau incolore, cylindrique, allong, Irs-lroit, termin en (lointe sa yarlie postrieure et vas son ouverture. Le Tintimius aamitiatus est une des espces les plus lgantes que nous ayons rencontres. Son fourreau est homogne, trs-diaphane, incolore et jamais encrot. 200 TUDES SUR LES INFUSOIRES Il est parfaitement cylindrique, et ne prsente pas de renflement comme celui de l'espce prcdente. Sa partie postrieure se termine en pointe; toutefois, cette pointe n'est point en cne tronqu, comme chez le T. Amphora, mais c'est une vraie pyramide pans parfaitement planes. L'ouverture du fourreau est largement vase. Ce Tintinnus a une forme trs-lance. Il n'a de rival ce point de vue que dans le T. subulatus. Le rapport de sa largeur sa longueur est en effet, en moyenne, celui de i :15. La plupart des exemplaires observs par nous avaient environ une longueur de 0""n,30 et une largeur de 0""",024. Cette espce a t trouve, comme la prcdente, dans la mer du Nord, aux envi- rons de Glesnsholm, prs de Sartoroe (Norwge). 5'' Tintinnus Steenstritpii. (V. PI. VIII, Fig. 5.) DlAGNOSE. Tintinnus fouiieau honioyone, ini;ol(iii', cylindrique, un jjeii ronll dans s,i partie postrieure, qui prsente quatre artes longitudinales ; ouverture largement vase. Le fourreau de cette espce est, comme celui des prcdentes, parfaitement dia- phane et incolore, jamais encrot. Sa forme se rapproche de celle du T. acuminatus, mais elle est relativement moins allonge; et sa partie postrieure, au lieu de se ter- miner en une pyramide lance, est arrondie en un dme qui reprsente une pointe mousse. Le tiers postrieur du fourreau prsente quatre artes longitudinales, ce qui lui donnerait une forme tout--fait prismatique, si l'espace compris entre ces artes ne faisait saillie en forme d'ailes, comparables aux ailes dont est munie l'enveloppe chitineuse de beaucoup d'ascarides et d'oxyures. Ce sont ces ailes qui donnent cette partie du fourreau une apparence de renflement. Lorsque le Tintinnus se contracte et se retire dans son fourreau, il en remplit toute la moiti postrieure et au-del. Ce- pendant, son corps ne pntre jamais dans les saillies en forme d'ailes, dont la trans- parence n'est, partant, jamais trouble. Cette espce est, comme les prcdentes, de Glesnsesholm, prs de Sartoriie, dans la mer du Nord (cte de Norwge). Sa longueur est d'environ 0""",2. ET LES lillIZOPODES. "iOi 6 Tiutiimns qvadrilinpalus. (Y. PI. TX, Fig. 3.) DuCNOSE. Tinliiinu^ foiiireau liomogcne, incolore, largement vas, se rtrcissant graduellement en arrire pour finir par une pointe obtuse, et orn de quatre cannelures, qui ne s'tendent pas jusqu' rouverture. La seule inspection de la figure sulfit pour justifier cette espce. Nous remarque- rons seulement que la coque, l'endroit oii elle s'vase pour former l'ouverture, atteint une paisseur beaucoup plus grande que partout ailleurs. Le T. quadri- lineatus a t observ par M. Lachmann, dans la mer du Nord, sur la cte de Nor- wge. 7" Tintitmus denticulatus. Ehr. Monalsbclit. Berl. Akad. 1840, p. 201. SJi. Cothurnia ? perUpida Bailey. (V. PI. VIII, Fig. 1 et 1 A.) DiAGNOSE. Tintinnus fourreau de forme cylindrique, incolore, chagrin d'une manire loul--fail rgulire, ter- min eu pointe sa partie postrieure et dentel son bord antrieur. M. Ehrenberg a dcrit, en 1840, un Tintinnus, dont il n'a pas donn de figure, dans les termes suivants : T. lorlca ajUiidrioa, hijalina, pimctorum seriebus dganter sculpta, margine frontali acute dcntimlato et aculeo postico terminata. Maf/n. '/,, Un. In mari boreali. Malgr la concision de cette description, nous ne croyons pas nous tromper en rap- portant notre Tintinnus au T. dmticulatus de M. Ehrenberg. Le fourreau de cette espce est incolore et diaphane, comme celui de toutes les espces que nous avons vues jusqu'ici ; mais, au lieu d'tre homogne, comme chez ces dernires, il offre une structure trs-lgante qui frappe les regards ds l'abord. Le fourreau est chagrin par suite de la prsence de petits champs circulaires, ou plutt (vus un trs-fort grossissement) hexagonaux, disposs rgulirement ct les ims des autres, comme le reprsente notre figure 1 A. Les champs ou facettes rfractent la lumire moins fortement que les espaces intermdiaires, sans doute parce qu'ils sont 26 "lO'i TUDES SUR LES INFUSOIRES plus minces, si bien qu'on pourrait tre tent de croire le fourreau perc jour et form par un treillis extrmement dlicat. Mais ce n'est l qu'une apparence'. Loi sque le T. denticulatus est adulte, le bord de son ouverture prsente une srie de petites dentelures fort rgulires, dontles pointes vont souvent en se renversant lgrement en dehors, de manire former un lger vasement. Lorsque l'animal n'est pas adulte, ou, du moins, lorsque son fourreau est encore en voie de formation, le bord de celui- ci est galement dentel. Mais cette dentelure-l est diffrente de celle que nous ve- nons de dcrire. C'est, en effet, une apparence produite par les interstices plus pais des champs plus minces en voie de formation. Les dents sont, dans ce cas, un peu plus petites que celles du bord dfinitif. Les facettes circulaires et amincies du fourreau n'ont point partout les mmes di- mensions. Dans le voisinage de l'ouverture, c'est--dire dans la partie du fourreau qui est forme en dernier lieu, le diamtre de ces facettes est beaucoup plus petit que dans les rgions situes plus en arrire. Dans le quart antrieur du fourreau, on voit ces facettes diminuer de plus en plus, mesure qu'on se rapproche du bord de l'ou- verture. Nous avons dit, dans la diagnose de l'espce, que le fourreau est cylindrique et termin en pointe en arrire. Telle est en effet la forme normale, mais cette forme est soumise des variations assez nombreuses, quoique lgres. Tantt le fourreau re- prsente un cylindre ayant partout le mme diamtre, et se rtrcissant brusquement pour se prolonger en une pointe plus ou moins longue, comparable un paratonnerre sur un dme; tantt le cylindre, aprs avoir conserv longtemps la mme largeur, se transforme graduellement en un cne, qui se termine lui-mme en une pointe souvent fort acre. Dans quelques cas, exceptionnels il est vrai, le fourreau va en diminuant insensiblement depuis son ouverture jusqu' la pointe. Il n'a plus alois la forme d'un cylindre termin par une pointe, mais celle d'un cne trs-allong. Enfin, on rencontre parfois des individus dont le fourreau est renfl dans sa partie postrieure. Ce renfle- ment est suivi en arrire d'un rtrcissement subit, qui se continue dans la pointe 1. M. Hailey, qui n':i vu qui' la co'. Vaginicohi suhulala. Diij., \>. oG'S. (V. PI. Vlll, Fig. 15.) HiACNOSE. Tintinniis fourreau inoolore, cylindrique, troit el termin en arrii^re [lar une pointe acre. La partie antrieure du fonneau prsente des stries transversales a intervalles rguliers. Cette (orme lgante est, avec le T. acuminatiis, celle, de toutes les espces jus- qu'ici observes, dont le fourreau est le plus lanc. Le rapport de sa largeur sa longueur est, en effet, en moyenne celui de 4 : 10 ou 12. Le fourreau est d'une extrme transparence. Pans sa plus grande longueur, il reprsente un cylindre parfaitement rgulier; mais dans la partie postrieure, la gnratrice du cylindre passe insensible- ment une gnratrice de cne, et il en rsulte que le fourreau se termine par une pointe allonge. L'inclinaison de la gnratrice du cne, par rapport l'axe, est du reste fort variable selon les individus, ou, en d'autres termes, la longueur de la pointe varie entre des limites assez considrables. A en juger par les dessins de M. Ehren- berg, la pointe n'tait pas, chez les individus observs par ce savant, dans l'axe du fourreau, mais djete d'un ct. Les nombreux exemplaires que nous avons eus sous les yeux l'avaient cependant tous dans la ligne mme de l'axe. La partie antrieure du fourreau prsente des stries trausverses, largement espaces, mais trs-rgulires. Leur nombre est trs-variable. Souvent on en compte de quinze vingt, souvent aussi davan- tage. Les stries postrieures sont en gnral moins videntes que les antrieures. L'ou- verture ne prsente pas trace d'vasement. La longueur moyenne des exemplaires observs est d'environ O'^'^j'S; la largeur, de 0,021. Cette espce est abondante dans la mer du Nord. Nous l'avons trouve en abon- dauce Valloe (fjord de Christiania), dans le fjord de Bergen, et Glesnas, prs de Sartoroe. 206 TUDES SUR LES INFUSOIRES ir Tintimms cinctus. (V. PI. VIII, Fig. 13.) DiAGNOSE. Tiotinnus fourreau tylindrique, vas son ouverture, termin en pointe peu allonge eu arrire, et muni dans toute sa longueur de stries transverses trs-espaces. Ce Tintinnus est relativement beaucoup plus large que le prcdent, dont il n'at- teint pas tout--fait la longueur. Le fourreau n'est pas parfaitement incolore, mais comme troubl par une couche de poussire. Il est possible que cette apparence soit produite par une agglutination de particules trangres fort minimes. Le fourreau est de forme cylindrique; il s'vase lgrement et presque insensiblement en avant. En arrire, il s'arrondit brusquement en un dme surmont d'une pointe peu allonge. Celle-ci est souvent inflchie d'un ct ou de l'autre. Des stries transversales, trs- espaces, se voient dans toute sa longueur. Le T. cinctus a t observ par nous dans la mer du Nord, prs de Glesnaesholm (cte occidentale de Norwge). i2 Tinlinms Hlix. (V. PI. VIII, Fig. 8.) DiAGNOSE. Tinlinuus fourreau gristre, cyliudriquc, prseutant en arrire les traces d'un enroulement blicodal et orn dans sa partie antrieure de stries transversales assez espaces. Ce Tintinnus possde un fourreau bien distinct de tous les prcdents. Il est rela- tivement large, parfaitement cylindrique dans sa plus grande longueur, et dpourvu de toute trace d'vasement son ouverture. Sa partie postrieure prsente un sillon spiral, plus ou moins rgulier et plus ou moins long, qui donne cette partie l'appa- rence d'un enroulement en hlice turricule. L'extrmit postrieure se termine en pointe souvent inflchie d'un ct ou de l'autre. La partie antrieure prsente des stries transversales parfaitement semblables celles que nous avons dj signales < chez le T. subulatus. Toutefois, le T. Hlix est bien distinct de cette dernire espce, non seulement par l'enroulement hlicodal apparent, mais encore par sa largeur rela- tivement bien plus considrable. En elfet, tandis que le rapport de la largeur la lon- gueur est chez le Tintinnus subulatus celui de 1 : 10 ou 12, il n'est, chez le T. Hclix KT 1,KS lUIIZOPODES. 207 que de 1 : 3 ou 4. D'ailleurs, le founeau du T. subulatus est toujours incolore et parfaitement transparent, tandis que celui du T. Hlix est constamment gristre et seulement translucide. Cette apparence est produite par un encrotement, d l'ag- glutination de particules trangres trs-petites sur la surface. Il est mme probable que cet encrotement est la seule cause qui empche de poursuivre les stries trans- versales jusqu'au commencement de l'enroulement hlicodal. En effet, chez les indi- vidus les plus transparents, on russit reconnatre des traces lgres de ces stries sur toute la partie exactement cylindrique du fourreau. Cette espce a t observe dans la mer du Nord, prs de Valloe (fjord de Chris- tiania). Sa longueur est d'environ 0'"'",i5. iSo Tintimms anniUatiis. (V. PI. IX, Fig. 2.) Dia(;nose. Tinlimms fourreau encroilt, cylindrique, prsentant dans sa partie postrieure plusieurs renflements circulaires et dpourvu de stries transversales dans sa partie antrieure. Cette espce se rapproche beaucoup de la prcdente; mais, au lieu du sillon spi- ral, elle prsente plusieurs tranglements circulaires, qui laissent entre eux des inter- valles trs-saillants. Sa partie antrieure, qui est exactement cylindrique, est en gnral, un peu moins large que la partie annele. Cette espce a t observe par M. Lach- mann dans le fjord de Christiania, prs de Valle. 14" Tintimms Campaimla. Ehr. Monatsb. der Berl. Akad. 1840, p. 201. (V. PI. VIII, Fig. 9.) DlACNOSK. Tintinnus Fourreau encrot, peu transparent, termin en pointe en arrire et largement vas en cloche en avant. Nous esprons ne pas nous tromper en rapportant au T. Campanula de M. Ehren- brg les individus que nous avons observs dans le fjord de Christiania et sur lesquels nous basons notre diagnose. M. Ehrenberg n'a point donn de figure de .son T. Cam- panula, et s'est born la dcrire en ces termes : T. corpore Injalino, lorica late campanu/ala, fronte dilalatu, posticu parte acvminata. Magn. '/.,, lin. Cette description, un peu concise pour n'tre pas accompagne de figure, cadre assez bien 208 TUDES SUR LES INFUSOIRES avec les caractres de notre espce. Le fouireau du Tintinmis Campanula a trs-exac- tement la forme d'une cloche un peu allonge, munie d'un suspensoir un peu long, et trs-largement vase son ouverture. Le diamtre de cet vasement est du reste trs- variable, suivant les individus. Chez quelques-uns, l'largissement s'opre si brusque- ment, que le passage de la partie peu prs cylindrique de la cloche la partie vase forme un angle trs-sensible. Parfois la partie vase est notablement plus longue que la partie cylindrique, mais c'est cependant l'exception. Les parois du fourreau sont plus encrotes que chez l'espce prcdente, ce qui les rend encore moins transpa- rentes. Longueur moyenne : 0'"'",15 0,20. Provenance : eaux de la mer, prs de Valle (fjord de Christiania). 15 Tintimms vcntricosus. (V. PI. IX. Fig. 4.) DiAGr^oSE. Tiiitinnus fourreau encrot, ajant la forme d'une petite bouteille large se lermiiiaut eu :irrire par une pointe trs-obtuse; panse trs-large en avant et surmonte par un col plus troit et fort court. Cette espce n'a de rapport de forme qu'avec le T. Lagenula, mais elle s'en dis- tingue par son encrotement prononc de particules trangres, et surtout par la forme de sa partie postrieuie ainsi que par son col plus troit, par rapport au corps de la bouteille. Elle a t observe par M. Lachmann, dans la mer du Nord, sur les ctes de Norwge. 16" Tintinmis Urnula. (V. PI. VIII, Fig. 14.) DiAGNOSE. Tintinuus ;i fourreau cylindrique, large, court, transparent, mais teinte lgrement enfume, termin en pointe en arrire et prsentant une corniche circulaire non loin de son ouverture. Le fourreau du T. Urnula, bien que transparent, est obscurci par une teinte enfu- me, sans qu'on puisse affirmer que cette teinte soit due un encrotement par des substances trangres. De toutes les espces dcrites jusqu'ici, c'est celle dont la lar- geur est relativement la plus considrable. En effet, le rapport de la largeur la lon- geur est, en moyenne, celui de 4 : 1 '/r Le bord antrieur est peine vas, mais forme un replat qui est bord en dedans par un cerceau lev, un peu plus troit. En ET i.Ks iiiiizoronKS. 209 (i'aiilres lermes, ce bord forme un cercle deux tages, dont chacun est finement dentel, et une petite distance, en arrire de l'ouverture, le fourreau prsente une corniche circulaire faisant saillie l'extrieur. Le calibre intrieur crot en diamtre, dans cette rgion, d'inie quantit correspondant la saillie de la corniche. Le bord de celte dernire est, en gnral, trs-finement dentel. Du reste, le fourreau ne reprsente pas, abstraction faite de la corniche, un cylin- dre parfait, la gnnUrice de ce cylindre n'tant pas parfaitement rectiligne, mais lg- rement ondule. L'animal n'a qu'une seule vsicule contractile. La longueur moyenne du fourreau est de 0""",i4, la largeur de 0'""',10. Le T. Urimla s'est trouv en abondance dans la mer de Glesuies, prs de Sartore (cte de Norwge.) il" TinliMims nmcicola. (V. PI. VIH, Fig. 12.) DiACNOSE. Tiiiliiiims fotirii>:iii cvIiiKliiiiiio, iW'.s-l:iii!t', transparent ot d'apparence glalincnse ; pas trace de pointe eu arrire. Le fourreau du T. mucicola e?t trs-large, relativement son habitant, lequel est port par nii pdoncule beaucoup plus long que celui des autres espces. Ce fourreau a l'air fort dlicat, et compos seulement d'une espce de gele. La surface en est irr- gulire et parait jouir, jusqu' im certain point, de la proprit d'agglutiner des subs- tances trangres. Cependant les quelques individus que nous avons observs poss- daient un fourreau transparent et incolore. Le foiureau n'est point vas son ouverture ; il conserve partout une largeur gale, et s'arrondit brusquement en dme son extrmit postrieure, sans trace de pointe. Cette espce a t observe par nous dans la mer du Nord (fjord de Bergen, en Norwge.) Les eaux douces de Berlin renferment une espce de Tintinnus assez rare, qui est trs-voisine du T. nmcicola. Malheureusement, nous n'en avons pas fait d'esquisse, et nous ne pouvons aftirmer si elle est spcifiquement diffrente de l'espce marine. 27 210 TUDES SUR LES INFUSOIRKS Le bref sjour que nous fmes en Norwge, pendant l't de 1855, nous a permis d'augmenter considrablement le nombre des Tintinnus connus ' . Gela suflit montrer qu'une tude approfondie de la faune infusorielle marine accrotrait ce nombre encore bien davantage. Nous avons observ nous-mmes plusieurs fourreaux, trouvs libres et dpourvus d'habitants, flottants la surface de la mer, fourreaux qu'on peut rap- porter, presque avec certitude, des Tintinnus. Tel est, en particulier, celui que nous avons reprsent dans la Fig. 16 de la PI. VIII, et qui a t trouv dans la mei- de Glesnsesholm, prs de Sartoroe (Norwge). M. le professeur Straustrup, de Copenhague, a eu" l'obligeance de nous remettre desThalassicolles, pches par M. le capitaine Hygon, h diffrentes latitudes, dans l'Ocan atlantique. Parmi ces Thalassi- colles se sont trouvs des fourreaux vides qui ont appartenu, sans doute, des infu- soires, peut-tre des animaux del famille des Tintinnus. Nous dsirons attirer l'at- tention des observateurs sur ces fourreaux, qui se distinguent de ceux des Tintinnus et de ceux de tous les infusoires connus, par la circonstance qu'ils sont doujjles. En effet, on voit les parois du fourreau, aprs avoir form le bord de l'ouverture, se rabattre i l'intrieur et former un second fourreau dans l'intrieur du premier. Ces fourreaux sont donc parfaitement construits comme les casques mches dont tant de bourgeois europens aiment coiffer leur chef pendant la nuit. Il serait fort intressant de con- natre, soit la nature des habitants de ces fourreaux, soit surtout le mode de gense de ces singulires habitations. Nous avons reprsent deux de ces fourreaux dans les Fig. 5 et 6 de la PI. IX. I. M. Klirenbeig a domi le nom de T. Colhurnia une espce dont il ne donne (|ue la dia{,'ni]se (Monatsb. d. Berl. Akad. d. Wlss., 1840, p. 201) et que nous oioyons difl'renle de toutes celles que nous avons dcrites. ET LES nniZOPODES. 211 \' Famille. BIKSARI^VA. Les Bursariens sont des infusoiies cilis sophage bant, qui possdent une range de cirrhes buccaux, formant un arc du spiral lotrope. Ils se distinguent donc des Colpodiens par la prsence d'une spire buccale, des Voiticellines par la direction invei'se de cette spire et par la circonstance que leur bouche et leur anus ne sont jamais placs dans une fosse commune; enfin, ils se distinguent des Tintinnodiens par le fait que leur spire buccale ne forme jamais plusieurs tours concentriques. La cration de la famille des Bursariens remonte M. Dujardin, qui y faisait ren- trer les animaux corps trs-contractiles, de forme trs-variable, le plus souvent ovales, ovodes ou oblongs, cilis partout, avec une large bouche entoure de cils en moustache ou en spiialc. Cette dfinition renferme dj les traits les plus essentiels de la ntre, et, dans le l'ail, les 5 genres que M. Dujardin classait dans sa famille des Bursaiiens doivent bien conserver la place qu'il leur avait assigne. Nanmoins, cette dfinition n'est pas trs-exacte, surtout pour ce qui concerne la largeur de la bouche et la contractilit du corps. En effet, la bouche des Plagiotomes et des Spirostomes n'est rien moins que large, et quant l'excessive contractilit du corps qui caractrise, en effet, les Spirostomes et les Kondylostomes, elle disparat souvent compltement chez les autres genres, que M. Dujardin place dans la famille, savoir : les Plagiotomes, les Ophryoglnes et les Bursaires. Ces infusoires-ci offrent frquemment une contrac- tilit du parenchyme aussi minime que les Paramecium. Il est encore un genre que M. Dujardin, pour tre fidle sa dfinition, aurait d faire rentrer dans la famille des Bursariens, mais qu'il a nanmoins class tout autre part, savoir parmi ses Urcolariens. C'est le genre des Stentors. Cette inconsquence provient uniquement d'une inexactitude dans les termes dont s'est servi ce savant pour ses dfinitions. Il dit, en effet, et cela est parfaitement exact pour les Stentors, que les "212 TUDES SUR LES INFUSOIRES Urcolariens sont pourvus, l'extrmit antrieure et suprieure, d'une range mar- ginale de cils trs-forts, disposs en spirale, r( conduisant la bouche, qui est situe dans le bord mme. Chez les Bursariens, au contraire, il trouve la bouche large et en- toure de cils en moustache ou en spirale. Cependant, un simple coup-d'il jet sur un Leucophrys, un Spirosfome ou un Plagiotome, enseigne immdiatement que ces infusoires se comportent, au point de vue de leur spire buccale, prcisment comme les Stentors. M. Dujardin a, chez les Bursariens, confondu avec la bouche la dpression entoure par les cirrhes buccaux, que nous appelons dpression ou fosse Imccnle, d- pression l'angle infrieur de laquelle est situ l'orifice buccal, tandis que chez les Urcolariens, il a soigneusement distingu la bouche de cette fosse buccale. Les Stentors une fois dtachs de la famille, peu naturelle, des Urcolariens, pour tre runis celle des Bursariens, celle-ci nous semble former un groupe bien dli- mit, et nous ne partageons point l'avis de M. Stein, qui reproche M. Dujardin de n'avoir pas saisi les vrais caractres des Bursaires ' . Ce reproche est surtout fond sur ce que M. Dujardin a spar certains infusoires du genre Bursaria de M. Ehren- berg, pour en former son genre Plagiotome. Or, n'en dplaise M. Stein, nous ne saurions dsapprouver une mesure qui a pour but de sparer gnriquement deux ani- maux aussi diffrents entre eux que la Bursaria truncatelfa et la Bursaria cordiformis fPlagiotoniaJ de M. Ehrenberg. Pour ce qui nous concerne, nous aimerions mieux les placer dans deux familles diffrentes que de les laisser dans un mme genre. M. Perty, qui a adopt la famille si peu naturelle des Urcolariens de M. Dujardin, a compltement dmembr la famille, bien meilleure, des Bursariens, et, en agissant ainsi, il a procd, comme d'habitude en pareil cas, sans dire pourquoi. En effet, sa famille des Bursariens ne se compose que de deux genres, Lembadium et Bursaria, dont le premier est de cration nouvelle, si bien que la famille ne se trouve plus ren- fermer qu'un seul des cinq genres pour lesquels M. Dujardin l'avait forme. Les quatre autres sont relgus par M. Perty dans les familles qu'il baptise des noms de Cobalina, Parameciina et Urceolarina, et la famille des Bursariens se trouve rduite une lgi- time des plus modiques, sans qu'il ait plu l'auteur de nous en donner une diagnose. I. .Sipiii.. l'.i-. lit., |>. 18".. KT LKs ttmzoroDES. 213 Nul n'est donc en tat de dire d'o est prvenue la disgrce qui, dans cette lgislation nouvelle, a frapp d'une manire si inattendue le groupe des Bursariens. Nous ne nous dissimulons pas (ju'en prenant ainsi sous notre gide M. Dujardin et ses Bursariens nous soulverons plus d'une objection, car s'il est chez les infu- soires cilis quelques groupes (comme, par exemple, les Vorticellines, les -Oxytri- chiens, les Dystriens. etc.), si naturels, si nettement dlimits, qu'il n'est, pour ainsi dire, pas possible d'lever le moindre doute sur les limites de leur circonscription, les Bursariens ne comptent certainement pas parmi ces groupes-l. En effet, la famille des Bursariens renferme des types si htrognes, qu'il est souvent bien difficile de sui- vre le fil cach qui les unit les uns aux autres. Il est facile de former dans son esprit une soite de diagramme typique des Vorticellines, et ce diagramme, une fois bien compris, se retrouve immdiatement ralis dans les genres de cette famille les plus distants les uns des autres, dans les Vorticelles, par exemple, et les Trichodines. Il en est tout autrement chez les Bursariens, et il n'est pas facile de faire cadrer, par exem- ple, une Freia, d'une part, et une Ophryoglne ou un Lembadinm, d'autre part, avec un squelette typique commun. On pourrait mme tre tent de revendiquer, pour les Ophryoglnes et les Frontonies, une affinit plus grande avec certains Colpodens, comme les Paramecium, qu'avec les Fieia et les Chselospira. Cependant, les Lembadium forment un chanon naturel entre les Ophryoglnes et les Balantidium, et ceux-ci ten- dent la main, d'une part aux Bursaires, et d'autre part, par l'intermdiaire des Kondy- lostomes, aux Spirostomes, aux Stentors, ei, par consquent, aux Freia. Peut-tre aurait-on pu runir les Bursariens et les Colpodens en une seule et mme famille, qui eut alors t clairement distincte de toutes les autres, mais cette manire de simplifier les choses n'et t qu'un palliatif et pas un remde la diffi- cult. Cette immense famille et renferm des types bien autrement htrognes que les Freia et les Ophryoglnes et n'et t caractrise que d'une manire purement n- gative. Elle aurait renferm tout ce qui, parmi les Ciliata, sophage bant, n'ap- partient ni aux Vorticellines, ni aux Oxytrichiens, ni aux Tinlinnodiens. Il tait donc urgent d'tablir une ou plusieurs coupures dans ce groupe si htrogne; et, aprs un mr examen, nous n'avons pu employer, dans ce but, de meilleur caractre que celui dj propos par M. Dujardin, savoir la prsence ou l'absence d'une spirale de cir- 214 TUDES SUR LES INFUSOIRES l'hes buccaux. Ce caractre nous permet de former une famille des Bursariens, qui, sans former un tout aussi parfaitement homogne que celle des Vorticellines ou des Oxytrichiens, ou des Tintinnodiens, n'en forme pas moins un groupe clair, et, nous le croyons, naturel. Les Ophryoglnes et les Metopus seuls semblent n'tre pas parfaite- ment satisfaits de la place qui leur est assigne , et rver de leurs proches parents les Colpodens. On pourrait tablir encore une coupure dans notre famille des Bursariens, comme l'a fait dj M. Lachmann, en proposant une famille des Stentoriens. Cette famille se- rait caractrise par la position de l'anus, qui est, ciiez les Bursariens proprement dits, situ l'extrmit postrieure ou sur la face ventrale, tout prs de cette extr- mit, tandis qu'il est, chez les Stentoriens, plac sur le dos, peu en arrire de la spire buccale. Nous adoptons cette division de M. Lachmann comme une sous-famille, mais nous ne pensons pas devoir l'riger en famille indpendante, alin de ne pas sparer les Stentors de leurs proches voisins les Leucophrys. En effet, la Leucophri/s patula est un vrai Stentor, qui a l'ouverture anale terminale au lieu de l'avoir sous la spire buccale. Il est remarquer, d'ailleurs, que les trois genres qui doivent rentrer dans le groupe des Stentoriens, tel que l'a dfini M. Lachmann, savoir les Chtospira, les Frna et les Stentor, sont encore unis entre eux par une autre particularit toute spciale. Ce sont, en effet, les seuls Bursariens qui jouissent de la proprit de se scrter, tout au moins une partie de leur vie durant, une coque destine leur servir d'habitation. La posi- tion particulire de l'anus est mme, ce nous semble, intimement lie cette parti- cularit-l. Si l'anus avait t plac, chez les Stentoriens comme chez les Bursariens proprement dits, la partie postrieure de l'animal, les matires fcales une fois ex- crtes se seraient accumules dans l'intrieur de la coque et l'auraient obstrue. Aussi, sans vouloir descendre des considrations tlologiques sur ce sujet, nous ne pouvons nous empcher de remarquer que, chez tous les Bursariens coque, l'orifice anal est plac dans la partie de l'animal qui fait saillie au dehors de la coque. La bouche et l'anus des Stentoriens, se trouvant placs tous deux dans la partie antrieure de l'animal, se trouvent forcment plus rapprochs l'un de l'autre que chez les autres Bursariens. Cependant, ce rapprochement ne va point jusqu' faire de ces infusoires des Anopisthiens, dans le sens de M. Ehrenberg Chez ceux-ci, en effet, KT LES lillIZOl'ODES. 215 l'anus est situ, ainsi que la bouche, dans une fosse situe en dedans de la spire buc- cale. Chez les Stentoricns, au contraire, il n'existe point de fosse commune pour la bouche et l'anus, comme le vestibule des Vorticellines, et Vnus est toujours situ en dehors de la spire buccale, sur le dos de l'animal, tandis que la bouche est place eti dedans de cette spire. 'VJKIUVSmlH 246 TUDES SUR LES INFUSOIRES /" Genre. CH.ETOSPIRA. Le genre Chaetospira, tabli par M. Lachmann ', est clairement caractris parmi les Stentoriens, par la circonstance que sa spire buccale est porte par un processus, en forme de bande troite, la base duquel se trouve la bouche. Les Clitospires ha- bitent une coque, qu'elles peuvent cependant quitter, car M. Lieberkhn nous affirme les avoir souvent' trouves nageant librement dans l'eau. Le processus, qui porte les cirrhes buccaux, est susceptible de se contourner en une spirale laeotrope; l'anus est situ sa partie dorsale. M. Lachmann a souvent vu des masses de matires fcales, plus larges que le processus mme, poursuivre cependant leur chemin jusqu' l'anus en soulevant en saillie la paroi du corps, mais sans la dchirer. Les deux espces du genre jusqu'ici connues ont toutes deux t dcouvertes par M. Lachmann. ESPCES. i" Chtospira Mnelleri. Lach. Miiell. Arch. I85(>, p. 364, pi. XIII. lig. iJ-7. DiACNOSE. Cha;los|)ire ii coque lagiiifonno, cmliiriii, :i a|i|iai'enco itornoe. Priir;ossiis ruimaiil rt.il il"c.\tension plus d'un tour de spire. Cette espce se trouve aux environs de Berlin, o elle paat loger toujours sa coque dans des cellules ouvertes de feuilles dchires de Lemna trisulca. Les premiers cirrhes de la spire buccale sont un peu plus longs que les suivants, mais seulement d'une quantit peine apprciable. 2" Chtospira mucicola. Lach. Mucll. Arch. 1856, p. 364. DiACNOSE. Coque le natuie gtlatineuso ; proie.ssus foriiianl rtal (lV'.\lension moins d'un lour de spire. Cette espce se distingue, en outre, de la prcdente par la circonstance que les premiers cirrhes de la spire buccale soiit naturellement plus longs que les suivants, et 1. Mueller's ,\r,-hiv. IK;>6, p. :6->. ET l,i:S RHIZOPODES. ^i 7 que le premier de tous, on particulier, atteint une longueur et un diamtre peu prs double de la plui)arl des auties. M. Laclimann remarque que cette espce porte, comme les Stentors, de longues soies dissmines entre les cils de la surface du corps, mais {|u'il n'a pas jusqu'ici russi en trouver do semblables clioz la Ch. Miir/- leri. Cette espce a t observe, comme la prcdente, aux environs do Berlin. Elle fixe sa cotjue entre les algues. M. Lacbmann se demande si la Stichotriclia nccuiido l'erLy (Zur Kennlniss, etc., p. 153, PI. VI, Fig. i5) n'est pas voisine des Chatospires. C'est possible; mais nous avons dj vu ailleurs qu'on peut tout aussi bien y voir un proche parent de nos Sti- chochta. Il est, du reste, superflu de s'arrter des descriptions et des figures aussi insuiisantes que celles de la problmatique Slichotricha secundo. i Gmire. PREIA '. Les Freia sont des Stentoriens dont la spire buccale est porte par un panouisse- ment membraniforme de la partie antrieure de l'animal. Chez les deux espces les mieux tudies de ce genre, cet panouissement membraneux est bilob et forme un calice infundibuliforme. L'chancruio qui spare les deux lobes est trs-profonde sur le ct ventral ; elle l'est bien moins sur le ct dorsal. La spire buccale est implante non pas sur le bord mme de l'panouissement ou calice, mais un peu eu arrire de ce bord, l'intrieur du calice. Elle commence sur la partie ventrale du lobe droit, se continue sur la partie dorsale, passe au lobe gauche, levient sur ce lobe gauche la face ventrale et descend dans la profondeur du calice infundibulifoime en faisant encore un peu plus d'un tour avant d'arriver la bouche. Celle-ci conduit dans un n:'sophage court et cili sur toute sa surface. I. Niiin liro (!< h iiijthdloyio .Scandinave. 28 2i8 TUDES SUR LES INFUSOIRES La cavit du corps pntre jusque dans l'intrieur des lambeaux, malgr la dli- catesse de ceux-ci. En effet, l'anus est situ sur le dos du lobe gaucbe du calice. Dans leur tat normal, les Freia habitent une coque membraneuse fixe des ob- jets trangers, mais elles n'y sont pas librement suspendues, comme les Lagenophrys dans leur fourreau. La partie postrieure de leur corps parat tre constamment fixe la paroi do la coque. Pour peu que l'animal soit inquit ou peu dispos prendre de la nourriture, il se retire dans son habitation ; les lambeaux de son calice se rtrac- lent et se replient, et il devient difficile de souponner dans ce corps ramass la forme gracieuse et lgante d'une Freia. Lorsque la cause d'effroi a cess, l'animal s'allonge au dehors, son calice s'panouit avec grce et les cirrhes buccaux commencent pro- duire leur tourbillon dans l'eau. Les coques des Freia tant adhrentes des objets trangers, il est, priori, vrai- semblable que leurs habitants doivent tre susceptibles de mener, durant une partie de leur existence, une vie errante, comme tous les infusoires qui se trouvent dans des conditions analogues. En effet, nous avons t dans le cas d'observer des Freia dans leur phase errante, mais sous une forme bien inattendue. Nous avons plusieurs re- prises rencontr dans les eaux de la mer, soit dans le fjord de Bergen, soit Gleswaer, prs de Sartoroe, sur la cte occidentale de Norwge, un infusoire de forme peu prs cyhndrique, tronqu en avant et cili sur toute sa surface (V. PI. IX, Fig. 9). La troncature, souvent un peu oblique, portait des cirrhes vigoureux bien plus longs et plus forts que les cils de l'habit ciliaire. Mais jamais il ne nous fut possible de recon- natre d'oritice buccal cette place, bien qu'il doive, sans aucun doute, s'en trouver un l. La cuticule prsentait des stries longitudinales trs-distinctes. Un nuclus ovale et de couleur claire se voyait constamment un peu en arrire du milieu de l'animal. Le corps prsentait en gnral une teinte d'un bleu verdtre, semblable celle qu'offre d'ordinaire la Freia drqans. Immdiatement en arrire de la troncature se trouvait une tache smilunaire d'un noir intense, rentrant videmment dans la catgorie de celles que M. Ehrenberg nomme, chez les Ophryoglnes par exemple, un il ou une tache oculaire. La signification de cette tache nous est reste compltement inconnue. Elle tait le plus souvent beau- coup plus compacte que celle des Ophryoglnes, et parfois on distinguait derrire elle \ ET LES RHIZOPODES. 249 (V. Fig. 9) un corpuscule trs-transparent, qui faisait natre involontairement clans l'esprit l'ide d'un crystallin. Nous ne voulons cependant pas ajouter trop d'impor- tance cette ide, puisque les fonctions d'un appareil rfringent restent ncessairement problmatiques, aussi longtemps que nous ne connaissons pas en arrire de lui un ap- pareil nerveux susceptible de percevoir les impressions. L'animal s'agitait avec une grande vivacit dans l'eau. Il nageait frquemment reculons, diastrophiquement , comme dit M. Perty, la manire des Stentors, et prenait alors une forme plus globu- leuse, en se raccourcissant et s'largissant (V. PI. IX, Fig. 8). Sous cette forme, l'a- nimal atteignait une longueur d'environ 0'",085. Certes, nul n'aurait song reconnatre dans cet infusoire une Freia, errant en toute libert dans les eaux de la mer. Et, cependant, telle tait bien la nature de cet animal. Un jour, M. Lacbmann en poursuivait un, qui ne tarda pas se fixer sur une algue, oi il se mit scrter une coque tout autour de lui. Cette coque avait une ressemblance de forme frappante avec celle de la Freia elegans. En mme temps, la partie antrieure de l'animal commena se dvelopper en un panouissement membraneux, qui, par sa forme, rappelait dj, en petit, tout--fait le calice membraniforme des Freia. Nous n'avons pu, malbeureu- sement, poursuivre cet animal jusqu' la forme de Freia dfinitive. Cependant, nous en avons assez vu pour ne pas conserver de doute l'gard de cette transformation. La tache oculaire devient de plus en plus diffuse, et peut-tre finit-elle par disparatre compltement, puisque aucune des trois espces que nous allons dcrire ne possde de tache semblable. Nous croyons que, des trois espces dcrites ci-dessous, c'est la Freia eler/ans laquelle il faut rapporter cette forme libre. Peut-tre aussi cet animal est-il la phase errante d'une quatrime espce, non encore observe dans son tat dfi- nitif. MM. Lieberkhn et Wagener, qui ont observ des Freia Wismar, dans la Baltique, y ont aussi rencontr cette forme errante avec sa tache pigmentaire. Cepen- dant, ils n'ont pas suppos la moindre parent entre elle et les Freia. ^igO KTUDKS SUR l-ES INFUSOIRES ESPECES. /" Frta e/egaus. (V. PI. X, Fig. 1-4 et Fig. 7.) DIACNOSE. Coque en forme de bouteille roucho sur le llauc et k col rccourbo vers le haut ; hord de l'ouverture ehancr du cftl gauche ; une valvule dans l'intrieur du col. Lobes du calice arrojidis. La forme de la coque est, chez cette espce, trs-caractristique. C'est une bouteille couche, dont le flanc est appliqu contre des Ceramiura et autres algues marines ; le col est relev et prsente une ouverture vase. Le bord de celle-ci est profondment chancr du ct gauche. La coque est en gnral trs-transparente et incolore; parfois, elle est lgrement teinte de brimtre. Sa partie adhrente est entoure d'un encrotement circulaire incolore, de mme nature que la coque elle-mme. Cet encrotltement se prsente, dans la vue de profil, sous la forme d'une pice triangulaire servant d'appui la base du col, et d'un appendice pointu qui termine la partie postrieure de la coque. Dans l'intrieur du col se trouve une valvule ou soupape, compose d'un nombre variable de lobes, et place une distance variable de l'ouverture. Lorsque l'ani- mal s'allonge au dehors de sa coque, cette soupape cde devant lui et s'appuie contre les parois de son corps; lorsqu'il se retire au fond de son habitation, la soupape se referme et empche les objets trangers de pntrer l'intrieur. Nous avons plusieurs fois rencontr des individus dont la coque prsentait en divers endroits des renflements creux renfermant des corpuscules verts ou bruns verdtres (PI. X, F'ig. 4). Il n'est pas impossible que ces renflements soient le rsultat d'une affec- tion maladive due au dveloppement d'un parasite vgtal comparable aux Chytridiura. Les lobes du calice membraniforme sont arrondis leur sommet (V. Fig. 7), et le bourrelet qui les borde n'est pas plus large ce sommet que partout ailleurs. La vsicule contractile est situe dans la partie postrieure de l'animal, en arrire du nuclus. Nous avons rencontr trs-frquemment la Freia tlcfjaiis sur divers points de la cte deNorwge : Valloe, dans le golfe de Christiania; Christiansand ; dans le fjord de Bergen, et prs de Glesnsholm, non loin de Sartoroe. ET I.KS IUlIZOrODES. 521 20 Freia actdeata. (V. PI. X, Fig. 5, 6 et 8.) DlA^;^os^;. C.iujne en foriiu- ilt- liouleillt' (durlio sur le flanc el ool allong, recoiirli vers U' liant ; bord de l'oci- vertiiir non iliancir ; pas ik' \al\iilr dans l'iiih'i ienr du cul ; lolit's du calice leruniis par une pninte a leur sommet. La coque de cette espce lessemble celle de la prcdente ; toutefois, elle s'en distingue aisment par son ouverture peine vase, dont le bord ne prsente pas trace d'chancrure. La paroi du col est en outre lgrement ondule, ce qui n'est pas le cas chez la Freia elegans. Les lobes du calice sont relativement beaucoup plus troits que ciiez la Freia de- dans, ce qui provient de ce que l'chancrure dorsale est plus profonde que chez cette dernire. En outre, le bourrelet qui borde les lobes gagne en hauteur vers le sommet de chacun des lobes et se termine l en une pointe, qui est par consquent extrieure, relativement aux cirrhes de la spire buccale (V. PI. X, Fig. 8). Cette pointe est assez leve pour dominer compltement les cirrhes implants sur le bord infrieur du bour- relet. Du reste, le nuclus et la vsicule contractile sont placs comme chezlaFmfl elegans. Nous n'avons observ qu'un seul imlividu de cette espce, Glesnaesholm, prs de Sartoroe, sur la cte occidentale de Norwge. Sa coque tait fixe sur la concavit d'un tube de la Serpula spirorbis Lin. (Spirorbis nautildides Lam.). Les dessins que nous en donnons sont faits tl'aprs des esquisses de M. Lachmann. 3" Freia Ampulla. Sv>. Vitilicctln Amiiiillit. O.-K. Mueller. Aniiu. lui'., p. "2S3. l'ai). XI,, li^'. i-T. (V. PI. IX, Fig. 6-7.) lliAfi.NOSE. Coque Irs-large, col fort court, l,:;r<'nienl recourb vers le liant; liord de l'oiiverlure non obancr. Pas de valvule dans l'intrieur du ccil: lobes dn calice dpourvus de pointe. Nous n'avons observ qu'un seul individu de cette espce, qui, retir dans sa coque, n'est jamais venu dployer au dehors son panouissement en calice. Cependant, cette es- pce est sultisamment caractrise pour que nous ne craignions pas de lui donner un nom. 222 ETUDES SUR LES INKUSOIRES En effet, elle se distingue clairement, soit de la Freia elegans, soit de la F. aculeata, par la forme beaucoup plus large de sa coque, et par son col excessivement court, muni d'une ouverture ronde relativement trs-troite. Le ct adhrent de la coque est entour d'une zone circulaire de mme substance que la coque elle-mme, zone qui est des- tine assurer l'adhrence aux objets trangers (algues marines). L'absence de l'- chancrure du bord de la coque et des valvules de l'intrieur du col suffisent pour empcher toute confusion avec le F. elegans. D'autre part, l'absence d la pointe qui surmonte les lobes du calice chez laF. aruleata, empche toute confusion avec celle-ci. On peut, en effet,' s'assurer d'une manire parfaitement certaine, mme durant la r- traction, non seulement que les lobes de \a Freia Ampnl la sont mutiques, mais encore qu'ils sont beaucoup plus larges que ceux de la Freia aculeala. Il n'est pas improbable qu'il faille rapporter cette espce la Vorlicella Ampulla, observe par Otto-Friederich Mueller, dans de l'eau de mer. Cette prtendue Vorti- celle est, dans tous les cas, bien dcidment une Freia et non une Vaginicole, comme M. Ehrenberg avait cru devoir le supposer d'aprs les dessins de Mueller. Chez l'individu observ, la partie postrieure du corps contractait avec le fond de la coque une adhrence beaucoup plus tendue que chez les autres Freia. En outre, on voyait une bride charnue se dtacher de cette partie postrieure du corps pour venir s'attacher isolment la paroi de la coque. La Freia Ampulla a t observe dans le fjord de Bergen en Norwge. 3' Genre. STENTOR. Les Stentors sont caractriss, dans la sous-famille des Stentoriens,par la ciixon- stance que leur partie antrieure est tronque par un plan convexe, qui porte les cir- rhes buccaux son pourtour. Ce plan est ce que M. Ehrenberg nomme, chez ces infu- soires, le front. M. Ehrenberg avait commis une erreur en assignant une place aux Stentors dans la famille des Vorticellines, erreur qui ne fut point corrige par la fondation de la famille KT LES nmZOPODES. 523 (les Uicolariens que tenta M. Dujardin, et il tait rserv M. Stein de dmontrer le peu d'ailiiiit que ces infusoires ont avec les Vorticelles. Nanmoins, les figures de M. Ehrenberg, relatives aux Stentors, sont en gnral admirablement excutes, et on doit les placer parmi les meilleurs dessins d'infusoires que nous possdions. Le corps des Stentors a, dans son tat d'extension, la forme d'une trompette dont la large ouverture est bouche par une surface convexe (le front), de manire ne laisser subsister que sur son bord un orilice, qui est la bouclie. La spire buccale commence sur le front, immdiatement droite de la bouche, suit le bord du front et vient descendre dans l'entonnoir buccal, aprs avoir fait par consquent un tour com- plet de spirale laeotrope. Elle se continue dans l'intrieur de cet entonnoir, qui s'en- fonce de la face ventrale dans la direction du dos, tout en se recourbant vers la partie postrieure et se changeant peu peu en un vritable tube cylindrique. Ce tube, cili sur toute sa surface intrieuie, est l'sophage, qui est, chez les Stentors, bien plus large que chez les Freia. La bouche et l'sophage sont si largement bants, que les cirrhes buccaux y font entrer parfois des infusoires fort gros. La cavit digestive rpte, par sa forme, peu prs exactement les contours extrieurs du corps. L'anus est plac sur le dos, immdiatement au-dessous de la spirale des cirrhes buccaux. M. Lach- mann a remarqu qu'en gnral un certain nombre de masses fcales se rassem- blent auprs de cette ouverture avant d'tre expulses, ce qui semble indiquer, dans cette rgion, comme un compartiment spcial de la cavit digestive, jouant le rle de rectum. La cuticule prsente chez les Stentors, comme chez les Freia et beaucoup d'autres infusoires cilis, des ranges longitudinales de petites lvations sur les- quelles sont implants les cils. Sur le front, ces ranges courent paralllement la spire buccale. Parmi les cils sont sems des soies roides trs-fines, dcouvertes par M. Lachmann, et comparables peut-tre celles qu'on connat chez beaucoup de Pla- naires. Ces soies ont ceci de particulier, que parfois on cherche inutilement les voir pendant des heures entires, puis que subitement elles apparaissent de la manire la plus vidente au moment o l'on y pense le moins. Aussi est-il permis de se demander si peut-tre elles sont rtractiles, et ne font saillie que dans certains mo- ments. 224 TUDES SUR LES INFUSOIRES M. Ehrenberg a dj mentionn, sous la cuticule des Stentors, des cordons loniti- tudinaux qu'il nomme des muscles. L'existence de ces organes parat avoir, depuis lors, t gnralement rvoque en doute. Cependant, M. Lieberkhn les a revus der- nirement, et s'est convaincu qu'ils jouent bien rellement le rle de vritables mus- cles. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de rpter ces observations. Dans l'tat normal, les Stentors peuvent ou bien se fixer aux objets trangers l'aide de leur partie postrieure, que M. Ehrenberg nomme une ventouse, et ils pren- nent alors la forme de trompette caractristique , ou bien nager librement dans l'eau en prenant une forme contractile plus courte et plus large. Souvent les Stentors nagent reculons, (liastrophiquemenl, comme dit lgamment M. Perty, et, dans ce cas, la partie postrieure de leur corps se raccourcit beaucoup et les cirrbes buccaux se rabattent en dedans. On pourrait tre tent de penser que ce renversement de la direction normale de natation est une consquence mme de la di- rection que donne aux cils l'extrme raccouicissement du corps. Il est cependant plus probable que l'animal peut volont faire battre ses cils de manii'e pr'ogr-esser en avant ou en arr^ir-e. En elVet, on voit une foule d'infusoir-es, comme les Lembadium, les Paamecium et bien d'autres, nager reculons sans modifier le moins du monde la for-me de leur- corps ; et, d'ailleurs, les Stentors sont eux-mmes susceptibles de nager en avant dans un tat d'extrme contraction. La diastrophie des Stentors tait dj connue du pasteur Eichhorn, dans le sicle dernier. Les Stentors, lorsqu'ils sont fixs en colonies sur des objets tranger-s, se scr'tent parfois un four-r-eau glatineux, sur- lequel M. Cohn' a attir- l'attention, il y a quel- ques annes, mais qui tait dj connu d'Eiclrhorn", d'Otto-Fr-iederich Mueller\ de Schrauk ' et de Schmarda\ M. Ehr-enberg pense que les Stentors ne constr-uisent ce fouri'eau que lorsqu'ils sont sur- le point de prir; mais c'est une erTeur, car on les voit y vivre durant des semaines entii'es. Ce fourreau est trs-intr'essant, puisf|u'il indi- 1. Zeilst-riiift l'iir vviss. Zuolugic rv, |>. ->o-280. 2. Beitia'ge znr Natuigescliiclile kleinsici- Wasscrlhioii'. l7Si. T.ili. Ul, Kig. A. K. S. 3. Animalcula iiifusoria, p. 303. l. Kamia Ijoica, i803. III. ili" Abth., p. 513. .'S. KUiiiie leilraege ziir Naliirgeschiililo der Infiisorieii. Wicn, ISi6, p. 55 vX suiv. , f ET LES RHIZOrODES. 225 que un rapport do plus entro les Stentors d'une part, et les Chtospira et Freia d'autre part. Mais nous voyons, dans le peu de persistance de cette coque, combien il serait peu naturel de fonder une famille part jpour les Bursariens cuirasss. ESPCES. f' Swnlor polymovflms. Ehr. Inf. \). 263. PI. XXIV. Fig. l. Syn. si. MucUcri. Elir. Inf. p. iG'2. PI. XXIII, Fig. I. Sl.KscUi. ELr. lui; |.. 26. PI. XXIV, Fis. H- Sl.crulnis. YMr. lui', p. i(ir.. PI. XXIII, Fii;. II. DiAfiNOSE. Sipntor vnsiciile ooiitrartilc slliu-e sur le cte ^'amlie et un peu an-dessons dn niveau de la buiidie. Celle vsieule donne naissance i un vaisseau longitudinal vari(|uenx, et, de plus, elle est en communieatinu avec un vaisseau circulaire plac sous les ciirlies lu front. Le vaisseau longitudinal du Stentor polyworp/ms a t dcouvert par M. de Sie- bold ' ; plus lard, son existence a t nie, bien tort, par M. Eckhard '. Ce vaisseau s'tend, sur le ct gauche de l'animal, depuis la vsicule contractile jusque prs de l'extrmit postrieure du corps. Il se distingue de la plupart des vaisseaux des autres infusoires par la circonstance qu'il est visible mme durant le moment de la diastole maximum de la vsicule. Cependant, son diamtre, et en particulier la longueur de ses varicosits, croissent notablement au moment de la systole. Le vaisseau circulaire a t dcouvert par M. Lachmann''. Il fait tout le lourde la base du front, imm- diatement au-dessous de la ligne d'implantation des cirrhes buccaux. Son diamtre est plus uniforme que celui de vaisseau longitudinal ; mais cependant il est troubl, ainsi que l'a reconnu M. Lachmann, par la prsence de deux dilatations ou varicosits non contractiles, places, l'une sur le dos, non loin de l'anus, et l'autre sur le ventre, tout prs de l'sophage. Les quatre espces que M. Ehrenberg a dcrites sous les noms de Stentor polymor- p/ms, St. Mud/eri, St. Rsdii et St. crw/eMsdoiventtre, trs-certainement, runies en une seule. En elfet, M. Ehrenberg base la distinction de ces quatre espces sur des caractres qui n'ont ici pas l'ombre de valeur spcifique, savoir : la couleur de l'ani- 1. IJandbueli der vergleiehenden .^naloluie, p. 21. 2. Wiegnianu's Arcliiv, 1846, p. 237. 3. Mucller's Archiv. 1 856, p. 7(>. 29 226 TUDES SUK LKS INI'USOIRES mal, la formo du niiclus et la prsence, ou l'absence d'une crte ciliaire loni^itudinale sur la face ventrale. Il donne le nom de 8/. Muellrri aux individus qui uni Vovaire blanc (les granules dissmins dans le ])arenchyme sont, pour M. Elirenberg, des ufs), la glande masculine (nuclus) eu chapelet, la couronne de cils du front inter- rompue et la crte latrale distincte. Le .S'^. Rse/ii ne diffre du St. Muelleri que par- la circonstance que sa glande sminale (nuclus) a, noi\la forme d'un chapelet, mais celle d'un ruban trs-allong et sans aiticulations. Le St. cru/cus doit avoir l'ovaire bleu, la glande en. forme de chapelet, une cite latrale et la couronne ciliaire frontale continue. Enfin, le St. potymorphus doit avoir l'ovaire d'un beau vert, la glande eu forme de chapelet, point de crte latrale et la couronne frontale interrompue. Toutes ces dilfreuces sont parfaitement nulles. En effet, nous montrerons satit, dans la troisime partie de ce mmoire, que la forme en chapelet cl la forme ru- banaire du nuclus n'indiquent, chez les Stentors, aucune diffrence essentielle. Tout nuclus en chapelet a pass par une phase o il prsentait une forme rubanaire, et son partage en un ceitain nombre d'articulations n'est qu'un travail prparatoire qui prcde la formation des embryons. Quant la prsence ou l'absence de la crte, nous montrerons galement dans la troisime partie de ce travail que ce ne sont point l des caractres spcifiques. La crte n'est que le premier indice d'une division spon- tane en voie de s'oprer, comme Trembley l'avait dj reconnu il y a |)ius d'iui sicle. Aussi, bien (jne les figures de M. Ehrenberg, relatives aux Stentors, soient eu gnral trs-soigneusement excutes, il en est uneque nous devons peut-tre taxer d'inexacte, parce qu'elle reprsente un Stentor dans le moment de la divisien spontane, en accor- dant chacun des nouveaux individus une crte latrale (ou plutt ventrale). C'est la Fig. Il, 4, de la PI. XXIV. La couleur du prtendu ovaire n'a pas plus de valeur que les deux caractres prcdents, comme eu gnral la couleur des infusoires. Le Stentor pohjmorp/ms Ehr. est, en particulier, fond sur la simple prsence d'un dpt de chlorophylle dans le parenchyme. De tous les caractres employs par M. Ehrenberg poui' la distinction de ces quatre espces, il n'(!u subsiste donc qu'un seid, savoir l'interruption ou la non-interrup- tion de la couronne frontale. Malheureusement celui-l n'existe que sur le papier. Chez tous les Stentors, la couronne frontale est interrompue, parce qu'elle n'est jamais un ET LES RHIZOrODES. 227 cercle, mais une spirale. Le texte de M. P]hrcnbeig contient donc videmment une er- reur ce sujet, erreur qui n'a pas pass dans ses planches, o le Stentor cruleus est reprsent comme ayant une couronne frontale parfaitement identique celle des autres Stentors. Nous avons conserv la runion des quatre espces de M. Ehrenberg le nom de St. pohimorphns, comme tant le plus ancien (Vorticella polymorp/to, O.-F. Mueller). M. Etirenberg dcrit encore sous les noms de Stentor niger (Inf. , p. 264, PI. XXIII, Fig. III) et St. igneas (Inf., p. 264) deux autres espces de Stentors, dont la valeur spcifique nous parat encore un peu douteuse, attendu que ces espces ne doi- vent diffrer du St. pohjmorphus que par leur taille, leur couleur et la forme de leur nuclus, qui est discodal. La couleur n'a certes pas grand'chose dire, d'autant plus que M. Laclimann observa, durant l'automne de 1855, parmi des St. pohjmor- phus, deux individus noirs comme l'encre, qui taient munis, l'un d'un nuclus ruba- naire, et l'autre d'un nuclus en forme de massue, mais point d'un nuclus discodal comme le St. niger Elir. D'ailleurs, les jeunes Stentors de toutes les couleurs ont tous, sans exception, un nuclus discodal, qui. avec l'ge, s'allonge en forme de bande. Les St. niger Ehr. et St. igneus Ehr. pourraient donc, vu leur petite taille, n'tre que de jeunes individus du St. polgmorplms. Nous avons cependant conu, l'gard du .S';, niger, quelques doutes qui nous em- pchent de le runir, d'une manire positive, au St. polijnwrplms . On trouve constam- ment cette forme en trs-grande abondance dans les tourbires de la bruyre aux Jeunes Filles Jungfernhaide), prs de Berlin, o elle prsente exactement tous les caractres qui lui sont attribus par_M. Ehrenberg. Elle est parfois si abondante, que l'eau en parat noirtre. Ce Stentor n'atteint jamais, dans ces eaux-l, la taille du St. polymorphus ordinaire, et son nuclus reste discodal chez tous les exemplaires. De plus, nous n'avons jamais russi apercevoir chez lui ni le vaisseau longitudinal, ni le vaisseau circulaire, ce qui s'explique peut-tre par le peu de transparence de l'ani- mal. Quelquefois nous avons observ des individus jouissant de deux vsicules contrac- tiles, et la prsence de cet organe, en nombre double, ne paraissait point tre le pr- 'i'm TUDIS SUR LES INFUSOIRES lude d'une di-vision spontane, car la vsicule surnumraire tait place du ct droit et non du ct gauche, comme cela aurait d tre si elle tait rsulte d'un ddouble- ment de la vsicule normale. Toutes ces raisons-l nous dcident conserver le nom de St. iiif/rr ])oui- caractriser la forme en question. L'avenir nous apprendra s'il faut voir dans celle-ci une espce rellement indpendante ou simplement une race du St. polyniorp/ats. Cette forme parat tre sensible aux impressions lumineuses, car lors- qu'on remplit un bassin avec de l'eau de tourbire, on ne tarde pas voir tous les Stentors se porter du ct d'o vient la lumire. Le St. if/ucus ne semble se dis- tinguer du Sf. niger que par sa couleur. On rencontre parfois dans de l'eau qui a sjourn dans de trs-petites bouteilles un Stentor incolore et de taille excessivement petite. Il ne diffre en rien du St. poly- morpfiuit ordinaire, si ce n'est par la circonstance qu'il est cinq ou six fois plus court. On ne peut donc le considrer comme une espce particulire, pas plus que la forme laquelle M. Elirenberg a donn le nom de St. muUiformis (Monatsbericht der Berl. Akad. d. Wiss. 1840, p. '201), et qui ne parat tre caractrise que par sa petite taille et son liabitation marine. i' Genru. LKUGOPHRYS Les Leucophrys ne se distinguent anatomiquement des Stentors que par la cir- constance que leur anus est situ l'extrmit postrieure, et non pas sur le dos, im- mdiatement au-dessous de la spire buccale. Le genre Leucophrys de M. Ehrenberg renferme des animaux trs-htrognes, et un seul d'entre eux, le L. patula, ipeul conserver cette dnomination gnrique aprs la diagnose que nous avons pose. Le genre Leucophrys de M. Dujardin n'a rien faire avec le ntre, puisqu'il est form pour des infusoires sans bouche, qui ne peuvent appartenir la famille des Bursariens, et qui doivent rentrer dans le groupe des Opalines. Les Leucophrys se distinguent, du reste, encore des Stentors par la bien moindre contractilit de leur corps, lequel n'est pas susceptible de s'allonger en forme de trom- ET LES RHIZOPODES. '229 pette. Ils lie jouissent pas. comme les Stentors, de la proprit de pouvoir se fixer, l'aide de leur partie postrieure, sur des objets trangers ; mais ils mnent constam- ment une vie eiranti\ i^t ne paraissent pas pouvoii- jamais se scn'ter de coque. ESPCE. Leurop/irys,jml,rda. Ehr. Inf., p. ;HI. M. XXXII, Fi;. 1. SN. Spirasloinum xnrcns. Elu-, liif., \>. 5i. PI. XXXVl, Ki({. I. Bursaria patula. Dnj. Inf. p. MO. Uursnria spirigvra. Dnj. Inf. p. )>ll. Ilursiiria viraux. Peily. /iir Keniit., p. li'i. (V. PI. Xll, Fig. 2.) DlAGM)SE. Leiicophri' obliqiierneiit tronqu c;i av:int, m iiii ;i sa p.irlle pDslrif^iiip i'mio vsicule (-ontraclile qui se continue de rli;iiiiio ct eu un vnissoaii loiijjltuirin.'il. Le Lmco'phrils patuUi rappelle tout--fait, par sa forme, un Stentor polijinorphm coniracf, avec cette- diffrence qu'il est un peu comprim et plus arrondi en arrire. Le plan du front forme aussi une troncature plus oblique, par rapport l'axe, et moins convexe que chez le St. polymorphus. La spire buccale fait un tour complet autour du front et descend ensuite dans l'entonnoir buccal, qui se coivtinue en un sophage tubuleux. Celui-ci est d'abord dirig d'avant en arrire, puis il se recourbe vers la partie postrieure. Il est relativement plus long que celui du St. polymorphus, mais cili, comme lui, sur toute la surface. L'habit ciliaire est form par des cils disposs en ranges longitudinales, et parfois il nous a sembl apercevoir entre ces cils des soies trs-fines semblables celles des Stentors. Nous ne voudrions cependant pas garantir l'exactitude de cette obser- vation . La vsicule contractile est situe l'extrmit postrieure, tout auprs de l'anus. Adroite et gauche, elle donne naissance un vaisseau variqueux qui s'tend jusque sous le front. Le luidus est petit et discodal. Cette espce n'est pas trs-rare dans les tangs du parc (Thiergarten) de Berlin, o elle atteint, en moyenne, une longueur de 0""",43. 280 TUDES SUn les INFUSOmES Noire description concorde assez bien avec celle de M. Elirenberg, qui ne men- tionne seulement pas les vaisseaux ni la compression du corps, mais qui, en revanche, parle d'un long intestin avec (>stomacs appendiculs ! Quant au Spirostomum virens Ehr., nous ne pouvons le diffrencier de notre L. patida, que nous avons rencontr, soit vert, soit incolore. Cet animal prsente, en effet, d'aprs M. Ehrenberg, la com- pression du corps que nous avons toujours vue chez notre L. patiila ; et quant son nuclus en ruban, il repose videmment sur une ei'rour. M. Ehrenberg dit avoir ob- serv une lois une range de cils qui partait de la bouche et descendait sur le ventre, peu prs comme la crte ciliaire des Stentors, mais que plus tard il s'est convaincu que cette prtendue crte ciliaire est une glande sminale (nuclus) de forme rubanaire. Il suffit, lorsqu'on connat notre L. patu/a, de jeter un coup d'il sui- les figures de M. Ehrenberg pour se convaincre que ni l'une ni l'autre de ces deux interprtations n'est exacte. Le prtendu nuclus est tout simplement l'sophage recourb qui s'en- fonce, partir de la bouche, dans l'intrieur de la cavit du corps. M. Ehrenberg trouve, il est vrai, une autre diffrence entre son Leucophrys patula et son Spirostomum. virens, diffrence qui se rduit ce que la bouche est, chez ce dernier, place l'ex- trmit de la spire, tandis que chez le premier, elle est forme par une grande fosse en entonnoir qui porte les cirrhes son pourtour. Mais c'est l une pure logomachie. Ce que M. Ehrenberg nomme la bouche chez son Leucophrys est quelque chose de tout diffrent de ce qu'il nomme ainsi chez son Spirostome. Ce qu'il appelle la bouche chez le Leucophrys, c'est ce qu'il nomme le front chez les Stentors. Ne dit-il pas lui- mme que la bouche du Leucophrys patula est orne d'une grande lvre qui a une grande ressemblance avec le front des Vorticelles? Quelle diffrence y a-t-il alors entre {Silvre des Leucophrys et le front du Spirostomum virens? Assurment aucune. Le nom de Bursuria spirigera n'est employ par M. Du jardin que comme synonyme de Spirostomum virens Ehr. Ce savant n'a pas observ lui-mme l'animal auquel il donne ce nom. Le Leucophrys spathula Ehr. (Inf., p. 312, PI. XXXll, Fig. II), qui est peut-tre le mme que le Spathidium hyalimm Duj. (Inf., p. 458, PI. VIII, Fig. 40), ne nous est pas connu, et ne peut, dans tous les cas, appartenir au genre Leucophrys. La des- KT I.IS HIIIZOPODES. '231 cription et les dessins de M. Ehrenberg ne permettent pas de comprendre o est pla- ce l;i bouche de cet animal, et M. Dujardin considre ses Spatliidium comme astomes. Le Lcucophrys sanyuinm Elir. (Inf., p. 312, PI. XXXFl, Fig. III) n'est pas davan- tage un Leucophrys. Cet infusoire, que nous ne connaissons pas, devra peut-tre for- mer un iicnrc part, voisin des Kondylostomes. Les L. pijriformis Ehr. (Inl., p. .112, PI. XXXII. Fig. IV) et L. carnium Ehr. (Inf , p. 313, PI. XXXII, Fig. V) appartiennent probablement, tout au moins le pre- mier, la famille des Colpodens, et ne sont, en aucun cas, des Leucophrys. Le Lc'ucopkrifs Uiodonlac Ehr. i;inf., p. 313, PI. XXXII, Fig. VI) est sans doute un Plagiotome. Enfui, le L. striala DuJ. (Inf., PI. IX, Fig. 1-4, p. 459) et le L. nodulalaD\.\].(\i\., p. 460, PI. IX, Fig. 5-9) sont des Opalines. 5' Genre. S P IFU) S 'i' M U M . Les Spirostomes sont des infusoires cylindriques ou aplatis, filiformes et cilis sur toute leur surface. Une range de cirrhes assez forts conduit de l'extrmit antrieure jusqu' la bouche. Cette range de cirrhes est loge dans un sillon qui ne marche point directe- ment d'avant en arrire paralllement l'axe du corps, mais qui